Actualité
26 mars 2019
Santé
Observatoire de la qualité de l’air

Pollution de l'air : quelle situation sur Bordeaux Métropole ?

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Initiée par Bordeaux Métropole, une synthèse sur l'impact de la pollution atmosphérique sur la santé des habitants de Bordeaux Métropole vient d'être publiée. Elle présente un état des lieux des dernières données disponibles sur le territoire. Elle a été élaborée par l'ORS, l'ARS, la CIRE et Atmo Nouvelle-Aquitaine.

La pollution de l'air : quelle source sur Bordeaux Métropole ?

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Répartition des émissions totales sur Bordeaux Métropole en 2014 selon la source

Sur Bordeaux métropole, 150 décès par an sont imputables à la pollution de l'air

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Les effets de la pollution de
l’air sur la santé sont observés à la fois à :

  • court terme (une exposition de quelques heures à quelques jours) : irritations oculaires ou des voies respiratoires, crises d’asthme, exacerbation de troubles cardio-vasculaires et respiratoires pouvant conduire à une hospitalisation, et dans les cas les plus graves au décès ;
  • long terme (une exposition de plusieurs années) : les effets sur la santé peuvent dans ce cas être définis comme la contribution de cette exposition au développement ou à l’aggravation de maladies chroniques telles que des cancers, des pathologies cardiovasculaires et respiratoires, des troubles neurologiques, etc. 

A long terme, la pollution de l'air est plus meurtrière que les accidents de la route, les suicides ou l'alcool sur Bordeaux Métropole. Ce sont les expositions chroniques à la pollution de l'air qui conduisent aux effet sanitaires les plus importants.

La part des effets sanitaires attribuables aux pics de pollution est très fable (- de 1% des décès sur la zone de Bordeaux Métropole)

 

Des inégalités importantes sur la métropole bordelaise

La carte de modélisation des concentrations de particules fines (PM2,5) en 2017 met en évidence des disparités territoriales face à l’exposition à ces particules. Les niveaux les plus élevés en PM2,5 sont rencontrés le long des axes à fort trafic (autoroutes A10/A63 et rocade). Mais c’est en particulier à proximité des axes intra-rocade (boulevards périphériques, cours et quais), là où elle réside, que la population est soumise à l’exposition aux particules fines la plus importante. On retrouve schématiquement les mêmes cartes de modélisation pour les autres polluants qui ont un rôle important sur la santé de la population à savoir les PM10 et le dioxyde d’azote (NO2)

Une nouvelle carte stratégique Air sur Bordeaux Métropole

La nouvelle carte stratégique air (CSA), élaborée par Atmo Nouvelle-Aquitaine en 2016, permet de visualiser la qualité de l’air d’un territoire sur une carte unique simplifiée, à partir d’un indicateur construit selon une méthodologie nationale intégrant plusieurs polluants (PM10, PM2,5, NO2) et plusieurs années d’études.
Plus facile à appréhender, cet outil devrait permettre de mieux identifier les zones de vigilance et ainsi améliorer la prise en compte de l’air dans les documents de planification et les projets d’aménagements de la métropole. Recoupé avec d’autres types informations (bâtiments d’habitations, population,...), cet outil permet d’estimer les zones et populations exposées à de potentiels dépassements ou à des dépassements avérés des valeurs réglementaires sur les polluants majeurs, en particulier dans les zones dites « air prioritaire » où des efforts particuliers doivent être menés.

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L’Indice Pollution Population (IPP) cartographié vient compléter la CSA pour déterminer spécifiquement les zones à la fois peuplées et exposées à des niveaux importants de pollution.
Un indice 100 indique que la pollution et la densité de population sont maximales a contrario d’un indice 0 où elles sont nulles. Entre 0 et 100, chacune vient contribuer proportionnellement à l’indice. Ainsi, si la zone de la rocade apparaît particulièrement polluée, peu d’habitations y sont concentrées, contrairement aux boulevards, aux quais et au centre-ville de Bordeaux, où l’impact de la pollution sur le plan sanitaire sera le plus important.

 

 

 

 

 

 

Un coût économique et financier de plus de 300 millions d'euros par an sur Bordeaux Métropole

Selon les données publiées en 2012 du projet européen APHEKOM sur le coût sanitaire des impacts de la pollution de l’air sur la santé, le coût économique est largement dominé par l’impact à long terme de l’exposition aux PM2,5 sur la mortalité. Sur la zone d’étude de Bordeaux, il était ainsi estimé que si les niveaux moyens annuels de particules fines (PM2,5) étaient ramenés au seuil de 10 μg/m3 (valeur guide de l’OMS), alors à long terme, le bénéfice économique associé à la mortalité et au gain d’espérance de vie serait de plus de 300 millions d’euros par an. Pour les impacts à court terme, le bénéfice économique associé à la mortalité est estimé à environ 1,2 million d’euros par an si les niveaux de PM10 étaient ramenés au seuil de 20 μg/m3  et à près de 260 000 € par an si les valeurs guides pour l’ozone étaient respectées (aucun dépassement). Les coûts liés aux hospitalisations pour les impacts à court terme sont moins élevés mais représentent tout de même un bénéfice associé de 166 000 € par an pour une baisse des PM10 et de 7 000 € pour l’ozone.