Actualité
13 mai 2019
Industrie
Observatoire de la qualité de l’air

L'hydrogène sulfuré (H2S) sous surveillance

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Même si le H2S n’est pas un polluant réglementé dans l’air ambiant, il est émis par certains procédés industriels, et les risques sanitaires qui lui sont associés expliquent l’intérêt de le prendre en compte dans les dispositifs de surveillance en zone industrielle.

Qu’est-ce que l’hydrogène sulfuré ?

L’hydrogène sulfuré, ou sulfure d’hydrogène (H2S) est un composé constitué de soufre et d'hydrogène. A température ambiante, c'est un gaz, toxique, inflammable, incolore, à l'odeur fétide caractéristique (« œuf pourri ») et faiblement soluble dans l'eau. 

D’où vient-il ?

Ce gaz est produit par dégradation des protéines qui contiennent du soufre. Il peut résulter de la décomposition bactérienne de la matière organique dans des environnements pauvres en oxygène (processus de méthanisation). 

Sa présence dans l’air peut résulter de nombreuses activités industrielles (captage et épuration du gaz naturel, traitement des eaux usées, tanneries, raffinage du pétrole, industries de la pâte à papier, des produits alimentaires, du caoutchouc, de la viscose, aciéries, industries du soufre). 

Les sources naturelles de H2S dans l’environnement peuvent être les marais, les tourbières et les marécages.

D’autre part, les « marées vertes » qui sont des échouages massifs d’algues vertes entrant en putréfaction, génèrent du H2S. Ces phénomènes touchent des segments du littoral français (notamment en Bretagne, en Guadeloupe et en Martinique). 

Sa durée de vie est comprise entre 8 heures et 42 jours en fonction du taux d’humidité, du rayonnement solaire, des concentrations en ozone et en radicaux hydroxyle.

Quels sont ses effets sur la santé ?

Le H2S est un irritant des muqueuses oculaires et respiratoires. L’exposition chronique à ce gaz peut provoquer des effets sur le système nerveux (céphalée, fatigue, insomnie…), sur les yeux (irritation, sensation de brûlure…) et sur le système digestif (nausée, douleurs abdominales…). L’exposition répétée à ce gaz peut également être à l’origine de bronchites irritatives et d’irritation cutanée. 

Son seuil de détection olfactive varie entre 0,7 et 200 µg/m3, dépendant de la sensibilité de chaque individu. La sensation olfactive n’augmente pas de manière proportionnelle avec la concentration du gaz dans l’air. Il peut arriver que l’odeur décelable à de très faibles concentrations s’atténue ou disparaisse à fortes concentrations (anesthésie de l’odorat au-dessus de 209 mg/m3 (soit 209 000 µg/m3). 

Que dit la réglementation ?

Le H2S est réglementé par les textes concernant les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). Ce gaz n’est pas réglementé dans l’air ambiant.

Les concentrations ubiquitaires du H2S dans l’air ont été évaluées entre 0,1 et 1 µg/m3. La bibliographie (INERIS) présente des niveaux mesurés dans l’environnement d’une plateforme de compostage de boues et déchets verts variant de 4 à 20 µg/m3, et dans un estuaire breton envahi par les algues vertes allant de 16 à 210 µg/m3 en moyenne hebdomadaire.

Les valeurs toxicologiques de référence (VTR) pour les effets « à seuil » sont les suivantes : 

En France, en milieu professionnel, la valeur moyenne d’exposition (VME) et la valeur limite d’exposition (VLE) sont respectivement de 7 000 et 14 000 µg/m3.

La valeur guide recommandée par l’OMS pour une absence d’effet sur la santé est de 150 µg/m3 sur 24h. 

Quels moyens de surveillance en Nouvelle-Aquitaine ?

Des concentrations élevées en dioxyde de soufre (SO2) sont régulièrement observées via le réseau de stations de mesure fixes autour de la zone industrielle de Lacq (Pyrénées-Atlantiques). La problématique des composés soufrés ressort également des signalements d’odeurs réalisés par les jurys de Nez (Nez riverains et Nez industriels) du Bassin de Lacq. C’est dans ce contexte que le H2S, composé soufré et irritant à l’odeur caractéristique d’œuf pourri, a fait l’objet de mesures ponctuelles pour la première fois en 2016 puis en 2017 avant d’être intégré au réseau de surveillance fixe autour de la plateforme industrielle de Lacq.

Les mesures automatiques autour de la plateforme industrielle de Lacq sont consultables en temps réel à la rubrique Données & mesures\Mesures en temps réel.

Les rapports sur les études ponctuelles sont disponibles sur la rubrique Publications.

  • Les tubes à diffusion passive qui permettent d’estimer des concentrations hebdomadaires sur un grand nombre de points en même temps,
  • Les analyseurs automatiques qui permettent de mesurer le H2S en continu sur un site particulier. 
Définitions : l’OMS propose des valeurs guides et d’autres organismes (l’ATDSR, l’OEHHA ou l’US-EPA) proposent des valeurs toxicologiques de référence (VTR). Ces dernières indiquent des seuils au-delà desquels des effets sur la santé surviennent. Les VTR sont associées à des durées d’exposition spécifiques, allant de quelques minutes à plusieurs années, fonction du temps d’inhalation.
Inhalation chronique = Effets consécutifs à une administration réitérée à long terme et à faibles doses. Doses insuffisantes pour provoquer un effet immédiat, mais la répétition de leur absorption sur une longue période de temps a des effets délétères. 
Inhalation aiguë = Effets sur l’organisme provoqués par une exposition de courte durée à une dose forte (concentration), généralement unique.