Actualité
14 juin 2019
Atmo Nouvelle-Aquitaine
Observatoire de la qualité de l’air

Métier inventoriste : les émissions de polluants atmosphériques à la loupe

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Quel est l’impact du trafic routier sur l’air dans mon département ? Quels sont les polluants les plus présents sur mon territoire ? Quelle est la contribution de ma collectivité aux émissions de gaz à effet de serre ? Telles sont les questions sur lesquelles Louise Declerck, ingénieure d'étude inventoriste chez Atmo Nouvelle-Aquitaine, travaille. On vous propose cette semaine, à travers son regard, de vous faire découvrir le métier méconnu d'inventoriste, maillon essentiel de la surveillance de la qualité de l'air.

En quête de cohérence et d'exhaustivité

Atmo Nouvelle-Aquitaine : A quoi sert un inventaire des émissions de polluants atmosphériques ?

Louise Declerck : Outre la mesure des polluants atmosphériques, il est incontournable de connaître les contributions de chaque secteur d'activité dans les rejets de polluants. Les émissions sont les rejets dans l’atmosphère de composés et de gaz à effet de serre générés par les activités humaines et naturelles. Réaliser un inventaire revient à identifier et quantifier les sources responsables de ces émissions en tout point du territoire pour une période donnée. Un tel outil permet alors de répondre plus précisément à la mission de surveillance de la pollution atmosphérique.

Atmo Nouvelle-Aquitaine : Avec qui travailles-tu ?

Louise Declerck : Un inventoriste ne travaille pas tout à fait seul. Il peut participer au Club Inventoriste des AASQA mais également aux divers groupes de travail nationaux existants. Ces réunions permettent de créer des moments d’échanges nécessaires à l’amélioration continue des outils et des méthodologies ainsi qu’à leur harmonisation.

Atmo Nouvelle-Aquitaine : Quelles sont les contraintes de ton métier ?

Louise Declerck : La contrainte majeure du métier est l’adaptation de l’outil aux disponibilités des ressources provenant de divers organismes. Certains résultats peuvent perdre en qualité dans le cas où les données nécessaires à leur calcul sont modifiées, incomplètes ou cessent d’être produites.

Atmo Nouvelle-Aquitaine : Quels outils utilises-tu ?

Louise Declerck : L’outil principal que j’ai à ma disposition est un gestionnaire de base de données par lequel j’accède aux données d’entrée, je peux ainsi les gérer, en importer ou en supprimer d’autres. Je peux aussi directement développer ou modifier les processus de calculs des émissions. En complément, un système d’information géographique m’offre la possibilité de visualiser les résultats mais également de procéder à certaines techniques de calcul.

Un inventaire, c’est non seulement satisfaire une demande réglementaire mais participer directement à l’amélioration de notre connaissance de la qualité de l’air sur notre territoire.

Atmo Nouvelle-Aquitaine : Pourrais-tu nous décrire une journée type ?

Louise Declerck : Sans grande surprise, l’inventoriste inventorie. Je liste et classifie les émissions du territoire régional. Le quotidien d’un inventoriste est ponctué d’échanges avec ses collègues pour se tenir à jour des dernières avancées du projet. Il lui arrive aussi de contacter des inventoristes d’autres régions pour collecter diverses informations méthodologiques ou bénéficier tout simplement d'un coup de pouce. Je suis également en contact avec l’Observatoire Régional de l’Energie, de la biomasse et des Gaz à Effet de Serre (Oreges) dans le cadre d’une convention d’échanges de données.

Atmo Nouvelle-Aquitaine : Sur quoi travaillles-tu en ce moment ?

Louise Declerck : Actuellement je travaille à la mise à jour de nos inventaires. Ainsi nous disposerons bientôt de l’évolution des émissions secteur par secteur au fil des actualisations (5 années disponibles : 2010, 2012, 2014, 2015 et 2016). Une des premières tâches consiste alors à collecter les données d’entrée, qu’il s’agisse de données statistiques ou de facteurs d’émissions. Les changements dans le nombre de sources d’émissions comme la création ou la disparition d’une route ou la fermeture d’une usine, sont intégrés lors de la mise à jour. En somme, on obtient un diagnostic des émissions régionales le plus complet possible. Depuis deux ans je suis en charge de la mise à jour des secteurs tertiaire, traitement des déchets et biotique.

Inventoriste, un savoir-faire étendu

Atmo Nouvelle-Aquitaine : Quel profil faut-il avoir pour devenir inventoriste ?

Louise Declerck : Il n’existe pas à ma connaissance d’école ou de formation dédiées au métier d’inventoriste. On le devient directement lors d’une embauche professionnelle par exemple. Une formation environnementale avec une thématique atmosphère ou air permet d’accéder au métier. Mais la meilleure école reste l’expérience acquise en équipe ou seul, sans oublier les multiples tâtonnements et les essais moins fructueux.

Atmo Nouvelle-Aquitaine : Quelles sont les qualités requises pour être un bon inventoriste ?

Louise Declerck : Il faut être rigoureux, organisé et avoir le souci de la traçabilité. Des compétences en logiciel de traitement de données et en SIG sont un atout, sans oublier une pointe de débrouillardise.

Atmo Nouvelle-Aquitaine : Dans quel contexte as-tu été embauchée chez Atmo Nouvelle-Aquitaine ?

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Louise Declerck : J’ai été embauchée en tant qu’inventoriste chez Atmo Nouvelle-Aquitaine et aussi lors de ma précédente expérience professionnelle. Au cours de ces dernières années, j’ai été amenée à produire un inventaire des émissions du début à la fin, actualiser les résultats sur une année spécifique, ou encore participer à la valorisation des résultats. Les compétences et savoir-faire utiles dans ce métier peuvent évoluer si les outils changent, si notre champ d’action se spécialise à une ou plusieurs sources de pollution.

Atmo Nouvelle-Aquitaine : Comment évolue ton métier ?

Louise Declerck : Les perspectives induites par un projet si vaste peuvent impliquer une réorientation des missions d’un inventoriste : l’aspect production peut laisser place à l’aspect valorisation. En effet, son exploitation et son application servent aux travaux de prévisions, de cartographies d’estimation des concentrations de polluants, aux demandes locales (bénéficiaires extérieurs comme les collectivités, Oreges…) ou aux évaluations environnementales (étude d’impact, aide à la décision).

Dans chaque région, l'Etat confie aux AASQA la réalisation d'un inventaire régional spatialisé. Cet inventaire identifie et quantifie les sources de pollution sur un territoire donné à l'échelle de la région, de la communnauté de communes. Il permet d’évaluer les politiques de réduction des pollutions et d’alimenter les modèles de prévision de la qualité de l’air.