Étude d’impact de l’activité de Corrèze Enrobés - Surveillance de la qualité de l’air - du 30 juillet au 23 octobre 2019

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Rapports / Synthèses d'étude
17 septembre 2020

Cette étude vise à mesurer l’influence sur la qualité de l’air que peut avoir la centrale d’enrobage Corrèze Enrobés. Ainsi, l’analyse de divers composés entre fin juillet à fin octobre 2019 a permis de mettre en évidence que l’industrie peut avoir une influence mais pas sur l’ensemble des polluants mesurés.

En effet, suite à de nombreux signalements de nuisances, une étude a été réalisée dans la vallée du Courolle, à Brive-la-Gaillarde, afin d’évaluer les niveaux de différents polluants auxquels sont soumis les riverains de cette vallée et pouvant provenir de la centrale d’enrobage Corrèze Enrobés. Quatre points de mesure sous l’influence de la centrale d’enrobés et un point éloigné servant de référence, sans impact de Corrèze Enrobées, (Puy Laborie) ont été choisis en concertation avec les associations de riverains de la vallée.
La campagne de mesure s’est déroulée sur trois mois de fin juillet à fin octobre 2019 avec des mesures en continu de dioxyde de soufre (SO2) et de particules PM10, des prélèvements hebdomadaires par échantillonnage passif (Benzène, Toluène, Éthylbenzène, Xylènes (BTEX) et Composés Organiques Volatils (COV) et des prélèvements journaliers sur filtre (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP)). L’ensemble des polluants a été mesuré sur le site de Puybaret et seuls les BTEX et les COV ont été suivis sur les quatre autres sites.

Cette période de mesure a été marquée par des conditions météorologiques particulièrement stables, limitant la dispersion des polluants et provoquant ainsi leur accumulation en fond de vallée. Au cours de la campagne, 80,6 % des vents ont été inférieurs à 1 m/s.

Mesures en continu du SO2 et des PM10

Les mesures en continu (tous les quarts d’heure) ont permis de mettre en évidence l’impact de Corrèze Enrobés sur les concentrations en polluants, notamment le SO2. Cependant, aucun dépassement des valeurs limites horaire et journalière n’a été enregistré pour le SO2. Les PM10, dont les concentrations restent également inférieures aux seuils réglementaires journalier et annuel, ne semblent, quant à elles, pas provenir de cette source. En effet, l’analyse des conditions météorologiques (vitesse et direction de vents) permet de pointer l’industrie lors des pics de concentration en SO2 observés, notamment fin août et début septembre.

Les prélèvements par échantillonnage passif et sur filtre n’ont pas tous été étudiés : seuls ceux dont l’impact industriel a été jugé maximal ont été analysés (prise en compte des critères météorologiques, des signalements de nuisances et de l’activité de l’industriel). Les prélèvements d’août, lors de l’arrêt complet de Corrèze Enrobés, servent de référence car ils n’ont pas été influencés par les émissions de l’industrie.

Prélèvements hebdomadaires des BTEX et des COV

Les prélèvements par échantillonnage passif n’ont pas permis de conclure à une source majoritaire industrielle de COV et de BTEX au coeur de la vallée du Courolle. En effet, au vu des concentrations obtenues sur le site témoin Puy Laborie (éloigné de l’influence de Corrèze Enrobés), et lors de la semaine d’arrêt complet de l’industrie, l’autoroute en fond de vallée est notamment une source importante de benzène. Le phénol et le naphtalène, dont les concentrations ont été les plus fortes lors de l’arrêt de Corrèze Enrobés (entre le 7 et le 14 août) suggèrent également l’impact d’une source différente de cette industrie en fond de vallée.
Pour information, la concentration moyenne en benzène, seul COV réglementé, n’a pas dépassé le seuil réglementaire annuel. De plus, le formaldéhyde est le seul composé à avoir présenté des concentrations supérieures à la Valeur Toxicologique de Référence sans seuil par inhalation chronique.
Ainsi, différentes sources ont pu influencer les concentrations en BTEX et COV observées telles que le trafic routier (autoroute en fond de vallée), une source au nord de la zone d’étude, Corrèze Enrobés ou encore le centre d’enfouissement des déchets situé à l’ouest de la vallée du Courolle.

Prélèvements journaliers des HAP

Sur les trois mois de l’étude, la concentration moyenne en benzo(a)pyrène, seul HAP réglementé, n’a pas atteint la valeur cible de 1 ng/m3 en moyenne annuelle. Les prélèvements sur filtre ont mis en évidence un impact potentiel de Corrèze Enrobés lors de différentes journées et notamment le 22 octobre 2019. En effet, l’industrie semble être à l’origine de l’émission de divers HAP (exclusivement hydrocarbonés, méthylés, soufrés et azotés), tels que le chrysène, le benzo(b)fluoranthène, le méthylchrysène/benzoanthracène, le 3-méthylchrysène ou le benzo(b)naphto(2,1-d)thiophène.