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Le gouvernement a publié cet été son plan d’actions pour réduire de 50% les émissions de particules fines du chauffage au bois domestique. Atmo Nouvelle-Aquitaine vous en dit plus.

Le chauffage au bois, source significative de particules fines

Le chauffage au bois est promu en France notamment pour lutter contre le dérèglement climatique. Cependant, utilisé dans de mauvaises conditions, le bois peut émettre plus de polluants que d’autres combustibles, et notamment des particules fines.

En Nouvelle-Aquitaine, le chauffage au bois est responsable de 30% des émissions en PM10 et de 53% des émissions en PM2,5 tous secteurs confondus. La part du chauffage au bois représente 94% des émissions du secteur résidentiel/tertiaire pour les PM10 et les PM2,5 en Nouvelle-Aquitaine.

Or, les particules fines sont responsables de plus de 40 000 décès par an en France selon Santé Publique France. Une part importante de ces décès pourrait être évitée si les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé étaient respectées.

Les principaux facteurs influençant la qualité de la combustion du chauffage au bois

Selon le gouvernement, les principaux facteurs qui influencent sur la qualité de la combustion du chauffage au bois, et donc sur les émissions de particules fines, sont :

  • la performance de l’appareil : il faut utiliser un appareil récent, correctement dimensionné et bien entretenu ;
  • l’utilisation d’un combustible de bonne qualité avec un faible taux d’humidité, qui permet une combustion plus performante et plus économe pour le consommateur ;
  • les pratiques d’utilisation : il est préférable d’utiliser une méthode d’allumage par le haut, d’éviter une allure de fonctionnement ralentie et de s’assurer que l’apport d’air est suffisant.

Ainsi, pour les équipements les plus anciens et les moins performants, la prise en compte de ces trois facteurs peut permettre de diviser par 10 les émissions de particules fines.

Un plan d’actions pour rendre le mode de chauffage au bois plus performant

Le plan d’actions du gouvernement s’articule autour des axes suivants :

  • sensibiliser le grand public à l’impact sur la qualité de l’air d’un chauffage au bois avec des appareils peu performants ou un combustible de mauvaise qualité. A ce titre, la vétusté d’un appareil de chauffage au bois sera désormais indiquée dans le nouveau diagnostic de performance énergétique. Les ramonages, rendus obligatoires une fois par an, seront l’occasion de rappeler les subventions disponibles pour remplacer un appareil peu performant et fortement émetteur de particules fines. Enfin, une campagne de communication annuelle et nationale sera menée par le ministère de la Transition écologique avant chaque période de chauffe, au mois octobre ;
  • renforcer et simplifier les dispositifs d’accompagnement pour accélérer le renouvellement des appareils de chauffage au bois. 600 000 appareils seront remplacés d’ici 2025 grâce aux aides à la rénovation énergétique des logements (MaPrimeRenov) et aux fonds air bois mis à disposition par les collectivités territoriales et l’ADEME. Ces aides peuvent atteindre jusqu’à  90% du coût d’un nouvel équipement pour les ménages les plus modestes.
  • améliorer la performance des nouveaux équipements de chauffage au bois en faisant évoluer le label flamme verte au-delà du seuil « 7 étoiles » pour définir des niveaux de performance plus protecteurs pour la qualité de l’air ;
  • promouvoir l’utilisation d’un combustible de qualité en développant un label pour attester de la qualité du combustible (faible taux d’humidité) et de son origine (issu de forêts gérées durablement). Par ailleurs, le ministère de la Transition écologique déterminera un seuil maximal d’humidité auxquels devra répondre le bois de chauffage mis à la vente afin de réduire les émissions de particules lors de sa combustion ;
  • encadrer l’utilisation du chauffage au bois dans les zones les plus polluées, en prenant des mesures adaptées aux territoires pour réduire les émissions de particules fines. La loi Climat & Résilience prévoit désormais que les préfets prennent les mesures locales nécessaires avant le 1er janvier 2023 pour atteindre une réduction de 50% des émissions de particules fines du chauffage résidentiel biomasse entre 2020 et 2030 dans les zones couvertes par un plan de protection de l’atmosphère (PPA).