Mesure des pesticides dans l'air - Campagne 2015 - Poitiers (86), Loudun (86), Saint-Saturnin (16)

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Rapports / Synthèses d'étude
26 février 2016

Alors qu’il existe dans l’eau ou les aliments des normes relatives à la concentration maximale des phytosanitaires, il n’existe toujours pas à ce jour de norme concernant la présence de ces molécules dans l’air. Et pourtant, chaque année, et ce quelle que soit la typologie du site étudié (rural ou centre urbain), plus d’une vingtaine de molécules phytosanitaires sont détectées dans les prélèvements d’air réalisés par ATMO.

Chaque année, des prélèvements d’air sont réalisés de février à décembre sur le site de référence de Poitiers dans le quartier des Couronneries. En parallèle, un site « mobile » est choisi sur un emplacement qui diffère chaque année, de manière à étudier une problématique particulière ; en 2015, c’est le site de Loudun qui a été choisi, dans un secteur où la culture de melons est particulièrement présente. En 2015, un second site de référence a été installé à St Saturnin (agglomération du Grand Angoulême), dans un environnement mixte vignes/grandes cultures. Les campagnes de mesures devraient y être menées à l’avenir chaque année.

Les concentrations moyennes en 2015 sont de 5 à 7 fois plus élevées pour les fongicides et plus de 20 fois plus élevées pour les insecticides sur St Saturnin en proximité de zones viticoles, que sur Loudun (environnement grandes cultures et maraîchage) ou Poitiers (environnement grandes cultures).

Dans le cas des herbicides, c’est au contraire sur Loudun que les valeurs les plus élevées ont été mesurées en moyenne sur l’année.

Si l’impact des cultures viticoles est bien visible sur l’air de St Saturnin, il n’a pas été possible en revanche de mettre en évidence l’impact des cultures de melons sur le site de Loudun. Les molécules les plus retrouvées dans l’air ne correspondent pas aux cultures de melons, à l’exception du Chlorothalonil dont les concentrations n’ont pourtant pas été plus élevées que celles de Poitiers.

L'évolution des concentrations mesurées en site urbain ou en site rural au cours de l'année suit le calendrier des traitements des cultures agricoles ; l’explication la plus plausible pour ces résultats reste le transfert des molécules par l'air depuis les surfaces agricoles vers les zones urbaines.

L’étude de l’historique des mesures sur le site de référence de Poitiers montre que Les concentrations d’herbicides, qui suivaient une tendance régulière à la baisse dans l’air de Poitiers entre 2003 et 2012, sont de nouveau en hausse depuis 2013 : l’année 2015 confirme la hausse observée, qui ne peut plus être considérée comme épisodique.

Les concentrations de fongicides dans l’air, traditionnellement plus fluctuantes sont également sensiblement plus élevées ces deux dernières années. Contrairement aux herbicides, le nombre de molécules détectées dans l’air de Poitiers est en hausse par rapport à 2013 et 2014.

Les concentrations d’insecticides poursuivent en revanche la tendance à la baisse observée depuis 2003.

Enfin, comme chaque année, des molécules interdites d’utilisation agricole sont encore retrouvées dans l’air de la région ; 6 de ces substances ont été détectées dans l’air en 2015, dont la principale, le lindane, est interdite en agriculture depuis 1998.