Actualité
9 novembre 2017
Pesticides
Problèmes émergents / Attentes sociétales

L'ANSES publie ses recommandations pour la surveillance des pesticides dans l'air ambiant

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A la demande des ministères en charge de l'agriculture, de l'écologie, de la santé et du travail, l'ANSES a publié le 19 octobre dernier les résultats de son expertise scientifique, prémices de la mise en place d'un dispositif national de surveillance des pesticides dans l'air ambiant.

L'expertise s'est appuyée sur les données en pesticides dans l'air ambiant des Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l'Air (AASQA) collectées depuis plus de dix ans en plusieurs points du territoire mais qui en l'absence de réglementation spécifique demeurent partielles et hétérogènes.

Cette expertise a conduit à établir une liste de 90 substances à surveiller en priorité dans l'air ambiant et à émettre des recommandations sur la stratégie d'échantillonnage et les modalités de prélèvement et d'analyse.

Substances à surveiller en priorité

Près de 90 substances prioritaires ont été identifiées pour être prises en compte, en fonction de leur potentiel de présence dans l’air et de leur potentiel de danger.

Le terme « pesticide », tel qu’il a été pris en compte dans l’expertise, recouvre un grand nombre de substances chimiques entrant dans la composition des produits phytopharmaceutiques ainsi que de certains biocides, médicaments vétérinaires et antiparasitaires à usage humain. Certaines substances peuvent en outre ne plus être utilisées, mais être présentes dans l’environnement du fait de leur biopersistance.

La liste des substances à surveiller devra être complétée ultérieurement au regard du risque pour les écosystèmes et prise en considération pour mieux renseigner l’exposition humaine aux pesticides dans les environnements intérieurs.

Protocole harmonisé de mesure

L'Anses  souligne la nécessité de définir un protocole harmonisé de mesures des pesticides dans l’air ambiant applicable au territoire métropolitain et aux départements et régions d’outre-mer. 

Pour cela, elle préconise une campagne exploratoire dont le protocole sera défini par le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l'air (LCSQA), en lien avec plusieurs AASQA, sur la base de tests métrologiques qui sont déjà en cours. L’Anses contribuera au financement de cette campagne par son dispositif de phytopharmacovigilance, dans le cadre d’un partenariat avec le LCSQA et la Fédération ATMO.

A son issue, les experts recommandent la réalisation d'un retour d'expérience destinée à définir la stratégie de surveillance nationale à mettre en œuvre. Ce retour d'expérience portera sur le choix des molécules prioritaires, les situations d'exposition à prendre en compte, ainsi que sur les critères de classification et de sélection des sites.

"Cette surveillance doit permettre in fine, d'évaluer l'exposition chronique de la population générale et les risques sanitaires associés", explique l'Agence. Ces données, ajoute-t-elle, permettront d'informer la population et de prendre le cas échéant des mesures adaptées visant à réduire les expositions. Elles seront également utilisées dans le cadre du dispositif de phytopharmacovigilance, dont l'Anses a la charge et qui a pour objectif de surveiller les effets indésirables des produits phytopharmaceutiques disponibles sur le marché.

Outre cette surveillance nationale, l'ANSES recommandent la mise en place de campagnes de mesure ponctuelles visant à évaluer l'exposition des populations à proximité des zones les plus impactées par les pesticides : zones agricoles, silos mais aussi gares, aéroports et zones industrielles.

(sources ANSES - Actu-environnement.com)