Pour mieux comprendre l’origine et l’évolution des particules dans l’air, Atmo Nouvelle-Aquitaine met en ligne une nouvelle page dédiée aux bilans mensuels des particules. Basés sur des mesures fines et innovantes, ces bilans permettent de décrypter les sources, la composition et le nombre de particules, sur plusieurs stations de la région et sur les trois dernières années.
Décrypter les particules, au-delà de la masse mesurée
Les particules en suspension ne se résument pas à un seul indicateur.
Atmo Nouvelle-Aquitaine s’appuie sur des analyseurs spécifiques pour aller plus loin que les concentrations massiques classiques (PM10, PM2,5) et mieux comprendre d’où viennent les particules et comment elles se transforment dans l’air.
La nouvelle page propose, pour chaque mois et sur les trois dernières années, un bilan régional enrichi de faits marquants, à partir des données issues des stations de mesure de Nouvelle-Aquitaine.
Le carbone suie (Black Carbon) : un indicateur des combustions
Le carbone suie (ou Black Carbon – BC) est un composant des particules, issu principalement de combustions incomplètes. Il provient de deux grandes sources :
- La combustion de la biomasse, en particulier le chauffage résidentiel au bois (mais aussi le brûlage de déchets verts, certaines pratiques agricoles ou les incendies de forêts),
- La combustion de fuels fossiles, liée notamment au trafic routier (mais également chauffage au fioul ou au charbon, trafic maritime, certains procédés industriels).
Le carbone suie est mesuré sur trois stations de la région : Talence (33), Poitiers-Augouard (86) et Limoges-Berland (87).
La composition chimique des particules fines
Les particules fines sont constituées d’une grande diversité de composés chimiques, dont la proportion varie selon les sources d’émission et les transformations dans l’atmosphère.
Les bilans mensuels présentent notamment :
- la matière organique (OM), issue de nombreuses sources, telles que la combustion ou encore la végétation,
- les ions dominants, formés à partir de gaz précurseurs d’origine naturelle ou humaine :
- ammonium (NH₄⁺), issu de l’ammoniac (NH3) provenant notamment d’activités agricoles mais également du trafic routier,
- nitrate (NO₃⁻), issu des oxydes d’azote (NOx) émis par la combustion,
- sulfate (SO₄²⁻), issu du dioxyde de soufre (SO₂) ou d’autres composés soufrés pouvant être émis par les activités industrielles ou de manière naturelle,
- chlorure (Cl⁻), ion minoritaire d’origines variées (biomasse, activités industrielles, sels marins).
- Ces composés sont mesurés sur deux stations : Talence (33) et Poitiers-Augouard (86).
Le nombre de particules fines et ultrafines : un autre regard
Les particules fines et ultrafines (PM1 et PM0,1) représentent une faible part de la masse totale, mais elles sont très nombreuses.
Elles peuvent être émises directement ou se former dans l’atmosphère à partir de gaz précurseurs.
Pour les particules ultrafines (PM0,1), la masse est trop faible pour être pertinente : leur suivi repose donc sur le nombre de particules (en particules/cm³).
Ces mesures sont réalisées sur quatre stations en Nouvelle-Aquitaine : Talence (33), Poitiers-Augouard (86), Limoges-Berland (87) et Lacq (64).
Des bilans mensuels pour mieux comprendre les variations
La nouvelle page met à disposition :
- des bilans mensuels régionaux,
- les données issues des stations,
- des faits marquants pour faciliter la lecture et l’interprétation,
- un recul de trois ans, pour observer les évolutions dans le temps.
Un outil complémentaire aux bilans annuels pour suivre régulièrement les phénomènes observés