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La majorité des Néo-Aquitains est confinée chez soi depuis le 17 mars. Objectif : limiter la propagation de l'épidémie au Covid-19. Ce confinement a un impact très net sur la pollution atmosphérique d'origine routière. Ainsi, pendant cette troisième semaine de confinement, le dioxyde d'azote, polluant traceur des gaz d'échappement, a vu ses concentrations baisser de moitié par rapport à une semaine normale. Les autres polluants de l'air (ozone, particules PM10...) sont peu influencés par la réduction de l'activité humaine.

Le dioxyde d'azote, grand gagnant du confinement

Pour le dioxyde d'azote (NO2), le confinement a un impact très net sur ses concentrations dans l'air de Nouvelle-Aquitaine. En effet, le NO2 étant un polluant traceur du trafic routier, la réduction importante de la circulation routière entraîne donc une forte baisse de ses concentrations dans l’atmosphère. Ainsi, en Nouvelle-Aquitaine la pollution moyenne de cette troisième semaine de confinement est inférieure à la moyenne hebdomadaire la plus basse mesurée depuis 2015, et ce sur la quasi−totalité de nos sites de mesure. Avec -57%, cette baisse est plus importante sur nos stations de mesure proches des axes de circulation routière que celles qui en sont éloignées (-43%).

Evolution des concentrations moyennes hebdomadaires de dioxyde d'azote (NO2) dans l'air néo-aquitain entre une semaine normale (médiane calculée sur un historique de 2015 à 2019) et la 3e semaine de confinement (du 30 mars au 5 avril 2020) :

graphique_evolution_no2.png

NDLR : graphique mis à jour le 9 avril 2020 à 11h45

Pour comparer les concentrations de polluants mesurées dans l'air cette semaine, nous nous sommes appuyés sur notre historique de mesures des cinq dernières années (2015−2019). Les niveaux de concentrations dans l’atmosphère étant saisonniers, nous avons comparé notre semaine de mesure avec une période correspondant à quatre semaines avant et quatre semaines après celle−ci (c'est-à-dire entre les 2 mars et les 3 mai des cinq années précédentes). Ceci nous a permis de nous affranchir au mieux des conditions météorologiques, variables au jour le jour, tout en gardant leur caractère saisonnier. Audrey, Perrine et Vladislav, ingénieur.e.s d'étude à Atmo Nouvelle-Aquitaine.

 

Pour le dioxyde d'azote, c'est tous les jours dimanche

Pendant cette troisième période de confinement, tous les jours la pollution moyenne par le dioxyde d'azote a été inférieure à celle habituellement enregistrée le dimanche, jour de la semaine où elle est habituellement la plus faible.

Profil hebdomadaire de la pollution de l'air par le dioxyde d'azote près des axes de circulation routière
entre une semaine normale (de 2015 à 2019) et la troisième semaine de confinement (du 30 mars au 5 avril 2020)

graphique_profil_no2_semaine.png

Pour les autres polluants, le confinement a peu d'influence

Polluants chimiques

Pour les particules (PM10 et PM2,5), le confinement n’a pas de réel impact sur les niveaux mesurés dans l'air de la région : les niveaux en particules de cette troisième semaine de confinement sont équivalents aux normales de saison. En effet, les particules ont des origines diverses : chauffage, travail des sols agricoles, trafic, ou encore formation de particules secondaires. Ainsi, malgré la réduction du trafic routier due au confinement, les autres sources d’émissions de particules restent actives.

Même constat pour l’ozone (O3) : le confinement n’a pas d’impact sur les concentrations mesurées cette semaine. Elles sont très similaires aux concentrations normales.

Profil hebdomadaire de la pollution de l'air par l'ozone (O3) loin des axes de circulation routière
entre une semaine normale (de 2015 à 2019) et la troisième semaine de confinement (du 30 mars au 5 avril 2020)

graphique_profil_o3_jour.png

Pollens

Le confinement limite certainement les allergies aux pollens, puisque confinées chez elles, les personnes allergiques sont moins exposées aux pollens présents dans l'air l'extérieur. En ce moment, ce sont les pollens d'arbre qui sont prédominants : cyprès, frêne, peuplier et platane... Selon notre partenaire RNSA, cette semaine le risque d'allergie est moyen dans le sud de la région. Dans le nord, le risque est élevé en raison des pollens de bouleau.

