Les principaux polluants surveillés

Partager :
Constitue une pollution atmosphérique l’introduction par l’homme, directement ou indirectement, dans l’atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives. »
Loi sur l'air et l'utilisation de l'éenrgie - 30 décembre 1996.

 

Polluants primaires et secondaires :

Les polluants primaires se distinguent habituellement des polluants secondaires. Les premiers sont émis par une source directement dans l’atmosphère, alors que les seconds proviennent de la transformation des polluants primaires suite à différentes réactions chimiques.
Les polluants primaires (oxydes d’azote et particules en suspension) présentent des concentrations hivernales plus importantes qu’en été, en raison notamment de conditions de stabilité de l’atmosphère plus fortes.
L’ozone est un polluant secondaire dont la production est essentiellement liée à l’intensité du rayonnement solaire. Ainsi, les niveaux au printemps et en été sont plus élevés en comparaison avec ceux relevés durant les périodes automnales et hivernale

particules en suspension et fines 
ozone 
oxydes d'azote
dioxyde de soufre
monoxyde de carbone
composés organiques volatils non méthaniques
plomb et autres métaux toxiques
hydrocarbures aromatiques polycycliques
dioxines
pesticides
pollens

Les particules en suspension et fines (PM10 & PM2.5)

Origines

Les particules en suspension proviennent surtout de la sidérurgie, des cimenteries, de l'incinération de déchets, de la manutention de produits pondéraux, minerais et matériaux et de la circulation automobile.
Les poussières se distinguent entre elles par leur taille. Les poussières dites "respirables", sont celles qui ont un diamètre aérodynamique moyen inférieur à 10 µm (notée PM10). Leur taille est suffisamment faible pour rentrer dans les poumons. Elles sont générées par les activités anthropiques telles que les industries, le chauffage domestique ou encore le trafic automobile.
Les particules fines (< 2,5 µm, notées PM2.5) sont principalement émises par les véhicules diesel. La taille de ces poussières leur permet de pénétrer dans les alvéoles pulmonaires et donc d'interagir fortement avec le corps humain.

Effets sur la santé

Les plus grosses particules sont retenues par les voies aériennes supérieures. Les plus fines, à des concentrations relativement basses, peuvent, surtout chez l'enfant, irriter les voies respiratoires inférieures et altérer la fonction respiratoire dans son ensemble. Certaines particules ont des propriétés mutagènes et cancérigènes : c'est le cas de celles qui véhiculent certains hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Des recherches sont actuellement développées en Europe, au Japon, aux Etats-Unis pour évaluer l'impact des émissions des véhicules diesel.
Effets sur l'environnement
Les effets de salissure sont les plus évidents.

Focus sur la réglementation : 

Décret 2010-1250 du 21 octobre 2010
Particules en suspension (PM10)

Seuil d'information-recommandations 50 µg/m3 en moyenne journalière à 8h ou 14h locale
Seuil d'alerte 80 µg/m3 en moyenne journalière à 8h ou 14h locale
Valeurs limite

90,4 % des moyennes journalières doivent être inférieures à 50 µg/m3 (35 dépassements autorisés par an)

40 µg/m3 (moy. annuelle)

Objectif de qualité 30 µg/m3 (moy. annuelle)

 

Décret 2010-1250 du 21 octobre 2010
Particules fines (PM2.5)

Valeur limite  25 µg/m3 (moy. annuelle - 2015)   
Valeur cible 20 µg/m3 (moy. annuelle)
Objectif de qualité 10 µg/m3 (moy. annuelle)

 

Zoom Chauffage domestique au bois

Le chauffage au bois présente le double avantage de concilier durablement la protection de l’environnement et la création d’emplois. Près de 60 000 personnes en vivent déjà et la substitution des énergies fossiles par le bois contribue directement à la lutte contre le réchauffement climatique. Le développement du bois-énergie doit être conjoint à l’amélioration de la qualité de l’air.
Moins d’émissions de CO2 avec le bois ! Lors de sa combustion, le bois libère dans l’air le dioxyde de carbone qu’il a absorbé durant sa croissance. Son impact est donc neutre sur l’effet de serre. Ainsi, son utilisation permet de diviser les émissions de CO2 par 12 par rapport au fioul et par 6 par rapport au gaz.
Cependant utilisé dans de mauvaises conditions, le bois peut émettre plus de polluants que d’autres combustibles et notamment des polluants ayant un impact sur la santé : des particules fines, du monoxyde de carbone, des composés organiques volatils (COV) et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
Liens :
•    Icare web
•    StationsLIEN VIDEO AIR RHONES ALPESPour comprendre la formation des particules et la manière dont elles sont transportées dans l’air, voir la vidéo d’animation de l’ADEME «On ne badine pas avec l’aérosol» : http://www.dailymotion.com/video/x16c0fj_on-ne-badine-pas-avec-l-aerosol...
Pour en savoir +, consultez la page le site du Ministère de l'Environnement et du Développement  ou le document de référence complet http://www.developpement-durable.gouv.fr/Particules.html 

