Cogénération bois SDCL / DALKIA (87) - Plan de surveillance de la qualité de l’air - 2021

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Rapports / Synthèses d'étude
03 mai 2022

Dans le cadre de ses obligations réglementaires de surveillance atmosphérique, l’entreprise SDCL/DALKIA a sollicité Atmo Nouvelle-Aquitaine afin de mettre en oeuvre son plan de surveillance de la qualité de l’air autour du site de cogénération biomasse du Val de l’Aurence à Limoges. Différentes techniques de mesures ont été utilisées afin de caractériser les concentrations en air ambiant et dans les retombées atmosphériques de différents polluants : dioxines et furanes, métaux lourds, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dioxyde d’azote (NO2), dioxyde de soufre (SO2), benzène, particules en suspension (PM10).
A ce titre, une nouvelle campagne de mesures a été réalisée entre décembre 2021 et janvier 2022. L’objectif des mesures est d’évaluer l’impact des émissions des activités de la centrale biomasse sur son environnement pour l’année 2021, de suivre l’évolution des concentrations des différents polluants par rapport aux années passées.

Les principales conclusions qui découlent de cette étude sont les suivantes

Pour les dioxines-furanes, les concentrations dans les retombées atmosphériques sont du même ordre de grandeur que les années précédentes et restent faibles. Il en est de même pour les concentrations mesurées dans l’air ambiant.

Pour les métaux lourds qui possèdent une valeur de référence dans les retombées atmosphériques, les concentrations relevées sont largement inférieures à celles-ci, à titre indicatif. Par rapport au site témoin, les valeurs des deux sites exposés (« Madoumier » et « Durkheim ») sont plus élevées pour le manganèse. Depuis 2018, des concentrations plus élevées en cuivre sont observées sur les sites étudiés et le site témoin.
Pour les métaux lourds qui possèdent une valeur de référence dans l’air ambiant, les concentrations mesurées sont également inférieures à celles-ci, à titre indicatif. Pour tous les métaux étudiés, les concentrations relevées sont du même ordre de grandeur en 2021 que pour les années passées.

Pour les HAP dans l’air ambiant, aucune corrélation n’est visible entre l’exposition des sites « Madoumier » et « Durkheim » et la concentration, ce qui ne permet pas de traduire un impact de la chaufferie sur les HAP. A titre indicatif, les concentrations pour le Benzo(a)Pyrène, seul HAP réglementé, sont inférieures à la valeur cible.
Celles-ci sont également du même ordre de grandeur que les années précédentes.

Pour le dioxyde d’azote, les concentrations mesurées par tubes passifs sur la station « Madoumier » sont légèrement supérieures à celles mesurées sur le site de fond « Landouge », traduisant l’impact d’une source de combustion à proximité. A titre indicatif, les concentrations en NO2 mesurées par tubes passifs sont largement inférieures à la valeur limite annuelle (40 μg/m3). Les concentrations sur les deux sites, « Madoumier » et « Landouge », sont globalement stables depuis 2012.
Les concentrations en NO2 mesurées par analyseurs automatiques sont équivalentes sur les deux sites « Durkheim » et « Madoumier » et inférieures à celles mesurées sur la station de fond urbain « Berland » et sur la station trafic « Aine ». Les concentrations sont largement inférieures à la valeur limite en moyenne horaire (200 μg/m3). La recommandation de l’OMS en moyenne journalière a été dépassée pendant 4 jours sur le site « Madoumier » et pendant 7 jours sur le site « Durkheim ». Ce seuil a aussi été dépassé sur les stations de référence : 24 jours sur la station « Aine » et 14 jours sur la station « Berland », ce qui témoigne d’une pollution de fond. A titre indicatif, les concentrations en NO2 mesurées par analyseurs automatiques sont largement inférieures à la valeur limite annuelle (40 μg/m3). Le seuil annuel recommandé par l’OMS (10 μg/m3) a été dépassé sur les deux sites « Madoumier » et « Durkheim », mais aussi sur les stations fixes « Aine » et « Berland ».

Les concentrations en SO2 relevées par tubes passifs sur les deux sites « Madoumier » et « Landouge » sont toutes inférieures aux limites de quantification. Les concentrations sont négligeables sur l’ensemble des sites depuis 2012.
Celles mesurées par analyseur automatique sur le site de « Madoumier » sont du même ordre de grandeur que la station fixe de Saint-Junien (urbaine sous influence de fond), et celles sur le site « Durkheim » que la station fixe de Saillat-sur-Vienne (station péri-urbaine sous influence industrielle). Les concentrations horaires sont largement inférieures au seuil d’alerte (500 μg/m3) et au seuil d’information/recommandations (300 μg/m3). A titre indicatif, les concentrations en SO2 sur les deux sites sont largement inférieures à l’objectif de qualité annuel (50 μg/m3). De plus, le seuil journalier recommandé par l’OMS (40 μg/m3) est respecté.

Les concentrations moyennes en particules PM10 mesurées sur « Madoumier » et « Durkheim » sont du même ordre de grandeur que les niveaux observés sur la station fixe de fond urbain « Berland » et sur la station trafic « Aine ». La valeur limite journalière (50 μg/m3) est respectée. Il en est de même pour le seuil journalier recommandé par l’OMS (45 μg/m3). A titre indicatif, les concentrations moyennes en PM10 sont inférieures à la valeur limite annuelle (40 μg/m3). Le seuil annuel recommandé par l’OMS (15 μg/m3) a été dépassé sur les sites « Madoumier » et « Durkheim », mais aussi sur les stations fixes « Aine » et « Berland », ce qui témoigne d’une pollution de fond.

Pour le benzène, les concentrations mesurées par tubes passifs sont soit du même ordre de grandeur soit inférieures à celle mesurée en « routine » au niveau de la station « Berland ». A titre indicatif, la valeur limite réglementaire annuelle (5 μg/m3) et l’objectif de qualité annuel (2 μg/m3) ont été respectés en moyenne, sur la période de mesure. Les concentrations en benzène les plus élevées ont été observées en 2013 sur les deux sites « Madoumier » et « Durkheim ». Depuis 2014 les concentrations en benzène sur ces 2 sites de mesures sont stables.