Mesure des pesticides dans l'air - campagne 2017

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Etude
Réalisée
Du
1 février 2017
au
31 décembre 2017

5 sites de mesures en Nouvelle-Aquitaine : Saint-Saturnin (16), Saint-Estèphe (33), Bordeaux (33), Poitiers (86) et Limoges (87)
Pourquoi cette étude ?

L’objectif en 2017 est de compléter le dispositif « fixe » déjà en place sur Poitiers et Saint Saturnin par des mesures sur les villes de Limoges et Bordeaux, afin de pouvoir présenter un bilan de la contamination de l’air de trois grandes zones urbaines de la région Nouvelle Aquitaine. Au delà des zones urbaines, deux sites assurent la mesure en zone rurale : St Saturnin dans le Cognaçais et St Estèphe en Gironde.

Que peut-on en retenir ?

Les concentrations moyennes de fongicides en 2017 sont 7 fois plus élevées sur le site du Médoc en proximité de zones viticoles, que sur les sites urbains (Bordeaux, Limoges, Poitiers) et 4 fois plus élevées que dans le Cognaçais, site avec un environnement agricole mixte grandes cultures/vignes.

Pour les herbicides, les concentrations moyennes 2017 les plus élevées sont observées sur le site du Cognaçais (environnement mixte grandes cultures/vignes), suivi de près par Poitiers, puis Limoges (tous deux d’environnement grandes cultures).

Dans le cas des insecticides, le site du Cognaçais présente des concentrations moyennes 3 fois plus élevée que celui du Médoc (site rural - environnement viticole), et 10 fois plus élevées que sur les trois sites urbains. La seule molécule corvicide recherchée en 2017, l’Anthraquinone a été détectée sur l’ensemble des sites à des concentrations moyennes similaires, bien que légèrement plus élevées sur les sites urbains par rapport aux sites ruraux, et relativement faibles. Cette molécule présentant diverses origines et utilisations ne permet pas de relier concentrations dans l’air et usage agricole du pesticide.

Le site de Limoges, sans prendre en compte l’événement particulier en Août jugé non représentatif de l’exposition général du site, présente les meilleurs résultats en termes de concentrations. Ceci peut s’expliquer par des ventes faibles de pesticides dans la Haute-Vienne par rapport aux autres départements concernés par les mesures.

Malgré l’hétérogénéité de l’environnement agricole des cinq communes et leur distance géographique, on retrouve des substances actives communes parmi celles qui dominent dans l’air des cinq sites en 2017 :

  • L’Anthraquinone (répulsif à corbeaux & autres origines), présente fréquemment sur chacun des sites
  • Le Chlorothalonil (fongicide des céréales), molécule dominante, excepté sur le site du Médoc.
  • Le Folpel (fongicide de la vigne), molécule dominante sur les trois sites sous influence des vignes
  • Le Chlorpyriphos-métyhl (insecticide de la vigne et des vergers) molécule dominante, sur trois des cinq sites, notamment les deux sites ruraux sous influence des vignes.

L'évolution des concentrations mesurées en site urbain ou en site rural au cours de l'année suit le calendrier des traitements des cultures agricoles :

  • En zones de grandes cultures (Poitiers, Limoges) les pics sont atteints au coeur des périodes de traitement du printemps et de l’automne.
  • A proximité des vignes (Médoc, Cognaçais, Bordeaux), les pics sont atteints durant les traitements fongicides de l’été.

L’explication la plus plausible de la présence de la majeure partie des molécules pesticides mesurées en zone urbaine reste le transfert des molécules par l'air depuis les surfaces agricoles vers les zones urbaines.

La tendance observée ces dernières années sur le site de Poitiers en zone de Grandes cultures se confirme : il y a encore 7 ou 8 ans, le pic de concentration lié aux traitements herbicides était observé au printemps. Maintenant c’est bien en automne, lors du désherbage des cultures d’hiver, que l’on observe les valeurs les plus élevées. C’est alors le Prosulfocabe qui domine.

Les concentrations d’herbicides sur Poitiers sont en baisse par rapport aux années précédentes, et le nombre de molécules herbicides détectées en 2017 n’a jamais été aussi bas sur Poitiers, le site de référence pour les grandes cultures, depuis 2003.

2017 est la 3ème année, après 2014 et 2015, mesurant les plus fortes concentrations de fongicides, pourtant elle est la deuxième après 2016 à détecter le plus faible nombre de molécules fongicides différentes.

Les concentrations d’insecticides poursuivent la tendance à la baisse observée depuis 2003.

Les concentrations moyennes mesurées en 2017 sur le site du Cognaçais sont les plus faibles de ces trois dernières années, quelques soit l’usage.

Les sites du Médoc et de Bordeaux font partie des sites surveillés dans le cadre de la campagne nationale de 2018 (collaboration entre l’Anses, l’Ineris et le réseau des AASQA) ayant pour objectif :
- d’évaluer l’exposition moyenne de la population générale aux pesticides en air ambiant,
- de définir une stratégie de surveillance nationale des pesticides dans l’air.
Les moyens mis en œuvre

Les prélèvements de pesticides dans l’air ont été réalisé durant des périodes de 7 jours avec un préleveur bas débit selon les normes en
rigueur.

L’analyse des prélèvements ont été réalisés par le laboratoire IANESCO Chimie de Poitiers. 66 molécules pesticides ont été analysées dont :

  • 26 herbicides pour lutter contre les mauvaises herbes

  • 22 fongicides pour lutter contre les champignons et moisissures

  • 17 insecticides pour lutter contre les insectes

  • 1 corvicide pour lutter contre les oiseaux ravageurs

Polluant(s) concerné(s)
Pesticides
Thématiques
Pesticides
Agriculture
Zone(s) concernée(s)
Région Nouvelle-Aquitaine
Charente
Saint-Saturnin
Gironde
Bordeaux
Saint-Estèphe
Haute-Vienne
Limoges
Vienne
Poitiers

En savoir plus, contactez :
Mme
Audrey Chataing