Évaluation des émissions 2019 de l’aéroport de Bordeaux Mérignac (33) dans le cadre de l’article 45 de loi de TECV

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Rapports / Synthèses d'étude
14 décembre 2020

Dans le cadre de l’application de l’article 45 de la loi 2015-992 du 17 août 2015 relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte (TECV), la SA Aéroport De Bordeaux Mérignac a de nouveau sollicité Atmo Nouvelle-Aquitaine afin de quantifier les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques pour l’année 2019.

Afin de garantir une comparabilité des émissions entre 2010 et 2019, les mêmes méthodologies de calculs des émissions ont été employées par Atmo Nouvelle-Aquitaine, ce qui a permis de dresser une évolution pertinente sur 2010-2015-2019.

Comme lors du premier état des lieux, le diagnostic des émissions porte sur les postes suivants :

  • Le roulage des avions ;
  • Les émissions liées à l’utilisation des moteurs auxiliaires (APU) ;
  • L’utilisation des véhicules des assistants en escale ;
  • L’utilisation des véhicules du gestionnaire ;
  • Les fuites de fluides frigorigènes liées au rafraichissement des locaux ;
  • La production de chaleur ;
  • La production d’électricité ;
  • L’achat d’électricité.

La majeure partie des émissions est liée aux postes « roulage des avions » et « utilisation des APU ». Ainsi, l’augmentation des émissions de tous les composés sur la période 2010-2019 est à corréler avec la croissance du trafic sur cette même période (+ 43 %).

Les évolutions 2010-2019 des émissions pour chaque composé sont les suivantes :

  • + 33 % d’émissions de gaz à effet de serre ;
  • + 40 % d’émissions d’oxydes d’azote ;
  • + 20 % d’émissions de COVNM ;
  • + 45 % d’émissions de particules.

Si le roulage des avions est un poste sur lequel l’aéroport n’a que peu de leviers d’actions, celui-ci a entrepris depuis plusieurs années des mesures de réduction des émissions qui portent prioritairement sur des postes dont il conserve la maîtrise. Parmi elles :

  • L’achat à 100 % d’électricité produite à partir de sources d’énergies renouvelables (depuis 2017) ;
  • La mise en service de convertisseurs 400 Hertz sur les postes avion du hall B munis d’une passerelle (2019). Ces équipements électriques permettent d’alimenter les avions en stationnement et se substituent aux groupes électrogènes utilisant de l’énergie fossile. La poursuite du déploiement du 400 Hz est prévue en 2021 sur les passerelles du Hall A ;
  • L’installation de panneaux photovoltaïques en entrée et sortie du parking P2, pour une utilisation en autoconsommation (2019) ;
  • La production d’électricité de secours par les groupes électrogènes réduite au strict minimum afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques de ces appareils fonctionnant aux énergies fossiles (permanent) ;
  • Dans le cadre de la production de chaleur pour ses bâtiments, le remplacement de deux de ses trois chaudières par des équipements plus performants (2018 et 2019). Le remplacement de la 3ème chaudière est prévu pour 2020 ;
  • La rénovation des bâtiments afin de limiter les déperditions énergétiques (permanent) ;
  • Le déploiement d’un nouvel outil de supervision, de contrôle et de commande du chauffage et de la climatisation afin d’optimiser le pilotage énergétique des installations (2019).

Ces différentes mesures, contributives au respect des objectifs fixés par la réglementation, montrent la volonté d’ADBM de soutenir activement la transition énergétique et de réduire ses impacts en matière de qualité de l’air et d’émissions de gaz à effet de serre.

Les objectifs du décret sont fixés en termes de réduction des intensités d’émissions. Celles-ci doivent être de - 10 % sur la période 2010-2020 et de - 20 % sur la période 2010-2025.

Les évolutions 2010-2019 des intensités d’émissions pour chaque composé sont les suivantes :

  • - 36 % d’intensité d’émissions pour les gaz à effet de serre ;
  • - 32 % d’intensité d’émissions pour les oxydes d’azote ;
  • - 42 % d’intensité d’émissions pour les COVNM ;
  • - 30 % d’intensité d’émissions pour les particules.

Ainsi, les émissions rapportées aux Unités De Trafic ont fortement diminué pour tous les composés sur la période 2010-2019 impliquant le respect des objectifs fixés par le décret pour l’année 2019.