Une vaste campagne nationale pilotée par Anses et l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs apporte des données inédites sur la présence de pesticides dans l’air et les poussières des habitations. Menée dans 571 logements, l’étude dresse un état des lieux essentiel pour mieux comprendre l’exposition des occupants.
Une enquête d’ampleur nationale
Intégrée à la deuxième campagne nationale logements, l’étude s’est déroulée entre novembre 2020 et février 2023, sur l’ensemble des saisons.
Au total, 571 habitations réparties dans 321 communes et 84 départements ont été investiguées. Les équipes ont recherché 81 substances dans l’air intérieur et 92 dans les poussières domestiques. La sélection repose sur des priorités sanitaires et sur les capacités analytiques disponibles.
Objectif : disposer de données robustes pour améliorer la connaissance des expositions dans les lieux de vie.
Dans l’air : quelques substances très fréquentes
Plus de la moitié des molécules ciblées ont été absentes ou très rarement retrouvées. À l’inverse, certaines apparaissent dans une large majorité des logements.
Des insecticides comme le lindane ou la transfluthrine, ainsi que des répulsifs tels que le DEET ou l’icaridine, figurent parmi les plus souvent mesurés. Le folpel et le chlorprophame sont également régulièrement observés.
Pour plusieurs composés, les concentrations intérieures peuvent dépasser celles mesurées à l’extérieur. En revanche, l’absence de valeurs de référence ne permet pas de conclure sur le niveau de risque pour la santé.
Dans les poussières : des détections encore plus nombreuses
Les résidus sont plus fréquents dans les poussières que dans l’air. Une part importante des substances recherchées est retrouvée dans la quasi-totalité des logements.
Parmi les plus répandues figurent des fongicides, des insecticides, des herbicides comme le glyphosate, ainsi que des répulsifs. Pour certains, les niveaux mesurés atteignent plusieurs centaines, voire milliers de nanogrammes par gramme.
L’étude met aussi en évidence des liens entre certaines pratiques et les concentrations observées : proximité de cultures agricoles, usages de produits à l’extérieur ou traitements réalisés à l’intérieur.
Des produits parfois interdits mais persistants
La présence de molécules dont l’usage est restreint, voire anciennement interdit, montre leur capacité à rester durablement dans les environnements intérieurs.
L’entretien courant - nettoyage des surfaces, aspiration régulière des poussières - fait partie des moyens les plus efficaces pour en limiter l’accumulation. Une attention particulière est recommandée pour les matériaux ou mobiliers susceptibles d’avoir été traités par le passé.
À quoi vont servir ces résultats ?
Ces travaux constituent une base scientifique majeure pour mieux caractériser les expositions en population générale. Ils alimentent déjà les réflexions sur la construction de repères sanitaires et sur l’évolution des politiques de prévention.