Evaluation de la qualité de l’air dans deux écoles proches de la rocade bordelaise - Ecole Jules Michelet (Cenon)

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Rapports / Synthèses d'étude
15 juin 2022

En septembre 2019, le journal Sud-Ouest a publié un article évoquant le dépassement des seuils règlementaires pour le NO2 et les PM10 dans certains établissements scolaires de l’agglomération bordelaise.

À la suite de cet article, et au regard des résultats des précédentes campagnes de mesures réalisées par Atmo Nouvelle-Aquitaine (2013 et 2015), Bordeaux Métropole a souhaité disposer d’éléments quantitatifs détaillés sur la qualité de l’air dans deux établissements proches de la rocade bordelaise :

  • L’école Anne Sylvestre à Bordeaux, désignée par l’article de Sud-Ouest.

  • L’école Jules Michelet à Cenon où les niveaux relevés en 2015 par Atmo Nouvelle-Aquitaine étaient plus élevés que ceux de l’école Anne Sylvestre.

Le présent rapport présente les résultats obtenus au sein de l’école Jules Michelet.

La carte de modélisation de 2017 du NO2 utilisée par Sud-Ouest présente des niveaux supérieurs à celle de 2020. En effet, les conditions météorologiques de l’année 2017 étaient moins favorables à une bonne qualité d’air que celles de 2020. Les mesures ayant eu lieu en 2020 et 2021, la carte de 2020 est comparée à celles-ci plutôt que celle de 2017.
Il est à noter que d’importants travaux d’aménagements de l’école primaire et de l’école maternelle ont commencé après la campagne de mesure. Un système de ventilation permettra d’avoir un bon renouvellement de l’air et donc une meilleure qualité de l’air intérieur.

Air ambiant

Mesures automatiques

Particules en suspension PM10

Les concentrations en PM10 observées dans la cour de l’école Jules Michelet sont du même ordre de grandeur que celles mesurées par la station de référence « Bassens », qui est une station de fond urbain. La valeur limite pour la protection de la santé humaine qui est de 50 μg/m3 en moyenne journalière (à ne pas dépasser plus de 35 jours par an) n’a pas été dépassée sur le site de l’école pendant les deux campagnes hivernale et estivale. La valeur limite annuelle de 40 μg/m3 a été respectée. La valeur guide de l’OMS de 15 μg/m3, plus restrictive, a été atteinte. La concentration moyenne journalière en PM10 est de 15 μg/m3, alors qu’elle était de 25 μg/m3 en 2014-2015 (étude ESPROB).

Particules fines PM2.5

Pendant la campagne hivernale, les concentrations en PM2.5 observées dans la cour de l’école Jules Michelet sont du même ordre de grandeur que celles enregistrées par la station de fond urbain « Bassens ». Pendant la campagne estivale, les concentrations sont plus faibles sur les trois sites : « Jules Michelet », « Bassens » et « Gautier ». La valeur limite de 25 μg/m3, en moyenne annuelle, a été respectée. La valeur guide de l’OMS de 5 μg/m3 a été dépassée sur le site de l’école et sur les stations de référence. La concentration moyenne journalière en PM2.5 est de 9 μg/m3, alors qu’elle était de 20 μg/m3 en 2014-2015 (étude ESPROB).

Dioxyde d’azote (NO2)

Les concentrations en NO2 mesurées dans la cour sont entre les niveaux relevés sur la station de fond urbain « Bassens » et ceux relevés sur la station trafic « Gautier ». La décroissance rapide du NO2 dans les 60 mètres qui séparent le site de mesure de la rocade ainsi que les arbres aux abords de celle-ci, pouvant constituer une « barrière végétale », peuvent expliquer que les niveaux mesurés soient bien inférieurs à une station trafic. Les concentrations en NO2 sur le site de l’école n’ont pas dépassé la valeur limite réglementaire en moyenne horaire fixée à 200 μg/m3. La valeur limite définie à l’échelle annuelle de 40 μg/m3 n’a pas été dépassée pendant toute la durée des mesures. L’OMS préconise un seuil de 10 μg/m3. Ce seuil a été dépassé sur le site de l’école et sur les stations de référence. La concentration moyenne horaire en NO2 est de 20 μg/m3, alors qu’elle était
de 34 μg/m3 en 2014-2015 (étude ESPROB).