L'ozone (O3)

Origines

Il ne faut pas confondre l'ozone de la couche protectrice dans la haute atmosphère avec celui qui l'on retrouve au niveau du sol et qui est l'un des principaux constituants du smog photochimique. Dans ce cas, l'ozone, polluant secondaire, résulte généralement de la transformation photochimique de certains polluants dans l'atmosphère (en particulier NOx et COV) sous l'effet des rayonnements ultra-violets. La pollution par l'ozone augmente régulièrement depuis le début du siècle et les pointes sont de plus en plus fréquentes en été, notamment en zones urbaine et périurbaine. Le NO2 rejeté par les véhicules, sous l’action du soleil, se transforme en partie en ozone. 

Effets sur la santé

L'ozone pénètre facilement jusqu'aux voies respiratoires les plus fines. Il provoque de la toux et une altération, surtout chez les enfants et les asthmatiques ainsi que des irritations oculaires. Les effets sont amplifiés par l'exercice physique.

Effets sur l’environnement

L'ozone a un effet néfaste sur la végétation (tabac, blé) et sur les matériaux (caoutchouc).

Focus sur la règlementation

Décret 2010-1250 du 21 octobre 2010
Ozone – O3
Seuil d'information-recommandations         180 µg/m3 pour la valeur moyenne sur 1 heure     
Seuil d'alerte                                             (protection sanitaire pour toute la population)      240 µg/m3 pour la valeur moyenne sur 1 heure
Seuil d'alerte                                           (mise en œuvre progressive de mesures d'urgence) Seuil 1 : 240 µg/m3 pour la valeur moyenne sur 1 heure pendant 3 heures consécutives
Seuil 2 : 300 µg/m3 pour la valeur moyenne sur 1 heure pendant 3 heures consécutives
Seuil 3 : 360 µg/m3 pour la valeur moyenne sur 1 heure 
Objectif de qualité                               (protection de la santé)        120 µg/m3 pour la valeur moyenne sur 8 heures
Valeur cible                                               (protection de la santé)        120 µg/m3 pour la valeur moyenne sur 8 heures en moyenne sur 3 ans à ne pas dépasser plus de 25 fois
Objectif de qualité                               (protection de la végétation)       AOT 40* de mai à juillet de 8h à 20h : 6 000 µg/m3 par heure     
Valeur cible                                               (protection de la végétation)     AOT 40* de mai à juillet de 8h à 20h : 18 000 µg/m3 par heure en moyenne sur 5 ans

A titre d'information, le tableau suivant présente des valeurs de recommandations.

Ozone – O3
OMS1 Objectif de qualité : 100 µg/m3 en moyenne sur 8 heures
CSHPF2  Seuil d’information : 180 µg/m3 en moyenne horaire
Seuil d’alerte : 360 µg/m3 en moyenne horaire     

1OMS : Organisation Mondiale de la Santé // CSHPF : Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France

Les oxydes d’azote (NOx)

Origines

Le monoxyde d’azote (NO) anthropique est formé lors d’une combustion à haute température (moteurs thermiques ou chaudières). Plus la température de combustion est élevée et plus la quantité de NO générée est importante. Au contact de l’air, le NO est rapidement oxydé en dioxyde d’azote (NO2). Toute combustion génère donc du NO et du NO2, c’est pourquoi ils sont habituellement regroupés sous le terme de NOx.
En présence de certains constituants atmosphériques et sous l’effet du rayonnement solaire, les NOx sont également, en tant que précurseurs, une source importante de pollution photochimique. 

Effets sur la santé

Le NO2 est un gaz irritant qui pénètre dans les plus fines ramifications des voies respiratoires. Il peut, dès 200 μg/m3, entraîner une altération de la fonction respiratoire, une hyper-réactivité bronchique chez l'asthmatique et un accroissement de la sensibilité des bronches aux infections chez l'enfant.

