Les incendies de forêt ne produisent pas uniquement des fumées visibles : ils modifient profondément la composition de l'air. Grâce à son réseau de surveillance et à des instruments de mesure de pointe, Atmo Nouvelle-Aquitaine dévoile les données recueillies pendant les premiers jours des incendies de juillet 2026. PM10, PM2,5, Black Carbon, particules ultrafines… découvrez ce que révèlent nos mesures.
Incendies Gironde-Landes : les premières mesures des particules dans l'air
Publié le 30 juillet 2026
Une première publication consacrée à l'épisode des incendies de juillet 2026
Cette actualité constitue la première publication d'Atmo Nouvelle-Aquitaine consacrée aux impacts des incendies de Gironde et des Landes sur la qualité de l'air.
Elle présente les résultats des mesures réalisées entre le 23 et le 27 juillet 2026, période correspondant aux plus fortes émissions de fumées, liées à l'ampleur des incendies et à leur évolution rapide. C'est durant ces quelques jours que les concentrations en particules ont atteint leurs niveaux les plus élevés sur plusieurs secteurs de la région.
Les analyses présentées reposent sur les données disponibles à ce stade et illustrent les principaux phénomènes observés pendant cette phase de l'événement.
Les fumées des incendies ont fortement dégradé la qualité de l'air
Les incendies survenus en Gironde et dans les Landes à partir du 22 juillet 2026, notamment celui de Saumos, ont eu un impact important sur la qualité de l'air dans une grande partie de la Nouvelle-Aquitaine.
Comme lors de chaque épisode exceptionnel, Atmo Nouvelle-Aquitaine a assuré un suivi continu de la pollution atmosphérique grâce à son réseau de stations de mesure. Au-delà des indicateurs réglementaires (PM10 et PM2,5), nos équipes ont également analysé la composition chimique des particules, le carbone suie (Black Carbon), la matière organique et les ions majeurs, ainsi que les particules ultrafines.
Aujourd'hui, nous mettons ces données à disposition afin de mieux comprendre les effets des fumées d'incendies sur la qualité de l'air et de renforcer la transparence de l'information auprès des citoyens, des collectivités et des médias.
Des concentrations de particules très élevées
Le passage des panaches de fumées a entraîné une hausse importante des concentrations en particules sur de nombreuses stations de mesure.
Les valeurs les plus élevées ont été observées :
- 666 µg/m³ de PM10 à Bordeaux – Grand Parc le 24 juillet en soirée (moyenne horaire) ;
- 342 µg/m³ de PM2,5 à Bordeaux – Gautier au même moment (moyenne horaire) ;
- 505 µg/m³ de PM10 à Limoges (moyenne horaire) le 25 juillet, lors du déplacement du panache vers le nord-est de la région.
Ces augmentations étaient directement liées aux conditions météorologiques et à la direction des vents, qui ont transporté les fumées des incendies sur plusieurs territoires de Nouvelle-Aquitaine.

Les données présentées correspondent à des moyennes horaires. Les heures des graphiques sont exprimées en Temps Universel (TU), soit TU + 2 heures en heure locale.
Concrètement, chaque valeur correspond à la concentration moyenne mesurée sur une période d'une heure. Lorsqu'un pic est observé, cela signifie que les concentrations ont été élevées au cours de cette heure, mais cela ne signifie pas que ce niveau s'est maintenu tout au long de la journée.
Les concentrations de particules évoluent en permanence sous l'effet de nombreux facteurs, notamment la direction et la vitesse du vent, le déplacement des panaches de fumée ou encore les conditions météorologiques. Elles peuvent donc augmenter rapidement, puis diminuer tout aussi rapidement lorsque le panache se disperse ou change de trajectoire.
Il est donc important d'interpréter ces valeurs comme le reflet d'un épisode ponctuel et non comme une concentration constante sur plusieurs heures ou plusieurs jours. C'est pourquoi Atmo Nouvelle-Aquitaine présente les données sous forme de séries temporelles, permettant de visualiser l'évolution réelle des concentrations au fil du temps.
Aller plus loin que les seuils réglementaires
Les particules PM10 et PM2,5 sont les polluants réglementés. Mais les incendies de forêt produisent également d'autres particules et composés qui permettent de mieux caractériser les fumées.
Grâce à plusieurs instruments de haute précision déployés sur le territoire, Atmo Nouvelle-Aquitaine est en mesure d'étudier :
- la composition chimique des particules (matière organiques et ions majeurs) ;
- le carbone suie (Black Carbon) ;
- les particules ultrafines (PM0,1), mesurées en nombre de particules.
Ces mesures apportent des informations essentielles pour comprendre l'origine des pollutions atmosphériques.
Les fumées des incendies identifiées grâce au Black Carbon
Le carbone suie (Black Carbon) est un excellent indicateur des émissions issues de la combustion.
Les mesures réalisées sur les trois stations équipées d'analyseurs spécifiques montrent une augmentation très nette de la part des particules provenant de la combustion de biomasse, c'est-à-dire des feux de végétation.
Ces observations confirment que les pics enregistrés pendant cet épisode étaient principalement liés aux incendies et non aux émissions habituelles du trafic routier ou du chauffage.

Une composition chimique caractéristique des feux de forêt
Les analyses réalisées à Talence et à Poitiers mettent également en évidence une forte augmentation de la matière organique contenue dans les particules.
Les instruments ont notamment détecté une hausse du lévoglucosan, un composé reconnu comme un traceur spécifique de la combustion du bois.
Ces résultats permettent de confirmer scientifiquement l'origine des particules observées pendant cet épisode.
Les particules ultrafines également en hausse
À Limoges, seule station équipée pour mesurer les particules ultrafines (de 10 nanomètres à 1 micromètre), les équipes ont observé une augmentation significative du nombre de particules lors de l'arrivée du panache de fumée le 25 juillet.
Contrairement aux PM10 et PM2,5, ces particules sont mesurées en nombre de particules par centimètre cube, leur masse étant trop faible pour être évaluée en microgrammes par mètre cube.
Bien qu'elles ne soient pas encore réglementées, leur suivi constitue un enjeu majeur pour améliorer la connaissance de la pollution atmosphérique.

Un suivi qui se poursuit
Les incendies et leurs impacts sur la qualité de l'air continuent de faire l'objet d'un suivi quotidien par les équipes d'Atmo Nouvelle-Aquitaine.
Les données et graphiques présentés dans cette actualité sont issus des mesures réalisées par les stations d'Atmo Nouvelle-Aquitaine au cours de la période du 23 au 27 juillet 2026. Ces analyses seront amenées à être complétées au fur et à mesure de la validation des données et de l'évolution de l'épisode.
Atmo Nouvelle-Aquitaine poursuit ainsi son travail de surveillance, d'analyse et de diffusion des données afin de documenter l'évolution de cet épisode, de quantifier les niveaux de polluants observés et d'informer le public, les médias et les pouvoirs publics de manière transparente tout au long de cet événement.
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