PCAET de Bordeaux Métropole (33) : Diagnostic qualité de l’air

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Rapports / Synthèses d'étude
22 octobre 2018

La surveillance de la qualité de l’air

Les mesures réglementaires sur la métropole bordelaise réalisées par un réseau de 10 stations fixes font ressortir les éléments suivants :

  • Les indices de qualité de l’air sont majoritairement « très bons » à « bons » sur le territoire. Des indices « mauvais » sont toutefois enregistrés chaque année, et plus de 60 % des épisodes de pollution observés en Nouvelle-Aquitaine concernent a minima la métropole bordelaise.
  • En termes d’exposition chronique, l’ensemble des valeurs limites est globalement respecté depuis 2013, mais les teneurs en dioxyde d’azote (et, dans une moindre mesure, en particules en suspension) restent proches des seuils réglementaires (un risque potentiel d’observer à nouveau un dépassement dans les années à venir ne peut donc être écarté). De plus, plusieurs objectifs de qualité sont dépassés (particules fines, ozone) ou approchés (benzène).
  • En termes d’exposition aigüe, les seuils d’information et de recommandations sont dépassés au niveau des particules en suspension, et approché au niveau de l’ozone.
  • Les niveaux mesurés en métaux lourds, dioxyde de soufre et benzo(a)pyrène respectent les valeurs réglementaires.

Emissions de polluants

Du fait de sa population, de son attractivité et de ses infrastructures, la métropole bordelaise contribue significativement aux émissions régionales de polluants. Elle représente ainsi :

  • 21 % des émissions régionales de dioxyde de soufre (90 % des émissions départementales)
    • Principal secteur émetteur : industrie (chimie)
  • 10 % des émissions régionales de COVNM (48 % des émissions départementales)
    • Principaux secteurs émetteurs : industrie (chimie, agroalimentaire, construction), résidentiel (solvants, peintures, chauffage au bois)
  • 9 % des émissions régionales d’oxydes d’azote (38 % des émissions départementales)
    • Principal secteur émetteur : transports (poids lourds et autres véhicules diesel)
  • 4 % des émissions régionales de particules en suspension (PM10) et de particules fines (PM2,5) (resp. 29 % et 28 % des émissions départementales)
    • Principaux secteurs émetteurs : résidentiel (chauffage au bois, brûlage de déchets verts), transports (combustion, usure, abrasion), industrie (chantiers, travail du bois)
  • 0,4 % des émissions régionales de d’ammoniac (9 % des émissions départementales)
    • Principal secteur émetteur : agriculture (non prépondérant sur le territoire)

Etudes ponctuelles et modélisation

Un impact visible du trafic routier :

L’ensemble du territoire de Bordeaux Métropole a été cartographié et les concentrations en polluants modélisées :

  • Les cartes de modélisation (2016) mettent très clairement en évidence l’impact du trafic routier sur les concentrations en NO2.
  • PCAET de Bordeaux Métropole – Diagnostic Air 92 / 103
  • En complément, de nombreuses études ont été réalisées autour des axes à fort trafic de Bordeaux métropole (rocade, boulevards) qui montrent également l’impact du trafic sur les concentrations en NO2 mais également la décroissance des concentrations en s’éloignant des axes.

La réalisation de la Carte Stratégique de l’Air (CSA 2016-2020) sur la métropole de Bordeaux permet de cerner les principales zones problématiques ou non en termes de qualité de l’air. La CSA montre notamment que les populations exposées se situe principalement dans le centre de l’agglomération et près des axes routiers.

Les épisodes de pollution aux particules perdurent :

Le territoire de Bordeaux Métropole est également un territoire de référence pour l’étude des particules :

  • Les mesures réalisées depuis plusieurs années sur la physique et la chimie des particules permettent de différencier la part des particules provenant du trafic routier de celle provenant du chauffage au bois notamment. Cette différenciation est particulièrement intéressante à étudier lors des épisodes de pollution. La caractérisation des particules permet ainsi d’orienter les actions à mener en priorité pour limiter les épisodes de pollution (tant en termes de fréquence qu’en terme de niveau de concentration).

La disparité d’un territoire fortement attractif :

D’autres études ponctuelles ont également été réalisées (ou sont en cours de réalisation) :

  • autour de sites industriels, notamment dans la zone industrielle de Bassens,
  • autour de la zone aéroportuaire de Bordeaux-Mérignac,
  • autour du Grand Port Maritime de Bordeaux (sur les quais du port de la Lune, rive gauche et rive droite).

Enfin, des mesures de pesticides et de pollens sont réalisées en continu sur le territoire de Bordeaux-Métropole :

  • le site de Bordeaux ne présente pas de fortes concentrations en pesticides mais l’influence d’environnements viticoles et de grandes cultures à proximité est visible via la présence de certains pesticides spécifiques
  • Sur la région Nouvelle-Aquitaine, l’index pollinique annuel moyen de 2017 est en hausse par rapport à 2016 et sa tendance évolutive depuis une dizaine d’année est à la hausse.