Effets sur l'environnement

Les NOx interviennent dans le processus de formation d'ozone dans la basse atmosphère. Ils contribuent également au phénomène des pluies acides ainsi qu'à l'eutrophisation des cours d'eau et des lacs.

Focus sur la règlementation

Décret 2010-1250 du 21 octobre 2010
Dioxyde d'azote (NO2)
Seuil d'information-recommandations 200 µg/m3 pour la valeur moyenne sur 1 heure
Seuil d'alerte 400 µg/m3 pour la valeur horaire sur 3 heures consécutives (ou 200 µg/m3 si le seuil d'information déclenché la veille et le jour même et si risque de dépassement pour le lendemain)
Valeurs limite

99,8 % des moyennes horaires doivent être inférieures à 200 µg/m3 (18 dépassements autorisés par an)

40 µg/m3 (moy. annuelle)

Oxydes d'azote (NOx)
Valeur limite 30 µg eq NO2/m3 (moy. annuelle) - protection de la végétation

A titre d'information, le tableau suivant présente des valeurs de recommandations.

Dioxyde d'azote - NO2
OMS1 40 µg/m3 (moy. annuelle)
200 µg/m3 (moy. horaire)
CSHPF2 Objectif de qualité : 50 µg/m3 (moy. annuelle)
Seuil d’information : 200 µg/m3 (moy. horaire)
Seuil d’alerte : 400 µg/m3 (moy. horaire)

1OMS : Organisation Mondiale de la Santé // CSHPF : Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France

Dioxyde de soufre (SO2)

Origines

Ce gaz résulte essentiellement de la combustion de matières fossiles contenant du soufre (charbon, fuel, gazole, etc.) et de procédés industriels. En France, compte tenu du développement de l'énergie électronucléaire, de la régression du fuel lourd et du charbon, d'une bonne maîtrise des consommations énergétiques et de la réduction de la teneur en soufre des combustibles et carburants, les concentrations ambiantes en SO2 ont diminué en moyenne de plus de 50% depuis 15 ans.

Effets sur la santé

C'est un gaz irritant qui agit en synergie avec d'autres substances notamment les particules en suspension. Il est associé à une altération de la fonction pulmonaire chez l'enfant et à une exacerbation des symptômes respiratoires aigus chez l'adulte (toux, gêne respiratoire). Les personnes asthmatiques y sont particulièrement sensibles.

Effets sur l'environnement

En présence d'humidité, il forme de l'acide sulfurique qui contribue au phénomène des pluies acides et à la dégradation de la pierre et des matériaux de certaines constructions.

Focus sur la règlementation
 

Décret 2010-1250 du 21 octobre 2010
Dioxyde de soufre
Seuil d'information-recommandations 300 µg/m3 pour la valeur moyenne sur 1 heure
Seuil d'alerte 500 µg/m3 pour la valeur horaire sur 3 heures consécutives
Valeurs limite

99,7 % des moyennes horaires doivent être inférieures à 350 µg/m3 (24 dépassements autorisés par an)
99,2 % des moyennes journalières doivent être inférieures à 125 µg/m3  (3 dépassements autorisés/an)       
20 µg/m3 pour la moyenne annuelle (protection des écosystèmes)       
20 µg/m3 pour la moyenne hivernale (1er octobre au 31 mars) (protection des écosystèmes)

 

Objectif de qualité 50 µg/m3 pour la moyenne annuelle

Le Monoxyde de Carbone (CO)

Origines

Il provient de la combustion incomplète des combustibles et carburants. Des taux de CO peuvent être rencontrés quand un moteur au ralenti dans un espace clos (garage) ou en cas d'embouteillage dans des espaces couverts (tunnel), ainsi qu'en cas de mauvais fonctionnement d'un appareil de chauffage domestique.

Effets sur la santé

Il se fixe à la place de l'oxygène sur l'hémoglobine du sang conduisant à un manque d'oxygénation du système nerveux, du coeur, des vaisseaux sanguins. Le système nerveux central et les organes sensoriels sont les premiers affectés (céphalées, asthénies, vertiges, troubles sensoriels). Il peut engendrer l'apparition de troubles cardio-vasculaires. Chaque année, le mauvais fonctionnement des chauffages individuels et des chauffe-eau entraîne plusieurs cas de décès.

