À l’occasion de la création d’une nouvelle station de mesure de la qualité de l’air dans l’Estuaire de l’Adour (40-64) et du déplacement de deux stations à Guéret (23) et Mérignac (33), retour sur un processus souvent méconnu. Installer ou déplacer une station de surveillance de l’air suit parcours structuré, combinant études, terrain, validation et mise en service.
1. Créer ou déplacer une station pour répondre à un besoin réel
Créer une nouvelle station de mesure de la qualité de l’air est rare. La réglementation fixe un nombre minimal de stations à respecter, et Atmo Nouvelle-Aquitaine dispose déjà d’un réseau souvent plus dense que ce minimum.
L’objectif n’est donc pas d’ajouter des stations, mais de maintenir un réseau pertinent et représentatif des territoires. Le plus souvent, il s’agit de déplacer une station existante lorsqu’un site n’est plus adapté ou à la demande d’une collectivité.
La création d’une nouvelle station reste possible lorsqu’une problématique locale le justifie et qu’un financement spécifique peut être mobilisé, comme pour la nouvelle station dans l'estuaire de l’Adour.
2. Étudier le territoire et les contraintes
Une analyse fine est réalisée à partir de données de modélisation, de cartes d’émissions, de densité de population et d’occupation des sols.
Cette phase permet de cibler les secteurs pertinents et d’identifier plusieurs zones potentielles d’implantation.
3. Identifier et proposer des sites
Les collectivités sont associées pour proposer des sites compatibles avec les objectifs de surveillance.
Les parcelles publiques sont privilégiées lorsque c’est possible. Les contraintes techniques (accès, sécurité, alimentation électrique, diffusion des données) sont intégrées dès cette phase.
4. Vérifier sur le terrain
Des visites de sites sont réalisées avec les partenaires locaux.
Objectif : vérifier la faisabilité réelle de l’implantation. Cela inclut l’accessibilité, l’environnement immédiat, les contraintes techniques, et parfois des vérifications réglementaires (urbanisme, zones protégées, patrimoine).
5. Installer une station temporaire et mesurer
Une station mobile est installée pour une campagne d’évaluation.
Elle permet de mesurer concrètement la qualité de l’air sur le site pressenti et de vérifier que le lieu est représentatif des objectifs de surveillance.
Les données sont analysées pendant toute la durée de la campagne.
6. Valider le site et finaliser les choix
À l’issue de la campagne, un rapport d’évaluation est rédigé.
Ce dossier est transmis au Laboratoire central de surveillance de la qualité de l'air, à la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement et au ministère chargé de l’Environnement, qui valident l’emplacement et sa conformité.
En cas de validation, le nom officiel de la station et son intégration dans le réseau sont définis, puis l’ensemble des démarches techniques et administratives est finalisé.
7. Installer et intégrer la station dans le réseau
La station est installée de manière définitive, raccordée et contrôlée.
Elle est ensuite intégrée dans tous les systèmes de surveillance : diffusion des données, outils de prévision, indices de qualité de l’air, et publications publiques.
Trois exemples concrets : Estuaire de l’Adour, Guéret, Mérignac
Ces étapes sont actuellement mises en œuvre pour trois évolutions du réseau :
- sur l'Estuaire de l'Adour, une nouvelle station est en cours d’installation
- à Guéret, une station est déplacée suite au besoin de l’agglomération d’agrandir la piscine municipale
- à Mérignac, un ajustement de localisation permet d’adapter la surveillance à l’évolution du territoire
Ces projets illustrent une réalité simple : le réseau de surveillance de la qualité de l’air évolue en permanence pour rester pertinent.