Risques d'allergie aux pollens évalués par le RNSA en Nouvelle-Aquitaine pour la semaine du 6 avril 2020 :

carterisquesallergiepollens.jpg
legend_pollens.png

 

Toutes les évolutions par départements

Les tableaux suivants récapitulent l'impact de cette troisième semaine de confinement sur la qualité de l'air des douze départements de la région. Trois polluants représentatifs ont été sélectionnés : dioxyde d'azote, particules PM10 et ozone. Si vous voulez en savoir plus sur ces chiffres, vous pouvez contacter notre service communication.
 

Pourcentage d’évolution des concentrations moyennes hebdomadaires de dioxyde d'azote (NO2) dans l'air entre une semaine normale (médiane calculée sur un historique de 2015 à 2019) et la 3e semaine de confinement (du lundi 30 mars au dim. 5 avril) :

Département

Agglomérations

près des axes de circulation routière : semaine n°14

loin des axes de circulation routière : semaine n°14

Charente (16)

Angoulême

-68%

-57%

Charente-Maritime (17)

La Rochelle

-

-59%

Corrèze (19)

Brive / Tulle

-

-49%

Creuse (23)

Guéret

-

-24%

Dordogne (24)

Périgueux

-

+6%

Gironde (33)

Bordeaux

-46%

-48%

Landes (40)

Dax / Mont-de-Marsan

-40%

-45%

Lot-et-Garonne (47)

Marmande

-54%

-

Pyrénées-Atlantiques (64)

Bayonne

-60%

-55%

Pau

-70%

-

Deux-Sèvres (79)

Niort

-59%

-

Vienne (86)

Poitiers

-62%

-44%

Haute-Vienne (87)

Limoges

-51%

-48%

 

Pourcentage d’évolution des concentrations moyennes hebdomadaires de particules PM10 dans l'air entre une semaine normale (médiane calculée sur un historique de 2015 à 2019) et la 3e semaine de confinement (du lundi 30 mars au dim. 5 avril) :

Département

Agglomérations

près des axes de circulation routière : semaine n°14

loin des axes de circulation routière : semaine n°14

Charente (16)

Angoulême

-29%

+5%

Charente-Maritime (17)

La Rochelle

-

-18%

Corrèze (19)

Brive / Tulle

-

-19%

Creuse (23)

Guéret

-

-4%

Dordogne (24)

Périgueux

-

-18%

Gironde (33)

Bordeaux

-28%

-9%

Landes (40)

Dax / Mont-de-Marsan

-16%

+2%

Lot-et-Garonne (47)

Marmande

-17%

-

Pyrénées-Atlantiques (64)

Bayonne

-54%

-42%

Pau

+4%

+15%

Deux-Sèvres (79)

Niort

-11%

-

Vienne (86)

Poitiers

-22%

-15%

Haute-Vienne (87)

Limoges

-25%

+13%

 

Pourcentage d’évolution des concentrations moyennes hebdomadaires d'ozone (O3) dans l'air entre une semaine normale (médiane calculée sur un historique de 2015 à 2019) et la 3e semaine de confinement (du lundi 30 mars au dim. 5 avril) :

Département

Agglomérations

loin des axes de circulation routière : semaine n°14

Charente (16)

Angoulême

+19%

Charente-Maritime (17)

La Rochelle

+7%

Corrèze (19)

Brive / Tulle

+19%

Creuse (23)

Guéret

+9%

Dordogne (24)

Périgueux

-6%

Gironde (33)

Bordeaux

+2%

Landes (40)

Dax / Mont-de-Marsan

-3%

Lot-et-Garonne (47)

Marmande

-

Pyrénées-Atlantiques (64)

Bayonne

-1%

Pau

-2%

Deux-Sèvres (79)

Niort

-

Vienne (86)

Poitiers

+17%

Haute-Vienne (87)

Limoges

+12%

 

La pollution de l’air a-t-elle un impact sur la pandémie de Covid-19 ? Aggrave-t-elle l’impact sanitaire du Covid-19 ? La propagation du virus est-elle favorisée par la présence de particules dans l’air ? Atmo France répond à ces questions que beaucoup de Français et Françaises se posent : https://www.atmo-na.org/sites/aq/files/atoms/files/200327_interaction_qa_covid19.pdf