Actualité
17 février 2021
Pesticides
Chauffage et brûlage
Air intérieur
Agriculture
Bons gestes

Pollution de l’air : les zones rurales ne sont pas épargnées

Pollution de l'air à la campagne
Partager :

En zone rurale, nous sommes moins exposés à certains polluants que dans les agglomérations urbaines. C'est la cas par exemple des oxydes d’azote qui sont rejetés principalement par les véhicules à moteur. Pour autant, à la campagne on retrouve dans l'air d'autres polluants : les pesticides utilisés en agriculture, des particules à des niveaux parfois soutenus durant l’hiver (issues des feux de cheminées notamment), ou de l'ozone durant l’été (à des niveaux qui peuvent même être supérieurs à ceux relevés dans les centres villes).

Le poids de l’agriculture dans les émissions de polluants atmosphériques

En Nouvelle-Aquitaine l’agriculture est à l’origine de près d’1/3 des émissions de particules en suspension (PM10) dans l'air. Au printemps, lorsque l’activité agricole reprend, le secteur peut émettre jusqu’à 70% des particules présentes dans l’air. L’agriculture est d'ailleurs régulièrement à l’origine de pics de pollution printaniers d’ampleur régionale, voire nationale.

Contribution par secteurs des PM10 aux émissions de polluants atmosphériques Répartition régionale et départementale – Inventaire des Emissions 2016.3.2.2

Contribution des différents secteurs d'activités aux émissions de particules en suspension PM10 en Nouvelle-Aquitaine : répartitions régionale et départementale (source : inventaire des Emissions 2016.3.2.2)

Des pesticides dans l'air tout au long de l’année

Les diverses études menées en Nouvelle-Aquitaine ont permis de relever une présence de pesticides en lien avec les usages agricoles tout au long de l’année avec des niveaux plus élevés en période d’épandage (du printemps à l’automne). Leur présence dans l’air est très dépendante des conditions météorologiques (qui peuvent être propices ou non à la contamination des cultures et faciliter ou non l’application des pesticides). Malgré leur interdiction, certains pesticides persistent dans l’environnement des années après leur interdiction. C'est le cas par exemple du lindane qui est très persistant.
De nombreux pesticides sont des perturbateurs endocriniens. Leur toxicité ne se limite pas aux seules espèces que l’on souhaite éliminer. Ils sont notamment toxiques pour l’homme et leurs effets sur l'environnement sont nombreux.
Il est à noter que l’usage et le stockage des produits phytosanitaires de synthèse est interdit pour les particuliers depuis 2019.

Ozone : une pollution qui touche les zones les moins denses

Aussi bien à la ville qu’à la campagne, l’ozone forme des nappes, qui sous l’effet du vent peut se déplacer en périphérie des grandes agglomérations et même en campagne, jusqu’à 150 km du lieu de formation.
Les épisodes de pollution à l’ozone surviennent principalement l’été, lors de journées chaudes et ensoleillées. L’ozone se forme sous l’action du soleil (ensoleillement et forte température), à partir de polluants précurseurs, en particulier les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV). Ces polluants sont issus essentiellement des transports routiers et de l’industrie.

Ce polluant n'est pas sans danger pour la santé. Irritations du nez, des yeux et de la gorge, altération de la fonction pulmonaire, essoufflements, toux, crises d’asthme font partie des symptômes.

Pour s’en prémunir :
En cas d’épisode de pollution à l’ozone, il est recommandé aux personnes les plus vulnérables de limiter les sorties pendant l’après-midi et les activités physiques et sportives en plein air. En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, consultez votre médecin ou votre pharmacien.
D’une manière générale, pendant ces pics de pollution il est recommandé de ne pas utiliser son véhicule dans la mesure du possible et ne pas modifier ses pratiques habituelles d’aération et de ventilation. Evitez également d’aggraver les effets de la pollution par l’usage de facteurs irritants (tabacs, peintures, solvants, colles…).

Le brûlage des déchets verts à l’air libre, une pratique qui perdure

Affiche interdiction brûlage déchets verts - ARS Nouvelle-Aquitaine

La pratique du brûlage des déchets verts est fréquente alors que c’est interdit. 9 % des foyers en France y aurait encore recours (source ADEME). Au-delà des troubles du voisinage générés par les odeurs et la fumée, ainsi que des risques d’incendies, le brûlage à l’air libre des végétaux (feuilles mortes, branchages, tontes de pelouses…), surtout s’ils sont humides, dégage des substances polluantes toxiques pour l’homme et l’environnement : particules (PM), des oxydes d’azote (NOx), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), monoxyde de carbone (CO), composés organiques volatils (COV).

