Mesure des pesticides dans l'air - campagne 2014 - Poitiers (86)

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Rapports / Synthèses d'étude
14 décembre 2014

L'année 2014 a été une année atypique concernant la présence des pesticides dans l'air du site de référence de Poitiers.

Alors que les concentrations d'herbicides suivaient une tendance à la baisse depuis 2003, on observe en 2013 et 2014 une hausse des concentrations d'herbicides à l'échelle annuelle. En 2013, la hausse était très largement due au prosulfocarbe et à la pendiméthaline. En 2014, elle est toujours liée à ces deux molécules auxquelles viennent s'ajouter la hausse des concentrations de triallate.

En 2014, le pic des concentrations d'herbicides observé à l'automne est particulièrement important par rapport à celui du printemps. Contrairement à ce qui pouvait être observé il y a encore quelque années, c'est bien à l'automne et non plus au printemps que les concentrations d'herbicides sont les plus élevées.

Mais c'est surtout la hausse des concentrations de fongicides qui est impressionnante en 2014, à mettre en relation avec les conditions douces et pluvieuses de l'année. Ces conditions ont été favorables au développement notamment de la septoriose et de la rouille jaune sur céréales, ce qui a entraîné des traitements fongicides plus importants et des concentrations en chlorothalonil dans l'air nettement plus élevées que les années précédentes.

La molécule fongicide la plus présente dans l'air de Poitiers n'est cependant pas une molécule utilisée sur céréales, mais un fongicide de la vigne : le folpel, et ce malgré la faible densité des vignes à proximité de Poitiers. On voit donc l'impact des traitements en zone viticole sur une zone urbaine comme Poitiers, illustrant là encore le transfert des molécules via les masses d'air sur des distances non négligeables. On rappellera cependant que les concentrations de folpel dans l'air de Poitiers sont très inférieures à ce qui peut être détecté en zone viticole.

Enfin, comme chaque année, plusieurs molécules interdites d'utilisation sont encore détectées dans l'air de la région. C'est encore le cas du lindane, pourtant interdit d'utilisation agricole depuis 1998. Il a été détecté sur la totalité des prélèvements réalisés de février à décembre 2014.