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Pendant deux mois, la majorité des Néo-Aquitains est restée confinée à son domicile à cause du Covid-19. Atmo Nouvelle-Aquitaine dresse aujourd'hui le bilan de l'impact de ces deux mois de confinement sur la qualité de l'air. Ce travail confirme, comme nous l'avions déjà observé au fil des semaines, que le confinement a eu un impact très net sur la pollution atmosphérique d'origine routière : en moyenne à l'échelle de la région, la pollution par le dioxyde d'azote a baissé de plus de moitié près des axes de circulation. Les autres polluants de l'air (particules, pollens...) ont été peu influencés par la réduction de l'activité humaine.

-53% de dioxyde d'azote dans l'air près des axes de circulation néo-aquitains

En Nouvelle-Aquitaine, le confinement a eu un impact très positif sur la pollution de l'air par le dioxyde d'azote (NO2). En effet, la réduction importante de la circulation automobile a entraîné une nette baisse des rejets de ces gaz et donc des concentrations en NO2 dans l'atmosphère. Ainsi pendant les huit semaines de confinement, les niveaux moyens de ce polluant mesurés par nos stations ont été systématiquement inférieurs aux minima mesurés depuis 2015 à la même période de l'année. L'écart est le plus marqué sur les stations situées sous l'influence directe des axes routiers (Cf. graphique suivant) : la baisse de la pollution y a oscillé selon les semaines entre -39% et -67% par rapport à la médiane des cinq dernières années.

NB : en temps normal en Nouvelle-Aquitaine, les oxydes d'azote sont émis à près de 70 % par les transports (Cf. notre inventaire régional des émissions polluantes).

Evolution des concentrations moyennes hebdomadaires de dioxyde d'azote (NO2) dans l'air de la région
près des axes de circulation routière en 2020 (orange foncé) en comparaison des normales de saison (orange clair) :

Graphique NO2
Zoom sur notre méthode d'évaluation de l'impact du confinement sur la qualité de l'air : les résultats présentés dans cet article sont issus de la comparaison des concentrations moyennes hebdomadaires de polluants mesurées dans l'air néo-aquitain de janvier à mai 2020 par rapport aux normales de saison.
Ces normales sont calculées d'après notre historique de mesures sur les cinq dernières années (2015−2019). Pour cela, chaque semaine, les normales sont évaluées sur une période correspondant à 4 semaines avant et 4 semaines après la semaine comparée. Par exemple, pour comparer la moyenne hebdomadaire de la semaine du 4 au 10 mai, nos ingénieur.e.s ont utilisé les mesures comprises entre le 6 avril et le 2 juin des cinq années précédentes. Ceci leur permet de s'affranchir au mieux des conditions météorologiques, variables au jour le jour, tout en gardant le caractère saisonnier des normales.
NB : la médiane est la moyenne hebdomadaire située au milieu de notre échantillon historique : la moitié des moyennes hebdomadaires historiques est en dessous et l'autre moitié est au dessus. 
Le confinement a eu un impact principalement sur la pollution d'origine routière. Les autres sources de polluants atmosphériques ont continué à exister pendant le confinement : chauffage des logements, travail des sols agricoles, épandage d'engrais azotés ou lisiers, floraison des arbres, nuages de poussières en provenance du désert... 

Plusieurs hausses de pollution par les particules malgré le confinement

Les sources de pollution par les particules sont d'origines variées : chauffage, agriculture, industrie, trafic routier, nature. Les hausses de pollution enregistrées en mars et avril l'ont confirmé :

  • Ainsi le 19 mars dans le sud de la région, les appareils de mesure d'Atmo Nouvelle-Aquitaine ont détecté un apport de poussières sub-sahariennes au niveau des Pyrénées-Atlantiques et des Landes,
  • Puis nos stations de mesure situées dans le nord de la région ont détecté deux hausses successives de particules en suspension PM10 dans l'air, les 21 et 28 mars. Il s'agissait de particules secondaires, principalement composées de nitrate d'ammonium, mais également, dans une moindre mesure, de celles rejetées par le chauffage au bois. L'épisode le plus marqué, celui du 28 mars, n'était pas spécifique de notre région : la majeure partie du nord de la France a subi ce phénomène de pollution, ces particules pouvant voyager sur plusieurs kilomètres,
  • Une 4e hausse a été mesurée dans la région bordelaise le 22 avril.

