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Depuis un mois, la majorité des Néo-Aquitains est confinée à son domicile à cause du Covid-19. Atmo Nouvelle-Aquitaine a dressé le bilan de l'impact de ce premier mois de confinement sur la qualité de l'air. Ce travail confirme, comme nous l'avions déjà observé au fil des dernières semaines, que le confinement a un impact très net sur la pollution atmosphérique d'origine routière : la pollution par le dioxyde d'azote a baissé environ de moitié près des axes de circulation. Les autres polluants de l'air (ozone, pollens, particules...) sont peu influencés par la réduction de l'activité humaine.

Pendant le confinement le dioxyde d'azote se raréfie dans l'air

En Nouvelle-Aquitaine, le confinement a un impact très positif sur la pollution de l'air par le dioxyde d'azote (NO2). Nos ingénieur.e.s s'y attendaient. En effet en temps normal, les oxydes d'azote sont émis à près de 70 % par les transports (Cf. notre inventaire régional des émissions polluantes). La réduction importante de la circulation automobile entraîne une nette baisse des rejets de ces gaz et donc des concentrations en NO2 dans l'atmosphère. Ainsi, pendant les quatre premières semaines de confinement, les niveaux moyens de ce polluant mesurés par nos stations sont systématiquement inférieurs aux minima mesurés depuis 2015 à la même période de l'année. L'écart est le plus marqué sur les stations situées sous l'influence directe des axes routiers (Cf. graphique suivant) : il y oscille selon les semaines entre -41% et -58% par rapport à la médiane des cinq dernières années.

Evolution des concentrations moyennes hebdomadaires de dioxyde d'azote (NO2) dans l'air de la région près des axes de circulation, entre le mois précédant le confinement (du 10 février au 15 mars) et le 1er mois de confinement (du 16 mars au 12 avril) :

Graphique NO2 (mis à jour le 7 mai 2020)
graphique mis à jour le 7 mai 2020
Zoom sur notre méthode d'évaluation de l'impact du confinement sur la qualité de l'air : Les résultats présentés dans cet article sont issus de la comparaison des concentrations moyennes hebdomadaires de polluants mesurées dans l'air néo-aquitain en mars / avril 2020 par rapport aux normales de saisons. Ces normales sont calculées d'après notre historique de mesures sur les cinq dernières années (2015−2019). Pour cela, chaque semaine, les normales sont évaluées sur une période correspondant à 4 semaines avant et 4 semaines après la semaine comparée. Par exemple, pour comparer la moyenne hebdomadaire de la semaine du 6 au 12 avril, nos ingénieur.e.s ont utilisé les mesures comprises entre les 9 mars et les 10 mai des cinq années précédentes. Ceci leur permet de s'affranchir au mieux des conditions météorologiques, variables au jour le jour, tout en gardant le caractère saisonnier des normales.
Nos ingénieur.e.s ont sélectionné trois normales saisonnières : le minimum, le maximum et la médiane. La médiane est la moyenne hebdomadaire située au milieu de notre échantillon historique : 50% des moyennes hebdomadaires historiques sont en dessous et l'autre moitié est au dessus.

L'ozone et les pollens restent de saison

Ozone (O3)

L'augmentation des températures observées la semaine dernière a engendré une légère augmentation des concentrations d'ozone sur l'ensemble de la région. En effet, l'ozone est un polluant dit "secondaire", c'est-à-dire qu'il n'est pas directement rejeté dans l'atmosphère par une source de pollution : il se forme dans l'atmosphère à partir d'autres polluants (NO2, COV...) au cours de réactions photo−chimiques. Ainsi la formation de ce gaz est favorisé par un bon ensoleillement et de fortes chaleurs.

Le confinement n'a pas d'impact sur les concentrations d'ozone mesurées ces quatre dernières semaines. En effet, les niveaux mesurés pendant le confinement sont très similaires aux normales saisonnières.

Evolution des concentrations moyennes hebdomadaires d'ozone (O3) dans l'air loin des axes de circulation,
entre le mois précédant le confinement (du 10 février au 15 mars) et le 1er mois de confinement (du 16 mars au 12 avril) :

Graphique 03 (mis à jour le 7 mai 2020)
graphique mis à jour le 7 mai 2020

Pollens

Cette semaine, le risque d'allergie est à nouveau élevé dans le nord de la région. En cause : les pollens de bouleau présents en très fortes concentrations dans l'air. Dans le sud de la région, c'est la floraison des platanes qui constitue un risque d'allergie qualifié de moyen par notre partenaire RNSA. Attention aussi aux pollens de graminées qui arrivent, même si le risque est encore faible.

Risques d'allergie aux pollens évalués par le RNSA en Nouvelle-Aquitaine pour la semaine du 13 avril 2020 :

Carte des risques d'allergie aux pollens
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Des hausses des particules dans l'air fin mars

Pour les particules (PM10 et PM2,5), Atmo Nouvelle-Aquitaine n'a pas mis en évidence d'impact du confinement sur les niveaux mesurés dans la région. La pollution atmosphérique par les particules depuis le confinement est équivalente aux normales de saison. Ceci s'explique par le fait que les particules ont des origines diverses : chauffage, travail des sols agricoles, trafic, ou encore formation de particules secondaires telles que le nitrate d'ammonium. Le confinement réduit les rejets de particules d'origine automobile, mais leurs autres sources d'émissions restent actives.

