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Et de 7 ! Les semaines de confinement se succèdent, et la semaine écoulée témoigne de niveaux de pollution faibles. Revenons sur 7 chiffres qui ont marqué ces 7 premières semaines de confinement.

-51% de baisse de la pollution de l'air par le dioxyde d'azote 

Le confinement a un impact très net sur la pollution provenant du trafic routier. En effet, le nombre de véhicules ayant fortement diminué sur les axes de circulation, les émissions de gaz d'échappement ont elles aussi diminué. Par exemple, pour le dioxyde d'azote (NO2) qui est un excellent traceur de la pollution automobile, nous avons constaté sur les sept semaines de confinement à l'échelle de toute la région, une baisse moyenne de -51% par rapport aux normales de saison.

NB : bien que le trafic routier ait repris légèrement ces dernières semaines, la pollution par le NO2 ne suit pas cette tendance pour l'instant. Les épisodes pluvieux des derniers jours, par le lessivage de l'atmosphère qu'ils ont engendré, ont certainement contribué à ce que les niveaux de pollution azotée restent faibles.

Evolution des concentrations moyennes hebdomadaires de dioxyde d'azote (NO2) dans l'air de la région
près des axes de circulation routière en 2020 (avant le confinement et pendant le confinement du 16 mars au 3 mai) :

Graphique NO2

4 hausses de pollution par les particules malgré le confinement

Le confinement a un impact principalement sur la pollution d'origine routière. Les autres sources de polluants atmosphériques sont restées actives pendant le confinement : chauffage des logements, travail des sols agricoles, épandage d'engrais azotés ou lisiers, floraison des arbres, nuages de poussières en provenance du désert... 

Ces autres sources de pollution ont été visibles pour les particules, dont on sait qu'elle sont d'origines variées : chauffage, agriculture, industrie, trafic routier, nature :

  • Ainsi le 19 mars dans le sud de la région, les appareils de mesure d'Atmo Nouvelle-Aquitaine ont détecté un apport de poussières sub-sahariennes au niveau des Pyrénées-Atlantiques et des Landes.
  • Puis nos stations de mesure situées dans le nord de la région ont détecté deux hausses successives de particules en suspension PM10 dans l'air, les 21 et 28 mars. Il s'agissait de particules secondaires, principalement composées de nitrate d'ammonium, mais également, dans une moindre mesure, de celles rejetées par le chauffage au bois. Cet épisode de pollution n'était pas spécifique de notre région : la majeure partie du nord de la France a subi ce phénomène de pollution, ces particules pouvant voyager sur plusieurs kilomètres.
  • Une 4e hausse a été mesurée dans la région bordelaise le 22 avril.

Actuellement, les concentrations en particules en suspension sont nettement redescendues. Plusieurs raisons peuvent être avancées : le changement des conditions météorologiques (épisodes pluvieux, hausse des températures), la diminution de l'utilisation du chauffage dans les logements et des épandages d'engrais azotés et d'effluents d'élevage.

Hausse de la pollution par les particules en suspension PM10 le 28 mars
à l'échelle de la Nouvelle-Aquitaine (à gauche) et de la France (à droite)

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capture_prevair_28mars2020_particulespm10_moyennejournaliere.jpg

source : www2.prevair.org

   

Evolution des concentrations moyennes hebdomadaires de particules en suspension PM10 dans l'air de la région
loin des axes de circulation routière en 2020 (avant le confinement et pendant le confinement du 16 mars au 3 mai) :

Graphique PM10

96% des mesures automatiques disponibles pour les polluants réglementés 

Depuis le début du confinement, Atmo Nouvelle-Aquitaine assure la continuité de la surveillance de la qualité de l’air sur l’ensemble de la région. En concertation avec ses partenaires nationaux, l'observatoire s’est organisé pour maintenir ses missions essentielles réglementaires de mesure, de prévision et d’information du public et des autorités sur la qualité de l’air. 

Ainsi, nous avons décidé d'assurer en priorité la maintenance des stations de mesure automatique dont les données doivent être remontées chaque année à l'échelon européen. Cela représente plus de la moitié de nos stations. Nos autres stations de mesure ont continué à fonctionner mais sans intervention pour la plupart. 

De mi-mars à début mai, le taux de fonctionnement global de nos mesures automatiques est de 96 % pour les polluants réglementés et de 72 % pour les autres polluants. A noter toutefois que des données pourraient devoir être invalidées une fois tous les contrôles qualité réalisés après le déconfinement.

Cliquez sur l'image pour visiter virtuellement une de nos stations de mesure :

visitevirtuellestation.jpg
Précision sur nos cartes de prévision : La production de nos cartes de prévision à l'échelle des grandes agglomérations a dû être suspendue temporairement, car elles ne sont plus représentatives de la réalité. En effet, les données statistiques de trafic routier à partir desquelles nos prévisions urbaines sont calculées, ne sont pas représentatives de la situation actuelle de confinement. Nous continuons toutefois à assurer la prévision de la qualité de l'air à l'échelle globale de la région. Cette prévision régionale nous permet de calculer chaque jour les indices prévus de la qualité de l'air à l'échelle de toutes les communes et des principales agglomérations.

