Impact des pratiques agricoles sur les émissions de particules liées à l’érosion des sols, dans un contexte de changement climatique

Publié le 8 octobre 2026

Description

Les activités agricoles constituent une source importante de particules atmosphériques. En France, l’agriculture et la sylviculture représentent, en 2024, environ 51 % des émissions de particules totales en suspension (TSP), 17 % des particules grossières (PM10) et 5% des particules fines (PM2.5). Aux émissions directement générées lors des opérations agricoles s’ajoutent celles pouvant survenir ultérieurement par érosion éolienne, source diffuse non comptabilisée dans les inventaires et fortement dépendante de l’état de surface des sols.

L’érosion éolienne résulte de l’interaction entre la vitesse du vent, l’humidité et les propriétés du sol, sa rugosité et sa couverture végétale. Les pratiques agricoles jouent donc un rôle déterminant en modifiant ces caractéristiques. Les situations les plus favorables aux émissions correspondent à la concomitance entre des vents suffisamment forts et un sol sec, peu couvert et érodable : cette « fenêtre de vulnérabilité » explique la forte variabilité spatiale et temporelle du phénomène.

À l’échelle européenne, plus des deux tiers des terres arables seraient affectés par l’érosion éolienne, avec une perte moyenne modélisée de 0,53 t/ha/an sur la période 2001–2010. En Nouvelle-Aquitaine, la vulnérabilité est contrastée : les sols sableux du sud de la Gironde et des Landes présentent une forte érodabilité intrinsèque, généralement limitée par le couvert forestier, tandis que les pertes potentielles sur les surfaces agricoles apparaissent plus élevées dans l’ancien Poitou-Charentes, le Lot-et-Garonne, le sud des Landes et le nord des Pyrénées-Atlantiques.

Le changement climatique pourrait modifier ces équilibres en favorisant l’assèchement des sols et en affectant leur couverture végétale. Son effet reste toutefois complexe, car l’évolution des vents et de la biomasse peut également contribuer à réduire l’érosion dans certaines régions. En Nouvelle-Aquitaine, l’augmentation projetée de la durée des sécheresses pourrait accroître les périodes de vulnérabilité sans conduire nécessairement à une hausse systématique des émissions.

Dans ce contexte, les pratiques agricoles constituent un levier majeur d’adaptation. Le maintien d’une couverture végétale et de résidus en surface, la réduction du travail du sol et l’adaptation des interventions aux conditions météorologiques peuvent limiter les émissions. L’évolution future de l’érosion éolienne dépendra ainsi moins d’un facteur climatique isolé que de la coïncidence entre conditions météorologiques, état des sols et pratiques agricoles.

Cette analyse met en évidence un besoin de connaissances complémentaires. Si les mécanismes contrôlant l’érosion éolienne sont relativement bien identifiés, leur traduction en émissions de PM10 et PM2,5 et leur contribution effective aux concentrations atmosphériques restent encore entachées d’incertitudes.

Documents
RapportAtmoNA_R&D_EXT_25_189_Changement_clim_et_sols_agricoles_version_finale_2026_09_30.pdf
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Impact des pratiques agricoles sur les émissions de particules liées à l’érosion des sols, dans un contexte de changement climatique
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