Partager :

Le nez qui coule, les yeux qui grattent la gorge qui pique, des difficultés à respirer... Et si c'était les signes d'une allergie saisonnière ? Comme chaque année, entre 10 et 20 % de la population française seront touchés par ces pollinoses, ou « rhumes des foins », avec tous les désagréments que cela comporte, notamment la rhinite allergique qui constitue un facteur de risque important de l’asthme. 
A l’occasion de la journée française de l’allergie, Atmo Nouvelle-Aquitaine vous guide pour mieux comprendre ce phénomène.

« On a tendance à associer pollens et printemps, mais les pollens s’installent progressivement dès le mois de février jusqu’à fin septembre", explique Nathalie Delaunay, analyste pollens pour Atmo Nouvelle-Aquitaine.

Ce sont les arbres qui ont donné le coup d’envoi de la saison pollinique « les cyprès, les frênes, les aulnes et les noisetiers ont déjà commencé à polliniser avec les températures douces constatées au mois de janvier » précise la spécialiste.
Enfin, le bouleau, particulièrement allergisant, est généralement observé sur les capteurs à partir du mois de mars. 
Puis, une deuxième vague de pollens va déferler pendant l’été : celle des graminées. 
En août-septembre, ce sera au tour de l’ambroisie de polliniser. La saison des prélèvements prend fin au mois d’octobre.

Atmo Nouvelle-Aquitaine et le comptage des pollens

L’observatoire régional de l’air participe à la surveillance des pollens allergisants pilotée à l'échelle française par le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA), en collaboration avec les collectivités et l’Agence Régionale de la Santé (ARS).

La Nouvelle-Aquitaine compte ainsi douze capteurs implantés à Agen, Angoulême, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Limoges, Mareuil, Mont -de-Marsan, Niort, Pau, Périgueux, et Poitiers. Atmo Nouvelle-Aquitaine se charge du comptage des pollens sur les sites d’Angoulême, La Rochelle, Limoges, Niort et Poitiers , et transmet ses données au RNSA qui calcul ensuite un indice pollinique.

Ces mesures permettent d’informer les personnes allergiques afin qu’elles puissent anticiper et ajuster leur traitement en fonction des niveaux relevés, et d’apporter des connaissances utiles aux professionnels de santé pour affiner leurs diagnostics. 

Connaître le risque allergique par région

En période pollinique (février – septembre), Atmo Nouvelle-Aquitaine relaie chaque semaine sur son site web une « carte de vigilance » basée sur les informations transmises par le RNSA. Cette carte permet de connaître le risque allergique d’exposition ainsi que les pollens dominants dans sa région. 

Atmo nouvelle-Aquitaine propose également de recevoir gratuitement chaque semaine, par e-mail, les indices polliniques relevés en Nouvelle-Aquitaine.  

Nouvelle-Aquitaine : quel bilan pour les pollens en 2017 ?

A l’échelle française, si le RNSA constate un index pollinique 2017 en baisse par rapport à 2015 et 2016, ce n’est pas le cas en Nouvelle-Aquitaine. En 2017, l’index pollinique moyen de la région est en hausse par rapport à 2016. Il se rapproche de l’index pollinique de l’année 2015 qui présentait les niveaux de pollens les plus forts de ces 15 dernières années.
Localement, les sites d’Angoulême, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Limoges ou encore Pau confirment une tendance en augmentation constante depuis une dizaine d’années. Bordeaux enregistre même une différence de plus de 40 % par rapport à 2016.

Concernant l’ambroisie, la saison pollinique a été plus longue que d’ordinaire et les allergiques ont été gênés plus longtemps. Au niveau national, si l’index pollinique annuel est en diminution par rapport à 2016, il reste toutefois supérieur à 2012 et 2014 et dans une valeur élevée par rapport aux années 2000. 

Sur la Nouvelle-Aquitaine, les niveaux d’ambroisie sont relativement stables, excepté à Mareuil (24) et Angoulême (16). Ces deux villes localisées au centre de plusieurs territoires colonisés par cette plante invasive, enregistrent les niveaux les plus élevés de la région. Le site de Mareuil est également l’un des plus élevés de France et bat un nouveau record avec un index pollinique annuel en augmentation de 72% par rapport à 2016.

retrouvez le bilan pollens régional 2017 ici

Pourquoi les pollens nous rendent allergiques ? 

Pour provoquer une réaction allergique, il faut que le pollen soit émis en grande quantité, qu'il soit de petite taille et qu'il ait un fort pouvoir allergisant. C'est le cas particulièrement des ambroisies, cyprès ou encore bouleau. D’autres facteurs peuvent aussi accroître les allergies, comme la pollution de l’air, l´existence de réactions croisées entre pollens ou avec certains aliments, ou encore l’existence d’un terrain génétique.

Conseils pratiques aux allergiques

- Éviter le jardinage, la tonte de la pelouse ou les balades à la campagne les jours chauds et ensoleillés, surtout si la saison des pollens et graminées bat son plein.

- Fermer les fenêtres en fin de matinée jusqu’au milieu d’après-midi : c’est le moment où les pollens sont très présents dans l’air. En voiture, rouler les vitres fermées.

- se laver les cheveux chaque soir si vous avez une rhinite allergique, pour bien vous débarrasser des pollens.

FOCUS SUR :
Pollinarium sentinelles ®  : un outil contre les allergies !
C'est quoi ? Le pollinarium sentinelles ®  est un espace vert où sont observées les principales espèces locales de végétaux dont le pollen est allergisant. Cet outil de surveillance des pollens a vu le jour grâce à l'Association des Pollinarium Sentinelles de France (APSF). Ce dispositif vient en complément des capteurs de pollens (RNSA) implantés dans les villes.
Le principe ?  Les plantes allergisantes sont observées quotidiennement par des agents des espaces verts afin de détecter le début et la fin de leur floraison. Les informations relevées sont ensuite validées par l’APSF puis transmises par Atmo Nouvelle-Aquitaine aux personnes allergiques inscrites à la newsletter gratuite (Alerte pollens ! ).
L’objectif ? permettre aux allergiques de bénéficier d'un traitement préventif plutôt que curatif en commençant leur traitement avant l'apparition des premiers symptômes.
Il en existe une dizaine en France dont deux en Nouvelle-Aquitaine : Limoges (87) et  Sainte-Feyre (23). Deux autres devraient voir le jour à Lanmary (24) et La Rochelle (17) en 2019.

Vous pouvez vous inscrire gratuitement aux alertes pollens ! sur : www.alertepollens.org