Actualité
26 août 2020
Sensibilisation
Air intérieur
Mobilité et transports

Le télétravail, une aubaine pour la qualité de l’air ?

Télétravail et qualité de l'air
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Avec le confinement les pratiques de télétravail se sont développées. Pendant cette période la pollution par le dioxyde d'azote a baissé de plus de moitié près des axes de circulation en Nouvelle-Aquitaine. Une récente étude de l’Ademe, Agence de la transition écologique, montre que le télétravail a permis de réduire les déplacements domicile-travail de près de 69%. Mais le télétravail peut-il être réellement une avancée pour la qualité de l’air ?

Le potentiel du télétravail sur la mobilité

Selon une récente étude de l’Ademe, le télétravail permet de "réduire drastiquement les déplacements (de 69%) et les distances parcourues (39%), passant de 9 km à 5,5 km grâce à la réduction des trajets pendulaires (93%) le jour de télétravail. Le télétravail offre donc un potentiel considérable de réduction de la mobilité avec des effets favorables sur la congestion et les émissions de gaz à effet de serre et polluants". Toujours selon l'Ademe, "le télétravail est aussi un moyen efficace de relocalisation des activités du quotidien autour du domicile".

Des gains majeurs concernant le dioxyde d’azote 

En Nouvelle-Aquitaine, le confinement impliqué par l'épidémie de Covid-19 a eu un impact très positif sur la pollution de l'air par le dioxyde d'azote (NO2). En effet, la réduction importante de la circulation automobile a entraîné une nette baisse des rejets polluants et donc des concentrations en NO2 dans l'atmosphère. Ainsi pendant les huit semaines de confinement du printemps 2020, les niveaux moyens de ce polluant mesurés par nos stations de mesure de la qualité de l’air en Nouvelle-Aquitaine ont été systématiquement inférieurs aux minima mesurés depuis 2015 à la même période de l'année. L'écart est le plus marqué sur les stations situées sous l'influence directe des axes routiers : la baisse de la pollution y a oscillé selon les semaines entre -39% et -67% par rapport à la médiane des cinq dernières années.

En temps normal en Nouvelle-Aquitaine, les oxydes d'azote sont émis à près de 70 % par les transports (Cf. inventaire régional des émissions polluantes).

Le recours au télétravail recommandé en cas de pics de pollution

Tous les secteurs d’activité, industrie, transports, résidentiel, agriculture, contribuent à la pollution atmosphérique. En cas d'épisode de pollution, et pour limiter les émissions de polluants dans l’atmosphère, les préfectures peuvent recommander de limiter les déplacements en voiture et de privilégier le télétravail

Les effets rebonds du télétravail sur la pollution de l’air

​L’Ademe invite à être vigilant aux effets rebonds du télétravail car "la plupart des télétravailleurs réguliers résident généralement loin de leur lieu de travail". L'enquête de l'Ademe montre un changement dans les pratiques de mobilité grâce au télétravail après le confinement chez les futurs télétravailleurs : "45% des Français sont prêts à choisir un lieu de résidence plus loin de leur emploi" et "presque 1 Français sur 2 (48,2%) est prêt à choisir un emploi plus loin de son domicile".

Le télétravail peut avoir d'autres conséquences :

  • En augmentant la numérisation des activités et des échanges, le télétravail aggrave la pollution numérique. Celle-ci représente déjà 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il existe cependant plusieurs façons de limiter cette pollution comme envoyer des documents sur des plateformes de partage plutôt qu'en pièce jointe d'un mail, privilégier les échanges audios plutôt que vidéos, utiliser la Wi-Fi plutôt que la 4G et faire régulièrement le ménage dans son Cloud,
  • En libérant du temps dans la journée, le télétravail peut aussi créer de nouveaux déplacements liés aux loisirs. Si ceux-ci sont effectués en voiture, le bilan carbone de la journée de télétravail s'alourdit,
  • Des sources diverses de pollution peuvent impacter la qualité de l’air que vous respirez dans votre logement lorsque vous télétravaillez,
  • Si chacun travaille chez soi, la consommation individuelle de chauffage ou de climatisation augmente.
Le télétravail pourrait néanmoins être demain une solution efficace pour travailler en polluant moins, à la condition de s’assurer que le nouveau cadre de vie et le temps libéré puisse être utilisé à bon escient.