50 kg de déchets verts brûlés dans le jardin émettent autant de particules qu’une voiture récente (diesel ou essence) qui parcourt environ 13 000km. (source ADEME)
Des alternatives existent :
- Limiter le volume de déchets verts produits en faisant du jardinage raisonné. Choisir par exemple des espèces nécessitant peu ou pas de taille ou planter une prairie fleurie permettant d’espacer les tontes.
- Broyer les végétaux : cette méthode, simple et efficace, permet ensuite de les utiliser pour du paillage ou du compostage.
- Composter les déchets du jardin ou les utiliser pour faire du paillage. Cela améliore la fertilité du sol, limite l’arrosage et freine le développement des mauvaises herbes.
- Apporter ses déchets verts en déchèterie ou sur les plateformes d’apport volontaires temporaires ou permanentes mises en place par les collectivités. Ils pourront faire l’objet d’une valorisation (compostage industriel ou à la ferme, valorisation énergétique).

Le chauffage au bois : une source de pollution à ne pas négliger

Bien se chauffer au bois sans polluer

La tentation est grande de se réchauffer au coin d’un bon feu de cheminée à la campagne. Cependant, mal utilisé, le chauffage au bois est une source de pollution importante en cas de mauvaise combustion. Il est aussi à l’origine d’émissions de polluants qui peuvent contribuer significativement aux épisodes de pollutions atmosphériques.
Particules fines, monoxyde de carbone, oxydes d’azote, composés organiques volatils, hydrocarbures aromatiques polycycliques… la liste des polluants atmosphériques rejétés par le chauffage au bois est longue. Ces polluants peuvent dégrader la qualité de l’air à l’extérieur mais aussi à l’intérieur des logements.

Les particules en suspension (PM10) émises par le chauffage au bois représentent plus de 90% des émissions régionales du secteur résidentiel. Ces émissions peuvent varier en fonction des conditions météorologiques et de l’augmentation des feux de cheminée par exemple.

Et les risques pour la santé sont importants, en particulier pour les personnes les plus fragiles (personnes âgées, enfants...) ou bien présentant des difficultés respiratoires ou des risques cardiaques.

Néanmoins, des solutions simples existent pour réduire la pollution liée au chauffage au bois comme :
- Ne pas brûler du bois souillé ou vernis ;
- Ne pas utiliser de bois humide : bien stocker le bois fin qu'il soit bien sec ;
- Privilégier la technique de l'allumage inversé, afin de réduire les émissions de particules fines à l'allumage ;
- Vérifier le tirage ;
- Vérifier régulièrement que la combustion s'effectue correctement ;
- Nettoyer et vérifier régulièrement votre appareil de chauffage.

En ville comme à la campagne, vous n’êtes pas à l’abri de la pollution à l’intérieur de votre logement

Maison à la campagne

Contrairement aux idées reçues, chez nous, nous ne sommes pas à l’abri de la pollution. Au contraire, l’air y est plus pollué qu’à l’extérieur. L'air qu'on respire à l’intérieur véhicule les mêmes pollutions qu'à l'extérieur. On y retrouve des contaminants chimiques classiques, particulaires ou gazeux, d'origine anthropique (voiture, agriculture…) ou naturelle (pollen, radon…). A ceux-là se rajoutent les polluants intérieurs. Ils peuvent être d’origines très diverses :

  • les appareils de chauffage (fuel, charbon, bois, gaz) et de cuisson, qui produisent du monoxyde de carbone, des oxydes d'azote, des particules et de la vapeur d'eau,
  • les matériaux de construction, d'aménagement ou de décoration, sources de COV (formaldéhyde, autres solvants…), de particules fibreuses (amiantes, fibre de verre…) ou encore de plomb,
  • les équipements d'eau chaude et de traitement de l'air, les vide-ordures, sources de bactéries, de virus, champignons microscopiques...
Pour mieux vous protéger : il est important d'aérer votre logement pour évacuer les polluants et l’humidité émis à l’intérieur. Un air intérieur insuffisamment renouvelé contient des polluants émis par les meubles, les moquettes, les produits d'entretien... Ouvrir régulièrement les fenêtres permet d'éliminer ces polluants. C'est essentiel pour la santé des occupants.