Mesures par tube passif

Dioxyde d’azote (NO2)

La concentration en NO2 la plus élevée a été retrouvée au niveau du site « Clôture », proche de la rocade, pendant la campagne estivale. Les concentrations sont du même ordre de grandeur sur tous les autres sites : entre 16 et 19 μg/m3. La valeur limite annuelle fixée à 40 μg/m3 n’a été dépassée sur aucun des sites étudiés. Le seuil plus contraignant de 10 μg/m3 préconisé par l’OMS a été dépassé sur tous les sites. Les concentrations moyennes en NO2 réellement mesurées sont proches des concentrations modélisées pour l’année 2020.

Benzène, Toluène, Éthylbenzène et Xylènes (BTEX)

Pour le benzène, les concentrations mesurées dans la cour de l’école Jules Michelet sont du même ordre de grandeur que la station trafic « Gautier ». Pour les autres polluants, les niveaux sont comparables à la station de fond urbain « Bassens ». La valeur limite annuelle fixée à 5 μg/m3 a été respectée pendant la période de mesure. Il en est de même pour l’objectif de qualité de 2 μg/m3.

Air intérieur

Dioxyde d’azote (NO2)

Les concentrations relevées pendant la période hivernale sont légèrement supérieures à celles de la campagne estivale, probablement à cause d’une aération moins fréquente en hiver. Pendant les deux campagnes, la classe présentant des niveaux plus élevés est la classe 11 de l’école primaire. Celle présentant les concentrations les plus faibles est la classe 1 de l’école maternelle. Ces valeurs restent inférieures à celles mesurées à l’extérieur des bâtiments. La VGAI long terme de 20 μg/m3 a été respectée.

Benzène, Toluène, Éthylbenzène et Xylènes (BTEX)

Pour les cinq composés, les concentrations obtenues en extérieur, dans la cour, sont inférieures aux concentrations obtenues à l’intérieur des bâtiments. La présence de ces composés à l’intérieur des bâtiments est due en partie à un apport d’air extérieur mais également à d’autres sources situées au sein des bâtiments (peintures, vernis, colles, moquettes, tapis, cires, …).
Pour le benzène, la valeur d’action rapide de 10 μg/m3 et la VGAI court terme de 30 μg/m3 en moyenne hebdomadaire ont été respectées pendant les deux campagnes. A titre indicatif, la VGAI en moyenne annuelle de 2 μg/m3 a été dépassée dans les trois classes instrumentées.

Il est à noter que les deux campagnes de mesure ont eu lieu pendant un contexte sanitaire particulier, engendré par la pandémie de COVID-19 et une banalisation du télétravail. Le trafic pendant la période de mesure hivernale était diminué de 14%. Pendant la campagne estivale, le trafic était globalement revenu à la normale. La baisse de trafic observée pendant la campagne hivernale a pu engendrer des concentrations légèrement plus faibles que celles qui auraient été mesurées dans un contexte de trafic normal. Ces dernières étant environ égales à la moitié du seuil règlementaire en moyenne annuelle, il est peu probable que ce seuil ait été dépassé en condition de trafic habituel.

Les concentrations en PM10, PM2.5 et NO2 relevés en 2020-2021 sont inférieures aux niveaux mesurés en 2014-2015 lors de l’étude ESPROB. Cela s’explique notamment par une baisse globale de trafic depuis 2014, le renouvellement du parc automobile avec des normes plus contraignantes et un hiver 2020-2021 particulièrement doux et pluvieux.