Après une augmentation des niveaux de particules durant les deux premières semaines de confinement, en particulier les 21 et 28 mars, les concentrations en particules en suspension sont nettement redescendues depuis la 3e semaine de confinement, suite notamment à quelques épisodes pluvieux (30 mars et 6 avril). Durant la 4e semaine de confinement, les températures ont bien augmenté, avoisinant les 25°C du 9 au 11 avril, ce qui a favorisé la volatilisation du nitrate d'ammonium et donc une diminution des concentrations en particules secondaires qui étaient essentiellement composées de nitrate d'ammonium. De plus, l'humidité matinale a été légèrement plus faible que les semaines précédentes, limitant la formation de nouvelles particules de nitrate d'ammonium. Une diminution des épandages d'engrais azotés et d'effluents d'élevage peut également être à l'origine de cette diminution. Enfin, la part du chauffage sur les concentrations de particules est également à la baisse en raison des températures plus clémentes nécessitant une utilisation moindre du chauffage domestique.

Evolution des concentrations moyennes hebdomadaires de particules PM10 dans l'air de la région loin des axes de circulation routière, entre le mois précédant le confinement (du 10 février au 15 mars) et le 1er mois de confinement (du 16 mars au 12 avril) :

Graphique PM10 (mis à jour le 7 mai 2020)
graphique mis à jour le 7 mai 2020

La qualité de l'air avant / pendant le confinement sur les 12 départements de la région

Les tableaux suivants récapitulent l'impact de ce premier mois de confinement sur la qualité de l'air des douze départements de la région. Trois polluants représentatifs ont été sélectionnés : dioxyde d'azote, particules PM10 et ozone.

Pourcentages d’évolution des concentrations moyennes hebdomadaires de dioxyde d'azote (NO2) dans l'air pendant les quatre premières semaines de confinement (du lundi 16 mars au dim. 12 avril) par comparaison aux normales de saison (médiane 2015-2019) :

Département

Agglomérations

près des axes de circulation routière : semaines n°12 à 15

loin des axes de circulation routière : semaines n°12 à 15

Charente (16)

Angoulême

de -43 à -68%

de -42 à -60%

Charente-Maritime (17)

La Rochelle

-

de -41 à -59%

Corrèze (19)

Brive / Tulle

-

de -49 à -59%

Creuse (23)

Guéret

-

de -21 à -28%

Dordogne (24)

Périgueux

-

de +6% à -20%

Gironde (33)

Bordeaux

de -26 à -48%

de -33 à -51%

Landes (40)

Dax / Mont-de-Marsan

de -40 à -58%

de -44 à -59%

Lot-et-Garonne (47)

Marmande

de -36 à -54%

-

Pyrénées-Atlantiques (64)

Bayonne

de -50 à -65%

de -36 à -60%

Pau

de -61 à -73%

-

Deux-Sèvres (79)

Niort

de -37 à -60%

-

Vienne (86)

Poitiers

de -39 à -63%

de -27 à -44%

Haute-Vienne (87)

Limoges

de -32 à -53%

de -42 à -59%

 

Pourcentage d’évolution des concentrations moyennes hebdomadaires de particules PM10 dans l'air pendant les quatre premières semaines de confinement (du lundi 16 mars au dim. 12 avril) par comparaison aux normales de saison (médiane 2015-2019) :

Département

Agglomérations

près des axes de circulation routière : semaines n°12 à 15

loin des axes de circulation routière : semaines n°12 à 15

Charente (16)

Angoulême

de +29 à -29%

de +53 à +5%

Charente-Maritime (17)

La Rochelle

-

de +25 à -18%

Corrèze (19)

Brive / Tulle

-

de + 9 à -19%

Creuse (23)

Guéret

-

de +57 à -4%

Dordogne (24)

Périgueux

-

de +36 à -18%

Gironde (33)

Bordeaux

de +21 à -28%

de +59 à -9%

Landes (40)

Dax / Mont-de-Marsan

de +28 à -20%

de +46 à -20%

Lot-et-Garonne (47)

Marmande

de +29 à -17%

-

Pyrénées-Atlantiques (64)

Bayonne

de -12 à -59%

de +20 à -53%

Pau

de +35 à -18%

de +56 à -19%

Deux-Sèvres (79)

Niort

de +31 à -11%

-

Vienne (86)

Poitiers

de +21 à -22%

de +42 à -15%

Haute-Vienne (87)

Limoges

de +32 à -25%

de + 94 à +13%

 

Pourcentage d’évolution des concentrations moyennes hebdomadaires d'ozone (O3) dans l'air pendant les quatre premières semaines de confinement (du lundi 16 mars au dim. 12 avril) par comparaison aux normales de saison (médiane 2015-2019) :

Département

Agglomérations

loin des axes de circulation routière : semaines n°12 à 15

Charente (16)

Angoulême

de +24 à -3%

Charente-Maritime (17)

La Rochelle

de +6 à -21%

Corrèze (19)

Brive / Tulle

de +37 à +3%

Creuse (23)

Guéret

de +28 à -19%

Dordogne (24)

Périgueux

de +9 à -15%

Gironde (33)

Bordeaux

de +6 à -11%

Landes (40)

Dax / Mont-de-Marsan

de +4 à -24%

Lot-et-Garonne (47)

Marmande

-

Pyrénées-Atlantiques (64)

Bayonne

de +7 à -14%

Pau

de +4 à -26%

Deux-Sèvres (79)

Niort

-

Vienne (86)

Poitiers

de +18 à -17%

Haute-Vienne (87)

Limoges

de +25 à -15%

 

Vous voulez en savoir davantage sur les liens entre pollution de l'air et Covid-19 ? Atmo France vient de publier une FAQ sur les interactions entre qualité de l’air et Covid-19. Vous y trouverez les réponses aux 10 questions que les Français.e.s se posent le plus.