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Atmo Nouvelle-Aquitaine publie aujourd’hui les résultats de son étude sur la présence de pesticides « domestiques » dans l’air à l’intérieur des habitations. Menée de 2018 à 2020, cette étude s’inscrit dans le cadre de l’action 10.5 du plan régional santé environnement (PRSE) de Nouvelle-Aquitaine qui vise à améliorer la connaissance des expositions des habitants aux biocides à leur domicile. C’est la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) Nouvelle-Aquitaine qui pilote cette action, en partenariat avec l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine.

À l’intérieur des bâtiments, l’air peut présenter une pollution très différente de l’air extérieur. Ainsi, la qualité de l’air intérieur de certains établissements recevant du public (écoles, collèges…) est déjà réglementée, sur la base de valeurs guides existantes pour certaines substances préoccupantes (comme le formaldéhyde ou le benzène).

Ce n’est pas le cas pour les biocides, et plus généralement les pesticides, potentiellement présents dans l’air intérieur. À ce jour très peu de mesures de leurs concentrations dans l’air des logements sont disponibles à l’échelle nationale.

Améliorer la connaissance sur la qualité de l’air intérieur des logements

C’est pour améliorer la connaissance sur la qualité de l’air intérieur des logements qu’Atmo Nouvelle-Aquitaine a réalisé une campagne de mesure dans 22 logements de l’agglomération de La Rochelle. Afin d’être représentative de l’activité des habitants des logements uniquement, l’étude a exclu la recherche des pesticides utilisés en agriculture et a ciblé celle des pesticides à usage « domestique » :

  • Produits insecticides ou antiparasitaires à usage vétérinaire pour les chiens et les chats
  • Herbicides ou fongicides « domestiques » pour le traitement des plantes
  • Pesticides présents dans les objets ou meubles neufs
  • Traitements anti-termites
  • Traitement d’aliments stockés dans le logement

Les principaux résultats

Sur les 35 recherchées, 18 molécules de pesticides ont été détectées dans l’air des logements.

Parmi celles-ci, ce sont les insecticides qui présentent les plus fortes concentrations dans l’air, en particulier ceux utilisés contre les termites. Certaines molécules détectées peuvent ne pas avoir été utilisées par les habitants des logements, mais peuvent être émises par des meubles ou des tissus traités avant leur achat.

Les herbicides ont été très peu détectés, malgré la présence d’un jardin attenant à la résidence dans 68% des logements étudiés.
 

 

D’une manière générale et par principe de précaution, il est nécessaire de limiter au maximum l’utilisation de biocides/pesticides et de veiller à renouveler l’air de son logement au moins 10 minutes par jour, pour réduire efficacement et régulièrement son exposition quotidienne à la pollution domestique.

Les résultats de cette étude régionale seront complétés et enrichis par ceux de la seconde campagne nationale logements que l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a engagée fin 2020. Cette nouvelle campagne vise à déterminer l’évolution de la qualité de l’air dans les logements en France depuis la première campagne nationale menée en 2003-2005 et à rechercher plus spécifiquement des polluants émergents, perturbateurs endocriniens et pesticides. Ces données permettront de pallier le manque de connaissances sur notre exposition au quotidien dans notre logement