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A l'occasion de la Semaine européenne de la réduction des déchets, nous souhaitions remettre en lumière les différents outils de surveillance et les connaissances en matière d'impact des déchets sur la qualité de l’air en région.

Mesurer les polluants atmosphériques près des installations de traitement des déchets

Depuis les années 90, Atmo Nouvelle-Aquitaine évalue l'impact des usines d'incinération des ordures ménagères (UIOM) ou des unités de valorisation énergétique (UVE) sur la qualité de l'air environnant. Pour cela, nos ingénieur.es et technicien.nes organisent des campagnes de mesure de la pollution atmosphérique autour de ces établissements industriels :

Lors de ces campagnes de mesure, les dioxines et furannes sont systématiquement recherchés dans l'air ambiant et les retombées atmosphériques. Pour certaines UVE on surveille également les concentrations de ces polluants persistants dans les légumes (betteraves et choux), la matière grasse animale (lait), le miel et les lichens. Les métaux lourds sont suivis aussi dans l'air ambiant et les retombées atmosphériques. Depuis 2020, Atmo Nouvelle Aquitaine innove avec le suivi du mercure gazeux au moyen de jauges de prélèvement spécifiques.

En parallèle, Atmo Nouvelle-Aquitaine étudie aussi la qualité de l'air à proximité de centres de stockage : Alvéol à Peyrat-de-Bellac (87)... Enfin, en 2020, Atmo Nouvelle-Aquitaine a réalisé aussi un suivi de l'unité de compostage de Saint-Rogatien (17) en lien avec l'étude de l'impact de la Société Rochelaise d'Enrobés.

Evolution des concentrations en dioxines et furannes dans l'air ambiant (à gauche) et les retombées atmosphériques (à droite) autour de cinq UVE de Nouvelle-Aquitaine de 2010 à 2019

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graphique de l'évolution des concentrations en dioxines et furannes dans les retombées atmosphériques autour d'UVE de Nouvelle-Aquitaine de 2010 à 2019

Les études menées par Atmo Nouvelle-Aquitaine autour des UVE montrent, globalement depuis une dizaine d’années, une diminution des concentrations en dioxines et furannes dans l'air à proximité des UVE. En effet, les incinérateurs de déchets ont souvent adopté des techniques nouvelles leur permettant de réduire leurs rejets atmosphériques de dioxines, dans le but de respecter les valeurs limites d’émission fixées par la réglementation.

Estimer les émissions polluantes issues du traitement des déchets

Pour estimer les émissions polluantes générées par le traitement des déchets, on distingue quatre sources d’émissions principales : les incinérateurs d’ordures ménagères, les décharges (appelées aussi centres d’enfouissement technique - CET), les stations d’épuration (STEP) et les centres de compostage. On estime les émissions qui proviennent des décharges en prenant en compte toutes les quantités de déchets enfouies depuis l’ouverture de ces sites, en tenant compte de leur nature, plus ou moins sujette à décomposition. Les émissions liées aux autres types de sources ne dépendent en revanche que des quantités de déchets traitées au cours de l’année étudiée.

Les émissions des polluants atmosphériques à effet sanitaire calculées par Atmo Nouvelle-Aquitaine sont accessibles dans notre inventaire des émissions atmosphériques paru en 2021 pour l'année 2018 (ICARE v3.2.3).

 

D'après l’ORDEC (Observatoire régional des déchets et de l'économie circulaire) Nouvelle-Aquitaine, le volume de déchets ménagers et assimilés produits dans notre région a augmenté sur les 10 dernières années. Chaque Néo-Aquitain.e produit ainsi en moyenne 675 kg de déchets par an (chiffres 2018). Les déchets générés par les activités économiques, avec plus de 7000 milliers de tonnes par an (chiffres 2018), représentent un poids dix fois plus important.

 

Et quand on brûle ses déchets verts, ça donne quoi ?

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Le brûlage à l'air libre
des déchets verts,
c'est interdit toute l'année !

Feuilles mortes, herbe tondue, résidus d’élagage s’entassent au fond de votre jardin ? N’envisagez surtout pas de les brûler. Cela représente tout d’abord un risque d’incendie. Ensuite les fumées libèrent, entre autres polluants, des particules fines nocives pour votre santé. C’est aussi une source de nuisance pour votre voisinage. Et puis brûler ses déchets verts peut être passible d’une amende de 750 €.

Notre conseil : Déposez vos déchets verts en déchetterie ou bien utilisez-les pour pailler votre jardin (c'est la saison !). Vous pouvez aussi pratiquer le mulching (où l'herbe tondue est laissée sur la pelouse pour servir d’engrais naturel) ou le compostage.

Plaquettes et affiche en téléchargement : https://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/brulage-dechets-verts

Evaluer la gêne olfactive autour de centres de stockage des déchets ou d'unités de méthanisation des déchets agricoles

Atmo Nouvelle-Aquitaine peut évaluer la gêne olfactive engendrée par les centres de stockage des déchets ainsi que les unités de méthanisation des déchets agricoles. Par exemple, jusqu'à la fin de l'année 2020, Atmo pilotait trois observatoires d'odeurs autour de deux unités de méthanisation et d'une installation de stockage de déchets :

  • Agri-Seudre Energies à Le Chay (17) : dans le cadre de la mise en place de cette unité de méthanisation agricole avec production de biogaz, un observatoire des odeurs, composé de nez riverains, tous bénévoles, a été créé en octobre 2020. Objectif : évaluer la situation odorante avant et après mise en service du site. Ces nez font des olfactions durant environ 6 mois avant mise en service et environ 9 mois après mise en service,
  • Déméter Energies à Prin-Deyrançon (79) : l’observatoire des odeurs, en lien avec cette unité de méthanisation agricole, a débuté en mars 2018 afin d'évaluer la gêne olfactive avant/après mise en service du site. La surveillance est terminée depuis 2020 du fait d'un impact quasi-négligeable de l'unité de méthanisation sur le paysage odorant du territoire.
  • ValOrizon à Monflanquin (47) : l’observatoire des odeurs, en lien avec l’installation de stockage des déchets, a débuté en février 2018, et se poursuit depuis. 
Zoom sur les nez : il existe différents types de nez dans le vin, la parfumerie… Les définitions suivantes sont valables uniquement pour les observatoires des odeurs.
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- Un nez : c’est une personne qui signale des odeurs dans le cadre d’un observatoire des odeurs. Ce dernier a pour objectif d’accompagner la démarche d’amélioration du cadre de vie olfactif de riverains d’installations industrielles,
- Un jury de nez riverains : il est constitué de nez, bénévoles, riverains d’une ou plusieurs installations industrielles. Ils peuvent avoir été formés ou non à la reconnaissance des odeurs, en fonction du contexte local. Ils ont pour mission de signaler toutes les odeurs perçues à leur domicile ou dans leur environnement.