Effets sur l’environnement

Il participe aux mécanismes de formation de l’ozone troposphérique et contribue à l’effet de serre en se recombinant avec l’oxygène pour former du CO2.

Focus sur la règlementation

Décret 2010-1250 du 21 octobre 2010
Monoxyde de carbone

Valeur limite 

10 000 µg/m3 pour le maximum journalier de la moyenne glissante sur 8 heures

A titre d'information, le tableau suivant présente des valeurs de recommandations.

Monoxyde de carbone

OMS1

10 000 µg/m3 en moyenne sur 8 heures
30 000 µg/m3 en moyenne horaire
60 000 µg/m3 en moyenne demi-horaire
100 000 µg/m3 en moyenne quart-horaire

CSHPF2 10 000 µg/m3 en moyenne sur 8 heures
30 000 µg/m3 en moyenne horaire

1OMS : Organisation Mondiale de la Santé // CSHPF : Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France

Les Composés Organiques Volatils Non Méthaniques (COV)

Origines

Ils sont multiples. Il s'agit d'hydrocarbures (émis par évaporation des bacs de stockage pétroliers ou lors du remplissage des réservoirs automobiles), de composés organiques (provenant des procédés industriels, de la combustion incomplète des combustibles et carburants, des aires cultivées ou du milieu naturel), de solvants (émis lors de l'application de peintures et d'encres, lors du nettoyage des surfaces métalliques et des vêtements). Le méthane est considéré à part car il ne participe pas à la pollution photochimique, contrairement aux autres COV. On parle alors de COVNM (COV Non Méthaniques). Parmi ces composés, seul le benzène est réglementé en air ambiant.
Le secteur résidentiel/tertiaire est à l’origine de 58 % des émissions de COVNM en Aquitaine en 2012. Il est suivi par le secteur industriel avec 28 % des émissions. Pour le benzène, les émissions sont principalement dues au secteur résidentiel/tertiaire avec 91 % des émissions.

Effets sur la santé

Les effets sont très divers selon les polluants : ils vont de la simple gêne olfactive à une irritation (aldéhydes), une diminution de la capacité respiratoire, jusqu'à des effets mutagènes et cancérigènes (le benzène est classé comme cancérigène).

Effets sur l'environnement

Les COV jouent un rôle majeur dans les mécanismes complexes de formation de l’ozone en basse atmosphère (troposphère), participent à l’effet de serre et au processus de formation du trou d’ozone dans la haute atmosphère (stratosphère).

Focus sur la règlementation

Décret 2010-1250 du 21 octobre 2010
Benzène – C6H6       
Valeur limite (protection de la santé)  5 µg/m3 (moy. annuelle)
Objectif de qualité    2 µg/m3 (moy. annuelle) 
Valeurs de recommandations OMS et CSHPF
OMS 1 Risque, pour une exposition à des teneurs moyennes de 1 µg/m3 sur toute une vie (24h/24), d’induire un décès supplémentaire (par cancer, leucémie, etc) : 6 cas sur 1 000 000 personnes      
CSHPF2 Objectif de qualité : 2 µg/m3 (moy. annuelle)
Valeur limite : 10 µg/m(moy. annuelle) 
Valeur limite: 25 µg/m(moy. journalière)  

 

1OMS : Organisation Mondiale de la Santé // 2 CSHPF : Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France

 Le plomb et autres métaux toxiques

Origines

Les métaux toxiques proviennent de la combustion des charbons, pétroles, ordures ménagères... et de certains procédés industriels particuliers. Ils se retrouvent généralement au niveau des particules (sauf le mercure qui est principalement gazeux). La généralisation de l'essence sans plomb a considérablement fait diminuer les concentrations de ce polluant. Parmi cette famille de polluants, seuls l’arsenic, le cadmium, le nickel et le plomb disposent d’une valeur réglementaire dans l’air ambiant. 

Effets sur la santé

Les métaux s'accumulent dans l'organisme et provoquent des effets toxiques à court et/ou à long terme. Ils peuvent affecter le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques, respiratoires, ou autres...

Effets sur l’environnement

En s’accumulant dans les organismes vivants, ils perturbent les équilibres biologiques, et contaminent les sols et les aliments.

