Surveillance de la qualité de l'air autour d'Arizona Chemical

Partager :
header_arizona.png
Etude
Réalisée
Partenaire(s) :
Du
30 mars 2017
au
22 octobre 2018

24 rue Raoul Dufy et 236 rue Jean Jaurès à Niort (79)
Pourquoi cette étude ?
  • 1ère série de mesure : avril - juillet 2017 : évaluation des concentrations en dioxines/furannes et métaux lourds au niveau des habitations à proximité d'Arizona Chemical et état des lieux sur les niveaux de COV au plus près de l'activité de l'usine avant travaux visant à la diminution des émissions de COV.

  • 2ème série de mesure : mai - juin 2018 : mesure des COV à proximité de l'usine afin de quantifier l'impact des travaux engagés sur les concentrations en COV en air ambiant.

Que peut-on en retenir ?

Dioxines et furannes

Les concentrations totales de PCDD/F mesurées cette année font parties des plus basses détectées depuis le début du suivi des dioxines/furannes par Atmo Nouvelle-Aquitaine, à l’exception d’un prélèvement effectué entre le 25 novembre et le 02 décembre 2009. Les années précédentes, les campagnes de mesures étaient réalisées à des périodes plus froides que la campagne de 2017. Ce changement de période a un impact sur les concentrations en dioxines et furannes mesurées, qui sont moins élevées lorsque les températures sont plus clémentes.
Les deux prélèvements révèlent une grande disparité au niveau des concentrations en équivalent toxique I-TEQ entre les deux campagnes de mesure.
Les résultats d’analyse de la première campagne de prélèvement, avec une concentration totale de 46,25 I-TEQ fg/m3 pour les 17 congénères se situent dans l’échelle haute des concentrations rencontrées autour de sites industriels à l’échelle nationale.
L’I-TEQ au cours de la deuxième campagne révèle au contraire des niveaux de concentrations situés dans la moyenne nationale basse rencontrée au niveau des incinérateurs.
Il est difficile de dégager une tendance sur l’évolution des concentrations en équivalent toxique pour le total des 17 familles de congénères des dioxines et furannes. La différence entre les deux séries de prélèvement observée cette année n’est en effet pas un cas isolé. L’étude des concentrations en dioxines et furannes ne permet pas d’établir de lien entre l’activité de l’usine et les concentrations mesurées au niveau du site « Dufy ».

Métaux lourds

Les concentrations observées pour les quatre métaux lourds réglementaires (Arsenic, Cadmium, Nickel, Plomb) pendant la campagne de mesures sont nettement inférieures aux valeurs limites annuelles applicables. Il est donc probable que les valeurs limites applicables sur une année aux quatre métaux lourds soient respectées sur le site « Dufy ».
Pour l’ensemble des métaux suivis (métaux lourds réglementaires + Vanadium et Magnésium) l’activité de Kraton Chemical est peu visible sur les concentrations mesurées sur le site « Dufy ».

COV

La mesure des COVs s’est déroulée en quatre phases :

  • Phase 1 : 24/05/2017 → 03/07/2017 : avant travaux,
  • Phase 2 : 04/07/2017 → 22/07/2017 : ajout d’un condenseur sur un site de stockage,
  • Phase 3 : 23/07/2017 → 18/08/2017 : période d’arrêt d’activité de Kraton Chemical
  • Phase 3 : 01/05/2018 → 19/06/2018 : ajout d’un deuxième condenseur sur un site de stockage.

Au cours de la campagne, l’analyseur situé aux abords directs de l’usine a mesuré uniquement des concentrations en toluène, styrène et alpha-pinène.

Des pics de concentrations de toluène ont été observés au cours de la campagne de mesure. Le seuil olfactif semi-horaire de 1 000 μg/m3, a été dépassé 156 fois sur l’ensemble des campagnes de mesure. 25 fois sur 1451 mesures (1,7 %) lors de la phase initiale, 27 fois sur 754 mesures après l’ajout d’un condenseur (3,6 %) et 104 fois sur 2 400 mesures (4,3 %) après l’ajout du deuxième condenseur. En moyenne hebdomadaire, la valeur de référence de 260 μg/m3 a été dépassé une semaine pendant la phase 2 et deux semaines pendant la phase 4.
Les roses des pollutions indiquent que l’émetteur principal de toluène est Kraton Chemical.

Le styrène a été très peu détecté lors de l’ensemble des campagnes de mesure. Ce composé n’a été détecté que 7 % du temps lors de la première phase, 3 % lors de la deuxième, jamais lors de la troisième phase et moins de 1 % lors de la quatrième phase.
Avec un maximum semi horaire de 26,8 μg/m3 et une moyenne de 0,1 μg/m3 sur l’ensemble des périodes de mesure, le seuil olfactif semi-horaire de 70 μg/m3 est respecté pour ce polluant.

Des pics d’alpha-pinène ont été détectés 50 % du temps au cours de la première période, 56 % du temps au cours de la deuxième période, 67% du temps au cours de la période d’arrêt de l’usine et 54 % du temps lors de la campagne de mesure de 2018. Le pic maximal enregistré est de 40,5 μg/m3 et la moyenne des concentrations semi-horaire sur l’ensemble des quatre périodes est de 1,3 μg/m3.
Les roses des pollutions indiquent que l’émetteur principal d’alpha-pinène est Kraton Chemical.
La stabilité des concentrations mesurées sur l’ensemble des périodes, tient au fait que ce composé est également utilisé dans le cadre de nettoyage et de trempage de pièces au niveau du bâtiment de maintenance. Ces opérations se font toute l’année et ce même lors de la fin des phases d’arrêt de l’usine.

Les différentes phases de mesure n’ont pas permis de mettre en évidence une baisse probante des niveaux de concentrations des trois COVs suivis à la suite des travaux réalisés sur deux condenseurs des sites de stockage.

 

Les moyens mis en œuvre

Atmo Nouvelle-Aquitaine a réalisé une campagne de surveillance de la qualité de l’air autour de l’usine Kraton Chemical. Deux sites de surveillance ont ainsi été définis :

  • Site « Raoul Dufy » dans un secteur résidentiel destiné à la surveillance des dioxines/furannes et métaux lourds entre mars et mai 2017,

  • Site « Kraton » à proximité immédiate du site pour réaliser un suivi des concentrations de COV entre mai et juillet 2017 et mai et juin 2018.

La surveillance des COVs s’est déroulée sur deux années afin de quantifier l’impact des améliorations technologiques au niveau des sites de stockage de l’usine avec l’ajout d’un condenseur sur chacun d’entre eux.

Polluant(s) concerné(s)
Composés Organiques Volatils (benzène, toluène, Aldéhydes...)
Dioxines - furanes
Métaux lourds (Plomb, mercure…)
Thématiques
Industrie
Zone(s) concernée(s)
Région Nouvelle-Aquitaine
Deux-Sèvres
Niort

En savoir plus, contactez :
M
Mathieu Lion