Evaluation de la qualité de l'air dans deux écoles proches de la rocade bordelaise : Ecole Anne Sylvestre à Bordeaux (33)

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Rapports / Synthèses d'étude
03 mai 2021

En septembre 2019, le journal Sud-Ouest a publié un article évoquant le dépassement des seuils règlementaires pour le NO2 et les PM10 dans certains établissements scolaires de l’agglomération bordelaise. À la suite de cet article, et au regard des résultats des précédentes campagnes de mesures réalisées par Atmo Nouvelle-Aquitaine (Etude ESPROB en 2014-2015), Bordeaux Métropole a souhaité disposer d’éléments quantitatifs détaillés sur la qualité de l’air dans deux établissements proches de la rocade bordelaise :

  • L’école Anne Sylvestre à Bordeaux, désignée par l’article de Sud-Ouest.
  • L’école Jules Michelet à Cenon où les niveaux relevés en 2015 par Atmo Nouvelle-Aquitaine étaient plus élevés que ceux de l’école Anne Sylvestre.

Ce rapport présente les résultats obtenus au sein de l’école Anne Sylvestre.

La carte de modélisation de 2017 du NO2 utilisée par Sud-Ouest présente des niveaux supérieurs à celle de 2020. En effet, les conditions de l’année 2017 étaient moins favorables à une bonne qualité d’air que celles de 2020. Les mesures ayant eu lieu en 2020, celles-ci sont comparées à la carte modélisée pour l’année 2020.

Les principaux résultats de l’étude sont les suivants :

Air ambiant

Mesures automatiques

Particules en suspension PM10

Les concentrations en PM10 observées dans la cour de l’école Anne Sylvestre sont du même ordre de grandeur que celles mesurées par la station de référence « Bassens », qui est une station de fond urbain. La valeur limite pour la protection de la santé humaine qui est de 50 μg/m3 en moyenne journalière (à ne pas dépasser plus de 35 jours par an) n’a pas été dépassée sur le site de l’école pendant les deux campagnes hivernale et estivale. A titre indicatif, la valeur limite annuelle de 40 μg/m3 a été respectée. La ligne directrice de l’OMS de 15 μg/m3 en moyenne annuelle a été dépassée sur le site de l’école et sur les stations de
référence. La concentration moyenne des deux campagnes en PM10 est de 16 μg/m3, alors qu’elle était de 24 μg/m3 en 2014-2015 (étude ESPROB).

Particules fines PM2.5

Pendant la campagne hivernale, les concentrations en PM2.5 observées dans la cour de l’école Anne Sylvestre sont du même ordre de grandeur que celles enregistrées par la station de référence « Gautier », qui est une station trafic. En revanche, pendant la campagne estivale, les valeurs sont plus faibles et tendent vers celles mesurées sur la station de fond urbain « Bassens ». A titre indicatif, la valeur limite de 25 μg/m3 a été respectée. La ligne directrice de l’OMS de 5 μg/m3 en moyenne annuelle a été dépassée sur le site de l’école et sur les stations de référence. La concentration moyenne des deux campagnes en PM2.5 est de 9 μg/m3, alors qu’elle était de 16 μg/m3 en 2014-2015 (étude ESPROB).

Dioxyde d’azote (NO2)

Les concentrations en NO2 mesurées dans la cour sont légèrement supérieures à la station de fond urbain « Bassens », mais restent du même ordre de grandeur. Les concentrations en NO2 sur le site de l’école n’ont pas dépassé la valeur limite réglementaire en moyenne horaire fixée à 200 μg/m3. A titre indicatif, la valeur limite définie à l’échelle annuelle de 40 μg/m3 a été respectée pendant toute la durée des mesures. La ligne directrice de l’OMS de 10 μg/m3 en moyenne annuelle a été dépassée sur le site de l’école et sur les stations de référence. La concentration moyenne des deux campagnes en NO2 est de 20 μg/m3, alors qu’elle était de 28 μg/m3 en 2014-2015 (étude ESPROB).

Mesures par tube passif

Dioxyde d’azote (NO2)

Les concentrations en NO2 les plus élevées sont retrouvées au niveau de l’entrée de l’école sur l’avenue de Labarde. La valeur la plus élevée obtenue dans l’enceinte de l’école a été mesurée dans la cour, au point le plus proche de la rocade. A titre indicatif, la valeur limite annuelle fixée à 40 μg/m3 n’a été dépassée sur aucun des sites étudiés. Le seuil de 10 μg/m3 préconisé par l’OMS a été dépassé sur tous les sites.

Benzène, Toluène, Éthylbenzène et Xylènes (BTEX)

Pour le benzène et le toluène, les concentrations mesurées dans la cour de l’école Anne Sylvestre sont comprises entre celles mesurées sur la station de fond urbain « Bassens » et celles mesurées sur la station trafic « Gautier ». Les valeurs tendent plutôt vers cette dernière.
Pour l’éthylbenzène, le m+p-xylène et le o-xylène, les valeurs relevées dans la cour sont supérieures aux valeurs relevées sur la station trafic « Gautier », pendant la campagne hivernale uniquement. Les concentrations sont bien plus faibles lors de la campagne estivale et tendent vers celles mesurées sur la station de fond urbain « Bassens ». La valeur limite annuelle fixée à 5 μg/m3 n’a pas été dépassée pendant la période de mesure. Il en est de même pour l’objectif de qualité de 2 μg/m3.

Air intérieur

Dioxyde d’azote (NO2)

Pendant la période hivernale, la concentration la plus élevée a été relevée dans le bâtiment C et la plus faible dans le bâtiment A. Les concentrations mesurées pendant la période estivale sont légèrement plus élevées et plus homogènes entre les trois classes investiguées. Ces valeurs restent inférieures à celles mesurées à l’extérieur des bâtiments.

Benzène, Toluène, Éthylbenzène et Xylènes (BTEX)

Pour les cinq composés, les concentrations obtenues en extérieur, dans la cour, sont inférieures aux concentrations obtenues à l’intérieur des bâtiments. La présence de ces composés à l’intérieur des bâtiments est due en partie à un apport d’air extérieur mais également à d’autres sources situées au sein des bâtiments (peintures, vernis, colles, moquettes, tapis, cires, …).

Pour le benzène, la VGAI court terme de 30 μg/m3 n’a pas été dépassée, pendant toute la durée des mesures. Il en est de même pour la VGAI en moyenne annuelle, de 2 μg/m3.

Les concentrations en PM10, PM2.5 et NO2 relevés en 2020 sont inférieures aux niveaux mesurés en 2014-2015 lors de l’étude ESPROB. Cela s’explique notamment par une baisse globale de trafic depuis 2014, le renouvellement du parc automobile avec des normes plus contraignantes et des conditions météorologiques plus favorables à une bonne qualité d’air (températures plus chaudes et pluies plus fréquentes).