4 techniciens continuent à sillonner la région

La surveillance de la qualité de l’air se poursuit dans le respect des consignes gouvernementales visant à protéger nos collaborateurs et à limiter la propagation de l’épidémie. Ainsi chaque semaine, quatre techniciens d'exploitation du réseau de mesure assurent à tour de rôle, la maintenance des appareils.

Maintenance d'un appareil de mesure

3 ingénieur.e.s mobilisé.e.s pour évaluer l'impact du confinement sur la qualité de l'air

Les données produites par nos appareils de mesure sont transmises et stockées en base de données puis validées par les techniciens et les ingénieur.e.s avant d'être exploitées.

Depuis le début du confinement, trois ingénieur.e.s sont mobilisé.e.s pour traiter chaque semaine ces données. Ils ont mis au point une méthode d'évaluation de l'impact du confinement sur la qualité de l'air en Nouvelle-Aquitaine et créé plusieurs nouveaux indicateurs pour comparer la situation 2020 à celles des années passées. Les normales saisonnières sont calculées d'après notre historique de mesures sur les cinq dernières années (2015−2019). Pour cela, chaque semaine, les normales sont évaluées sur une période correspondant à 4 semaines avant et 4 semaines après la semaine comparée. Ceci permet de s'affranchir au mieux des conditions météorologiques, variables au jour le jour, tout en gardant le caractère saisonnier des normales.

5,5 millions de données traitées chaque lundi

Atmo Nouvelle-Aquitaine dispose d'une immense base de données de qualité de l'air. Pour étudier l'impact du confinement sur la qualité de l'air, nous nous sommes appuyés d'une part, sur l'historique de nos mesures sur les cinq dernières années (2015−2019) et d'autre part, sur les mesures produites au fil des semaines de confinement par notre quarantaine de stations fixes de mesure.

Cela représente au total 5,5 millions de données, qui sont utilisées chaque semaine pour évaluer l'impact du confinement sur la qualité de l'air.

4 polluants sélectionnés pour évaluer l'impact du confinement sur la QA

Quatre polluants indicateurs de la pollution urbaine et réglementés en France ont été sélectionnés : dioxyde d'azoteozoneparticules en suspension PM10 et particules fines PM2,5. Des indicateurs complémentaires ont été utilisés pour étudier l'origine des particules fines : ammonium, carbone suie, nitrate, sulfate...

6 semaines avec des risques élevés d'allergie aux pollens

Dès fin mars, le risque d'allergie aux pollens est devenu élevé (niveau 4 sur une échelle maximale de 5) d'abord dans la Creuse, en raison de la floraison des bouleaux. A partir de début avril, tous les départements du nord de la région ont connu des indices élevés de risque d'allergie. Au fil du mois d'avril, les risques élevés d'allergie ont gagné le centre puis le sud de la région.

Cette semaine, toute la région connaît un risque élevé d'allergie aux pollens de graminées. D'après le RNSA, la présence de ces pollens dans l'air devrait être favorisée par le temps qui s'annonce très doux et ensoleillé.

Risques d'allergie aux pollens évalués par le RNSA en Nouvelle-Aquitaine pour la semaine du 4 mai 2020 :

Carte des risques d'allergie aux pollens
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Les allergiques doivent bien suivre leur traitement
et limiter leur exposition aux pollens de graminées. 
(RNSA)

Tous les chiffres pour la région et chaque département

Les tableaux suivants récapitulent pour la région et ses douze départements, les pourcentages d’évolution des concentrations moyennes hebdomadaires de polluants dans l'air pendant les six premières semaines de confinement (du lundi 16 mars au dim. 3 mai) par comparaison aux normales de saison (médiane 2015-2019).

Lexique : fond = loin des axes de circulation routière - trafic = près des axes de circulation routière

Région Nouvelle-Aquitaine :

Tableau NA

Charente (16) - Angoulême :

Tableau 16

Charente-Maritime (17) - La Rochelle :

Tableau 17

Corrèze (19) - Brive / Tulle :

Tableau 19

Creuse (23) - Guéret :

Tableau 23

Dordogne (24) - Périgueux :

Tableau 24

Gironde (33) - Bordeaux :

Tableau 33

Landes (40) - Dax / Mont-de-Marsan :

Tableau 40

Lot-et-Garonne (47) - Marmande :

Tableau 47

Pyrénées-Atlantiques (64) - Bayonne :

Tableau 64 CDA Pays Basque

Pyrénées-Atlantiques (64) - Pau :

Tableau 64 CDA Pau

Deux-Sèvres (79) - Niort :

Tableau 79

Vienne (86) - Poitiers :

Tableau 86

Haute-Vienne (87) - Limoges :

Tableau 87