Lors des deux dernières semaines de confinement, les concentrations en particules PM10 et PM2,5 dans l'air sont nettement redescendues. Plusieurs raisons peuvent être avancées : le changement des conditions météorologiques (épisodes pluvieux, hausse des températures), la diminution de l'utilisation du chauffage dans les logements et des épandages d'engrais azotés et d'effluents d'élevage (fumiers, lisiers).

Bois de chauffage, bons gestes
épandage de lisier

 

Evolution des concentrations moyennes hebdomadaires de particules en suspension PM10 dans l'air de la région
loin des axes de circulation routière en 2020 (bleu foncé) en comparaison des normales de saison (bleu clair) :

Graphique PM10

Des risques élevés, voire très élevés, d'allergie aux pollens pendant 6 semaines sur 8

Dès fin mars, le risque d'allergie aux pollens, évalué par le RNSA, s'est élevé au niveau 4 sur une échelle maximale de 5, d'abord dans la Creuse. C'était la floraison des bouleaux qui était en cause. A partir de début avril, tous les départements du nord de la région ont connu des indices élevés de risque d'allergie. Au fil du mois d'avril, les risques élevés d'allergie ont gagné le centre puis le sud de la région. Début mai, ce sont les pollens de graminées qui engendraient le plus fort risque d'allergie.

Risques d'allergie aux pollens pendant le confinement en Nouvelle-Aquitaine (source : RNSA)

semaine du 16/03/2020 (n°12) :
Carte des risques d'allergie aux pollens - semaine 12
semaine du 23/03/2020 (n°13) :
Carte des risques d'allergie aux pollens - semaine 13
legend_pollens.png
semaine du 30/03/2020 (n°14) :
Carte des risques d'allergie aux pollens - semaine 14
semaine du 06/04/2020 (n°15) :
Carte des risques d'allergie aux pollens - semaine 15
semaine du 13/04/2020 (n°16) :
Carte des risques d'allergie aux pollens - semaine 16
semaine du 20/04/2020 (n°17) :
Carte des risques d'allergie aux pollens - semaine 17
semaine du 27/04/2020 (n°18) :
Carte des risques d'allergie aux pollens - semaine 18
semaine du 04/05/2020 (n°19) :
Carte des risques d'allergie aux pollens - semaine 19

Tous les chiffres pour la région et chaque département

Les tableaux suivants récapitulent pour la région et ses douze départements, les pourcentages d’évolution des concentrations moyennes hebdomadaires de polluants dans l'air pendant les huit semaines de confinement (du lundi 16 mars au dimanche 10 mai) par comparaison aux normales de saison (médiane 2015-2019). Quatre polluants représentatifs ont été sélectionnés : dioxyde d'azote (NO2), particules PM2,5 et PM10 et ozone (O3).

Lexique : fond = loin des axes de circulation routière - trafic = près des axes de circulation routière

Région Nouvelle-Aquitaine :

Tableau région

Charente (16) - Angoulême :

Tableau 16

Charente-Maritime (17) - La Rochelle :

Tableau 17

Corrèze (19) - Brive / Tulle :

Tableau 19

Creuse (23) - Guéret :

Tableau 23

Dordogne (24) - Périgueux :

Tableau 24

Gironde (33) - Bordeaux :

Tableau 33

Landes (40) - Dax / Mont-de-Marsan :

Tableau 40

Lot-et-Garonne (47) - Marmande :

Tableau 47

Pyrénées-Atlantiques (64) - Bayonne :

Tableau 64 CDA Pays Basque

Pyrénées-Atlantiques (64) - Pau :

Tableau 64 CDA Pau

Deux-Sèvres (79) - Niort :

Tableau 79

Vienne (86) - Poitiers :

Tableau 86

Haute-Vienne (87) - Limoges :

Tableau 87