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Depuis le 17 mars, le Covid-19 oblige la majorité des Français à rester confinés chez eux. Dans ce contexte, le trafic automobile et l'activité humaine dans son ensemble ont diminué. Atmo Nouvelle-Aquitaine a décidé d'étudier l'impact de ces changements sur la qualité de l’air de la région. En attendant le bilan complet, chaque semaine nos ingénieur.e.s partagent avec vous leurs conclusions quant à l'impact du Covid-19 sur l'air que nous respirons en Nouvelle-Aquitaine.

Impact sur la qualité de l’air du 9 au 23 mars

Le confinement mis en place depuis le 17 mars pour lutter contre le Covid-19 a fait diminuer les concentrations de dioxyde d’azote, polluant principalement issu des gaz d'échappement automobile. En revanche, le confinement n'a pas eu le même impact sur tous les polluants, notamment les particules. Deux raisons à cela : certaines activités, notamment agricoles et résidentielles, sont maintenues et la météorologie joue un rôle important dans l’état de la qualité de l’air. On peut toutefois penser que la diminution du trafic routier a limité l’augmentation des particules en suspension PM10.
 

Ces résultats ont été obtenus sur une période qui n’est pas suffisamment représentative de la situation de confinement. Nous les réactualiserons chaque semaine pendant la période de confinement. Un bilan complet sera réalisé une fois que les restrictions d’activité auront été levées.

 

Zoom sur le dioxyde d'azote

Depuis le début du confinement, on observe une baisse des concentrations du dioxyde d’azote sur l’ensemble des grandes agglomérations de la région. Toutes les stations de mesure d'Atmo Nouvelle-Aquitaine sont concernées, qu'elles soient situées sous l’influence habituelle du trafic automobile ou qu'elles soient de fond (c'est-à-dire éloignées des axes de circulation). Ceci est lié à la forte baisse du trafic routier.

 

Pourcentage d’évolution des concentrations moyennes hebdomadaires de dioxyde d'azote dans l'air avant / après la mise en confinement (avant = du mardi 10 au lundi 16 mars - après = du mardi 17 au lundi 23 mars) :

  Angoulême Bayonne Bordeaux La Rochelle Limoges Pau Poitiers
sous influence du trafic -38% -47% -30% - -40% -58% -39%
sous influence de fond -36% -37% -28% -17% -37% - -10%
sous influence industrielle - - -38% - - - -

 

Evolution des concentrations moyennes journalières de dioxyde d'azote dans l'air, avant et pendant le confinement, sur deux stations de mesure représentatives :

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Zoom sur les particules fines PM10

Depuis le 17 mars, on observe une augmentation globale des concentrations de particules en suspension PM10. Cette hausse est liée à la fois :

  • au maintien des activités agricoles (épandages) et du chauffage des logements (chauffage au bois) ;

  • et à l’augmentation des températures qui favorise la création de particules secondaires.​

 

Pourcentage d’évolution des concentrations moyennes hebdomadaires de particules en suspension PM10 dans l'air avant / après la mise en confinement (avant = du mardi 10 au lundi 16 mars - après = du mardi 17 au lundi 23 mars) :

  Angoulême Bayonne Bordeaux La Rochelle Limoges Pau Poitiers
sous influence du trafic +19% -8% +24% - +59% +45% +38%
sous influence de fond +14% +15% +45% +23% +81% +56% +102%

 

Evolution des concentrations moyennes journalières de particules PM10 en suspension dans l'air, avant et pendant le confinement, sur deux stations de mesure représentatives :

lim_pm10_actu_covid19.png

Zoom sur deux cas particuliers

 

Jeudi 19 mars 2020 : le sud de la Nouvelle-Aquitaine est soumis à des particules sableuses provenant d'Afrique sub-saharienne.

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Le 19 mars dans le sud de la région, les appareils de mesure d'Atmo Nouvelle-Aquitaine ont détecté un apport de poussières sub-sahariennes au niveau des Pyrénées-Atlantiques et des Landes.

Samedi 21 mars 2020 : le nord de la Nouvelle-Aquitaine connaît sa première hausse de particules PM10 du printemps. 

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Le samedi 21 mars, la part des particules secondaires (nitrate d’ammonium) a augmenté dans le nord de la région (Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne). Ceci est corrélé à l’augmentation des températures, et dû aux activités agricoles maintenues (épandages). Cela a dégradé la qualité de l'air sur ce secteur géographique. Le maximum avoisine les 40 µg/m3 de particules PM10, ce qui est inférieur au 1er seuil de déclenchement du dispositif préfectoral d'alerte (50 µg/m3). Sans le confinement, un épisode de pollution particulaire serait probablement survenu le 21 mars.

 

 

À la suite des annonces gouvernementales concernant la pandémie du COVID-19, Atmo Nouvelle-Aquitaine s’est organisé pour maintenir ses missions essentielles réglementaires de mesure, de prévision et d’information du public et des autorités sur la qualité de l’air.
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