Particules fines PM10 : Etude de la composition chimique et des sources de particules sur le centre-ville de Poitiers

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Etudes
26 janvier 2017

Une étude menée en 2013 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS a montré que la pollution de l’air extérieur était carcinogène, les matières particulaires étant le polluant associé le plus étroitement à une incidence accrue de cancers, en particulier du poumon.

En 2012, on estimait à 3,7 millions le nombre de décès prématurés causés dans le monde par la pollution ambiante aux particules fines dans les zones urbaines et rurales. Il existe un lien étroit et quantitatif entre l’exposition à des concentrations élevées en particules (PM10 et PM2,5 ) et un accroissement des taux de mortalité et de morbidité, au quotidien aussi bien qu’à long terme. Même à faible concentration, la pollution aux particules fines a une incidence sanitaire : aucun seuil n’a été identifié au-dessous duquel elle n’affecte en rien la santé.

Selon une étude de Santé Publique France, publiée en juin 20162, dans un scénario sans pollution atmosphérique par les particules, où la qualité de l’air en France continentale serait identique à celle de ces communes les moins polluées (5 μg/m3), plus de 48 000 décès seraient évités chaque année en France dont environ 3 500 en Nouvelle-Aquitaine.

Ces constats sanitaires mettent en évidence l’importance d’agir pour réduire les concentrations de particules fines présentes dans l’air. Le rôle d’Atmo Nouvelle-Aquitaine, l’observatoire régional de l’air, est de fournir aux décideurs l’ensemble des informations nécessaires à la mise en oeuvre et l’évaluation des politiques de réduction des niveaux de particules.

Atmo dispose pour cela depuis de plus d’une vingtaine d’années d’un réseau d’analyseurs sur la région qui mesure en continu la concentration dans l’air des particules fines PM10 et PM2.5.

En complément, depuis maintenant plus de deux ans, des travaux sont menés en collaboration avec le LCSQA (Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l’air) sur le centre-ville de Poitiers, dans le but d’étudier la composition chimique des particules.
A travers leur composition, il est possible d’évaluer la contribution des différentes sources d’émissions, et donc de cibler les secteurs émetteurs dans la mise en oeuvre des politiques urbaines.

ATMO a notamment équipé sa station de Poitiers-centre d’une nouvelle génération d’appareils de mesure qui permet d’étudier en temps réel la composition chimique des particules fines (AE33, ACSM).

La composition des particules en zones urbaines est particulièrement complexe de par la multitude des sources d’émission et des mécanismes de transformation physico –chimique impliqués. Sont présentes des sources anthropiques (trafic routier, chauffage au bois, industrie,…) et naturelles (sels de mer, poussières terrigènes entre autres), toutes ayant des compositions chimiques spécifiques.

Ce rapport présente les résultats des travaux de caractérisation des particules et de leur origine menés en 2015 et début 2016 sur le centre-ville de Poitiers.