Focus sur la règlementation

Décret 2010-1250 du 21 octobre 2010
Plomb - Pb

Valeur limite* 0.5 µg/m3 (moy. annuelle)
Objectif de qualité* 0.25 µg/m3 (moy. annuelle)
Décret 2010-1250 du 21 octobre 2010
Valeur cible* à atteindre, si possible, au 31 décembre 2012
Arsenic (As) 6 ng/m3 (moy. annuelle)
Cadmium (Cd) 5 ng/m3 (moy. annuelle)
Nickel (Ni) 20 ng/m3 (moy. annuelle)

* Moyenne, calculée sur l'année civile, du contenu total de la fraction PM10

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)

Origines

Les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques HAP sont des composés formés de 4 à 7 noyaux benzéniques. Plusieurs centaines de composés sont générés par la combustion des matières fossiles (notamment par les moteurs diesels) sous forme gazeuse ou particulaire.

Effets sur la santé

Le plus étudié est le benzo(a)pyrène. Le risque de cancer lié aux HAP est l'un des plus anciennement connus.
Effets sur l’environnement
Les HAP peuvent être bio-accumulés par la faune et la flore. Des études ont montré que des teneurs peuvent être retrouvées entre autres chez les poissons et les crustacés.

Focus sur la règlementation

 Décret 2010-1250 du 21 octobre 2010
Valeur cible* à atteindre, si possible, au 31 décembre 2012       
1 ng/m3 pour la moyenne annuelle  
  
Benzo(a)pyrène** 1ng/m3 (moy. annuelle)

** Utilisé comme traceur du risque cancérogène lié aux Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques

Dioxines (PCDD,PCDF)

Origines

Les dioxines sont issues des processus de combustion naturels (faible part) et industriels faisant intervenir des mélanges chimiques appropriés (chlore, carbone, oxygène) soumis à de fortes températures, comme dans la sidérurgie, la métallurgie et l’incinération. Le terme « dioxine » regroupe deux grandes familles, les polychlorodibenzodioxines (PCDD) et les polychlorodibenzofuranes (PCDF), faisant partie de la classe des hydrocarbures aromatiques polycycliques halogénés (HAPH).

Effets sur la santé

En fonction du nombre et des positions prises par les atomes de Chlore sur les cycles aromatiques, il existe 75 congénères de PCDD et 135 de PCDF. Leurs caractéristiques physicochimiques et leurs propriétés cumulatives et toxiques dépendent fortement de leurs degrés de chloration, avec une affinité plus forte pour les lipides (très liposolubles) que pour l’eau (peu hydrosolubles). Leurs toxicités augmentent ainsi avec le nombre d’atomes de chlore présent sur leurs cycles aromatiques, pour atteindre un maxima pour les composés en position 2,3,7,8 (7 congénères PCDD et 10 congénères PCDF, soit 4 atomes de chlore). La toxicité diminue ensuite fortement dès 5 atomes de chlore (l’OCDD est 1 000 fois moins toxique que la 2,3,7,8-TCDD).
Les dioxines peuvent remonter dans la chaîne alimentaire en s’accumulant dans les graisses animales (oeufs, lait, ...). En se fixant au récepteur intracellulaire Ah (arylhydrocarbon), les dioxines peuvent provoquer à doses variables des diminutions de la capacité de reproduction, un déséquilibre dans la répartition des sexes, des chloracnées, des cancers (le CIRC de l’OMS a classé la 2,3,7,8-TCDD comme substance cancérigène pour l’homme).

Effets sur l’environnement

Les dioxines sont répandues essentiellement par voie aérienne et retombent sous forme de dépôt. Elles sont très peu assimilables par les végétaux et sont faiblement biodégradables (10 ans de demi vie pour la 2,3,7,8-TCDD).

Phytosanitaires (Pesticides)

Origines

Les phytosanitaires, ou plus communément appelés pesticides, regroupent l’ensemble des produits susceptible de contrôler, d’attirer, de repousser ou de détruire des organismes vivants considérés comme nuisibles, ou de s’opposer à leur développement. Les trois types de produits phytosanitaires les plus utilisés sont les herbicides, les insecticides et les fongicides fabriqués par l’industrie chimique.

Effets sur la santé

Il faut distinguer :
·    des effets aigus par voie cutanée ou par inhalation sur des professionnels exposés (brûlures chimiques, lésions cutanées, effets neurologiques et troubles hépatiques)
·    des effets chroniques moins évidents à considérer (troubles de la reproduction, cancers, potentialité de pathologies neurologiques).

