Exposition aux biocides au domicile

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Exposition aux biocides au domicile
Etude
Réalisée
Partenaire(s) :
-
Du
1 septembre 2018
au
26 février 2021

La Rochelle (17)
Pourquoi cette étude ?

La mesure des pesticides en air extérieur fait l'objet d'un suivi réalisé par les associations de surveillance de la qualité de l'air depuis le début des années 2000. En revanche, la contamination de l'air intérieur par les pesticides, notamment les biocides et antiparasitaires est beaucoup moins documentée. Bien que les quantités concernées soient moins élevées, l'utilisation des produits biocides dans les lieux clos comme les habitations peut conduire à des phénomènes d'accumulation favorisés par des conditions faiblement dispersives. 

L'objectif de cette étude est donc de développer les connaissances sur la contamination de l'air intérieur des logements par les biocides.

Dans ce contexte, Atmo Nouvelle-Aquitaine a fait appel à 20 foyers volontaires de l'agglomération de La Rochelle pour participer à l'étude.

 

Que peut-on en retenir ?

Bien que la question soit encore aujourd’hui encore peu étudiée, cette campagne menée sur l’agglomération de La Rochelle montre que les concentrations détectées dans l’air intérieur des logements pour les molécules d’usage non agricole peuvent être nettement supérieures aux niveaux généralement mesurés en air extérieur. Ainsi, lors de la campagne réalisée en 2019 sur l’agglomération de La Rochelle en air extérieur, 14% des valeurs quantifiées étaient supérieures à 1 ng/m3, contre 37% pour l’air intérieur.
Ce type de résultats est déjà connu pour d’autres molécules, comme par exemple le formaldéhyde, dont les concentrations sont nettement supérieures en air intérieur, ce qui justifie d’appliquer les bonnes pratiques pour améliorer la qualité de l’air intérieur (cf annexe 4 du rapport).

Sur  les  35  molécules  recherchées,  18  ont  été  quantifiées  dont :  4  fongicides,  3  herbicides,  10  insecticides,  1 synergisant. Parmi les molécules détectées, ce sont les insecticides qui présentent les plus fortes valeurs, en particulier ceux utilisés contre les termites. Aucun des logements pour lesquels les concentrations d’insecticides sont  élevées n’a déclaré d’opération de désinsectisation dans les 2 ans précédant l’étude, il s’agit donc de relargage issu de traitements plus anciens.

Les 3 molécules aux concentrations les plus fortes sont trois insecticides aujourd’hui interdits d’utilisation : lindane, endosulfan et dieldrine. Ils sont encore présents dans certains logements avec des niveaux élevés.

Parmi les molécules détectées, certaines peuvent  ne pas avoir  été utilisées par les habitants des logements, mais être relarguées à partir de meubles ou tissus traités avant leur achat. C’est le cas potentiellement de la diphénylamine,  du  tolylfluanide  ou  de  la  perméthrine. La  perméthrine appartient également à  une  autre catégorie de contamination potentielle: les traitements antiparasitaires vétérinairesou humains, où l’on trouve aussi le fipronil.

Les herbicides ont été très peu détectés dans cette étude, malgré la présence d’un jardin attenant à la résidence dans 68% des logements. Seul le chlorprophame, utilisé notamment comme anti germinatif sur les pommes de terre, a été détecté sur les ¾ des logements étudiés. Il ne s’agirait pas là d’une utilisation par les résidents mais de l’introduction dans le logement d’un produit traité avant son achat. Les concentrations de fongicides, insecticides et herbicides dans l’air ne font pas l’objet d’une réglementation établissant des valeurs limites à respecter, ni en air extérieur, ni en air intérieur.

Les concentrations mesurées ne  peuvent  être  comparées  ni  à  des  valeurs  de  référence  réglementaires,  ni  à  des  seuils  de  toxicité  par inhalation dans les logements. Elles sont par ailleurs le reflet de la situation au moment de la mesure, et ne sont pas le reflet de pratiques inadaptées par les occupants des logements. Des exemples de bonnes pratiques concernant la qualité de l’air intérieur, dont celles de l’OQAI (Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur), sont rappelées en annexe 4 du rapport.

Cette  étude, inscrite  dans  la  mesure  10.5  du  PRSE  Nouvelle-Aquitaine, n’a pas pour  objectif  de  quantifier l’ensemble des substances pesticides présentes dans les logements. Elle ne traite que des produits d’utilisation non agricole. Les molécules phytosanitaires (usage agricole) susceptibles de se retrouver par transport depuis l’air extérieur vers l’intérieur des logements n’ont pas été recherchées.

Polluant(s) concerné(s)
Pesticides
Thématiques
Problèmes émergents / Attentes sociétales
Pesticides
Air intérieur
Zone(s) concernée(s)
CA de la Rochelle
Région Nouvelle-Aquitaine
Charente-Maritime
La Rochelle

En savoir plus, contactez :
Mme
Agnès Hulin