Publié le 17 juin 2026
La chaufferie du réseau de chaleur Plaine de Garonne Énergies est située dans la métropole bordelaise et comporte des chaudières biomasse et gaz. Bordeaux Métropole a sollicité Atmo Nouvelle-Aquitaine afin d’évaluer son impact sur la qualité de l’air. Dans un premier temps, une modélisation de la dispersion des rejets atmosphériques a permis de définir le plan d’échantillonnage des campagnes de mesure.
Le dispositif repose sur un suivi au site de mesure « Cousteau », combinant mesures automatiques et prélèvements avec analyses différées, ainsi que sur un point complémentaire « Bouthier », équipé uniquement de prélèvements par tubes passifs.
Deux campagnes ont été réalisées : une en période d’arrêt de la chaudière biomasse (25/06 au 25/07/2024) et une en période de fonctionnement (20/01 au 24/02/2026). Les chaudières gaz étaient en fonctionnement sur les deux périodes. Les polluants suivis sont les oxydes d’azote, le dioxyde de soufre, les particules (PM10 et PM2,5) et les dioxines furanes (dans l’air ambiant et les retombées atmosphériques).
Pour le dioxyde d’azote (NO₂), les concentrations observées se situent dans la gamme du fond urbain, avec des variations journalières liées au trafic. Les niveaux de concentrations sur le site « Cousteau » restent inférieures aux seuils réglementaires et recommandations sanitaires.
Les PM10 présentent une variabilité saisonnière marquée. En été, des épisodes ponctuellement plus élevés sont observés, en lien avec des conditions sèches et la remise en suspension de poussières issues d’activités locales identifiées (gestion de matériaux et activités de concassage). En hiver, les concentrations sont plus homogènes, sous l’influence du trafic et du chauffage domestique.
Les concentrations en PM2,5 sont cohérentes entre les différentes stations fixes du réseau de mesure d’Atmo Nouvelle-Aquitaine et les sites instrumentés, avec des niveaux globalement comparables et des variations similaires dans le temps. Elles sont plus élevées en période hivernale, sous l’effet des conditions moins dispersives et des émissions de combustion, notamment le chauffage domestique. Des dépassements ponctuels de la recommandation journalière de l’OMS sont observés sur le site de mesure et sur plusieurs stations fixes. Les profils journaliers mettent également en évidence une influence du trafic aux heures de pointe.
Les concentrations en dioxyde de soufre (SO₂) restent faibles sur l’ensemble des périodes de mesure, avec peu de variabilité et des niveaux proches du bruit de fond urbain. Ce polluant ne présente pas de signal particulier permettant de distinguer une source dominante sur le secteur étudié.
Les mesures réalisées par prélèvements avec analyses différées apportent des éléments complémentaires. Les concentrations en NO₂ confirment les variations saisonnières, tandis que le SO₂ reste très faible. Les dioxines et furanes mesurés dans l’air ambiant et dans les retombées atmosphériques montrent des niveaux faibles, avec des différences peu notables entre les périodes, pouvant être mis en regard des conditions de fonctionnement des installations mais sans impact notable.