Effets sur l’environnement

L’utilisation accumulée de pesticides engendre une dégradation lente et progressive de la biodiversité des sols agricoles (bactéries, champignons, algues, vers de terre et insectes,...)

Focus sur la règlementation : 

Il n’y a pas de normes concernant les niveaux de pesticides  dans l’air. En revanche, la mise sur le marché des pesticides est principalement réglementée par deux directives européennes : la directive 91/414/CE et la directive 98/8/EC concernant respectivement les produits phytopharmaceutiques et les biocides. 

Pollens

Origines

Produit dans les anthères des étamines (organes mâles des plantes), le pollen constitue l’élément reproducteur microscopique des plantes. Le transport des grains est assuré par deux modes différents :
Par les insectes. Dans ce cas, les fleurs sont généralement voyantes, parfumées, riches en nectar. Leur pollen est peu abondant dans l’atmosphère et peu allergisant.
Par le vent. Les pollens de ces fleurs sont généralement très abondants pour compenser le caractère hasardeux de type de pollinisation, et souvent allergisants. On retrouve dans cette famille les graminées, le bouleau, le chêne, le platane, le peuplier, l’ambroisie, le plantain, la pariétaire …

Effets sur la santé

Tous les pollens ne sont pas allergisants. Il existe trois paramètres importants dans le déclenchement de l’allergie :

  • Les caractéristiques propres du pollen : Les caractéristiques des pollens (morphologie, composition physico-chimique...) diffèrent d’une essence végétale à l’autre. Ces variations rendent certains pollens plus allergisants que d’autres. Pour être allergisants, un grain de pollen doit disposer de substances (protéines ou glycoprotéines) reconnues comme immunologiquement néfastes pour un individu donné.
  • Ses modes de dissémination : Les pollens allergisants sont donc émis par des plantes anémophiles (arbres et herbacées). Ils sont fins, très abondants et disséminés par le vent. Mais toutes les plantes anémophiles ne produisent pas de pollens allergisants.
  • La sensibilité d’un individu donné : Les pollens diffusés par le vent, parce qu’on les respire, sont plus dangereux que les pollens transportés par les insectes. Les grains des pollens arrivent sur les muqueuses respiratoires de l’homme. En général, la pollinose se manifeste au niveau du nez (éternuements, démangeaisons, obstructions, écoulements et même perte de l’odorat et du goût), des yeux (brûlures, rougeurs, larmoiements, sensation de gêne à la lumière du soleil). Elle entraîne souvent des troubles au quotidien, dans la vie sociale, et perturbe également le sommeil. Chez certaines personnes elle peut se compliquer par l’apparition de crises d’asthme, d’un urticaire ou d’un eczéma.

Une personne se sensibilise aux essences végétales les plus nombreuses dans la région où elle vit et le nombre de personnes atteintes sera d’autant plus grand qu’il s’agira d’une essence à fort pouvoir allergisant. La pollinose est une préoccupation de santé publique pour le Ministère chargé de la Santé.
L’allergie aux pollens, ou pollinose, encore appelée " rhume des foins ", montre depuis près de 25 années une progression régulière (+25 % chez les 15-25 ans). Elle concerne en France plus de 15 % de la population générale.

Contrairement à une idée reçue, elle peut frapper à d’autres périodes que la saison des foins, puisque la pollinisation des espèces arboricoles débute dès le mois de février dans nos régions. Elle s’ajoute à d’autres facteurs de l’environnement (pollution atmosphérique, allergènes de l’habitat) et contribue ainsi à des désordres respiratoires dont les conséquences sur le plan social sont parfois importantes (asthme chez l’adulte).

Une telle ampleur constitue une réelle préoccupation de santé publique et justifie le développement d’une action de surveillance et d’information.

Quand la pollution s'en mêle ...
Face à l'augmentation significative des allergies aux pollens, le constat suivant a été fait : les pollens peuvent être modifiés par la pollution de l'air. Fragilisés, ils présentent un aspect différent et libèrent plus facilement des particules allergisantes. On sait également que les particules diesel sont un vecteur pour les pollens en fixant des particules allergisantes, elles leur permettent de pénétrer dans les poumons. Un autre effet induit de la pollution de l'air : elle agresse les muqueuses et ainsi les individus sont plus vulnérables, notamment aux pollens.

Focus sur la règlementation

Il n’existe pas de réglementation spécifique concernant la mesure de pollens dans l’atmosphère malgré leur impact avéré sur la santé.