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À l'occasion de la journée française de l'allergie ce 17 mars 2020, les organismes de surveillance des pollens et moisissures dans l’air ambiant, l’Association des Pollinariums Sentinelles® de France, la Fédération Atmo France (regroupant les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air) et le Réseau National de Surveillance Aérobiologique, publient le rapport de surveillance des pollens et des moisissures dans l'air ambiant en 2019.

Quels résultats de la surveillance en France en 2019 ?

Le rapport 2019 établi par ces 3 organismes, dresse le bilan de la surveillance des émissions de pollens et moisissures dans l’air ambiant. Il fait ressortir les résultats suivants : 

Le cyprès
La saison pollinique des cyprès n’a pas été plus précoce que les années précédentes mais elle a été plus intense, due à des conditions météorologiques très favorables tout au long de la floraison.

Le bouleau
Après des quantités records sur l’année 2018, 2019 a été beaucoup plus calme. Si les tendances globales restent à l’augmentation, la saison 2019 a été en diminution sur une majorité des sites de l’hexagone. 

L’ambroisie
L’année 2019 ne restera pas dans les annales comme une année forte en pollens d’ambroisie. À part quelques sites dans les zones d’infestation, les quantités annuelles de ce pollen sont en diminution. Il faudra attendre plusieurs années pour confirmer si 2019 est une exception due aux conditions météorologiques ou un début de tendance.

Les graminées
Une présence plus précoce pour la flouve et le vulpin et une fin de saison marquée par la présence de ray-grass et fléole 

Une confirmation de l’impact du changement climatique sur la pollinisation et les moisissures
Le changement climatique se manifeste principalement par une élévation des températures moyennes, un allongement des périodes chaudes et une modification du régime des précipitations. Or, la pollinisation est directement liée à la température et aux pluies, qui impactent les dates de floraison et les quantités de pollens émis. Cet effet est néanmoins variable selon les espèces. 

Augmentation pour le bouleau et réduction pour les graminées 
Pour les arbres à chatons et la plupart des plantes vivaces, un climat plus chaud entraîne une forte hausse des quantités de pollen émises. Pour le bouleau, par exemple, la progression au cours des 3 dernières décennies a été comprise, selon les villes françaises, entre 21 et 126 grains par mètre cube d'air et par an. Mais l'inverse a été observé pour les graminées avec, presque partout, une diminution des concentrations de pollen dans l'air. 

Avec des dates de floraison plus ou moins tardives
Les répercussions sur les dates de floraison sont plus complexes. Le début de la saison pollinique du bouleau a ainsi connu jusqu'aux alentours de 2002 une avance moyenne de 0,2 à 7 jours par an, après quoi la tendance s'est inversée, au point que la pollinisation démarre maintenant aussi tard, voire plus tard qu'il y a 30 ans. L'explication la plus plausible est que des hivers trop doux retardent le redémarrage de la végétation, quelle que soit la température du printemps.

Des pollens plus allergisants
Des teneurs atmosphériques croissantes en gaz carbonique CO2 sont susceptibles d'aggraver la fréquence des allergies au pollen, en augmentant de 50 à plus de 200% la production de pollen de chaque fleur de certaines graminées, comme la fléole des prés ou de chaque fleur d'ambroisie. Parallèlement est majorée la quantité de particules allergènes à l'intérieur de chaque grain, ce qui rend le pollen plus allergisant.

Zoom sur la Nouvelle-Aquitaine 

En Nouvelle-Aquitaine, on observe une augmentation du nombre de pollens dans l’air dans le sud de la région, surtout à Bordeaux où l’index pollinique a augmenté de 60% (+12% à Agen et +18% à Mont-de-Marsan). En revanche, on note une nette baisse dans le nord de la région (-48% à La Rochelle, -34% à Angoulême, -31% à Limoges, -27% à Niort). Cette baisse et cette hausse entraînent une stabilité de la moyenne régionale par rapport à 2018.

On peut constater une forte diminution du nombre de pollens de bouleau dans l’air par rapport à 2018 au niveau régional. En effet, l’année 2018 avait présenté des taux records de ce pollen dans l’air, principalement dans la moitié nord de la région et notamment à Limoges. Le nombre total de pollens de bouleau est passé de 45787 grains à 3368 grains.

Étant localisées au centre de plusieurs territoires colonisés par l'ambroisie, Mareuil et Angoulême continuent d’être impactées par cette plante invasive. Il y avait déjà eu une baisse d’ambroisie en 2018 par rapport à l’année 2017 et on observe encore une baisse cette année : -45% en moyenne sur la région.

Seuls Mareuil et Angoulême présente des niveaux élevés mais en baisse par rapport aux 4 années précédentes : respectivement -30% et -48% par rapport à 2018. Périgueux, qui avait comptabilisé en 2018 autant de grains de pollens d’ambroisie qu’à Angoulême, redescend en 2019 au même niveau que les sites où l’on observe peu d’ambroisie (-79%).

Sur le reste de la région Nouvelle-Aquitaine, les index polliniques des autres sites sont également en baisse.