Dans les piscines couvertes, la forte odeur de « chlore » n’est pas forcément due au chlore lui-même. Elle est notamment liée aux chloramines, des composés formés lorsque le chlore réagit avec les matières apportées par les baigneurs. Quelques gestes simples permettent de limiter leur formation et de contribuer à préserver la qualité de l’air pour tous, notamment pour les professionnels qui travaillent quotidiennement dans ces établissements.
Les chloramines, qu’est-ce que c’est ?
Pour garantir une eau saine, les piscines utilisent des produits désinfectants, le plus souvent à base de chlore. Leur rôle est essentiel : ils permettent de détruire les micro-organismes présents dans l’eau.
Mais le chlore peut aussi réagir avec les substances organiques et azotées apportées par les baigneurs : sueur, urine, salive, squames, cheveux, produits cosmétiques… Ces réactions produisent notamment des chloramines, dont la trichloramine.
Certaines chloramines sont volatiles et peuvent passer de l’eau dans l’air, en particulier dans les piscines couvertes. La trichloramine est notamment responsable de l’odeur caractéristique que l’on associe souvent au « chlore ».
Pourquoi faut-il limiter les chloramines ?
La trichloramine peut être irritante pour les yeux, la peau et les voies respiratoires. Les baigneurs y sont exposés, mais aussi les professionnels qui travaillent plusieurs heures chaque jour dans les halls de piscine, comme les maîtres-nageurs et le personnel d’entretien.
La qualité de l’air dépend de nombreux facteurs : fréquentation du bassin, température et agitation de l’eau, traitement de l’eau, mais aussi efficacité du système de ventilation.
Le sujet concerne particulièrement les piscines couvertes, où les chloramines volatiles peuvent s’accumuler dans l’air.
Dans les piscines extérieures, le renouvellement naturel de l’air limite davantage leur accumulation dans l’atmosphère.
Les campagnes de mesures réalisées par Atmo Nouvelle-Aquitaine dans plusieurs centres aquatiques montrent que les concentrations de trichloramine peuvent varier selon les bassins et les conditions de fonctionnement. À Brive, par exemple, les mesures réalisées en 2017 ont mis en évidence des concentrations plus élevées dans le bassin ludique, avec un dépassement ponctuel d’une valeur de référence alors préconisée par l’Anses. Le rapport soulignait notamment l’influence possible d’un dysfonctionnement de la ventilation.
Baigneurs : quelques gestes simples font la différence
La bonne qualité de l’air d’une piscine ne dépend donc pas uniquement des équipements et du travail des professionnels. Les baigneurs peuvent eux aussi agir.
Avant d’entrer dans l’eau :
- Prenez une douche savonnée, même si vous vous êtes déjà lavé chez vous.
- Rincez-vous soigneusement pour éliminer sueur, résidus de produits cosmétiques et autres matières présentes sur la peau.
- Rincez vos cheveux avant la baignade.
- Respectez les consignes d’hygiène de la piscine.
- Évitez d’uriner dans le bassin : l’urine apporte notamment de l’urée, qui peut participer à la formation de chloramines.